Mamadou Lamine Fall de l’Ong EVE plaide une implication active des territoires

Amener l’Etat à intégrer l’assainissement dans le bloc de compétences à transférer aux collectivités. Tel est le plaidoyer de l’Ong Eau-vie-environnement (Eve) qui a effectué mardi une consultation citoyenne à Rufis­que  dans le cadre de la mise en œuvre du projet «Mobilisation des acteurs locaux pour l’assainissement autono­me». «L’assai­nis­sement n’est pas une compétence transférée mais on remarque que les collectivités territoriales  jouent et continuent de jouer un rôle important en matière d’assainissement. Aujourd’hui on ne peut plus mener des politiques en excluant les collectivités territoriales de cette question importante», a plaidé lors de la rencontre, à la Salle des fêtes de la mairie de Rufisque, Mouha­madou Lamine Fall, responsable de programme à Eve. «L’Etat se doit d’ouvrir un peu une fenêtre pour permettre aux collectivités territoriales des interventions normalisées sur l’assainissement», a-t-il ainsi exhorté. Le document de présentation remis par les organisateurs de la rencontre précise que l’Ong espère que «d’ici 2021» cette considération puisse être prise  en compte en même temps que la gestion des boues de vidange.  «L’assai­nis­sement autonome est la filière la plus fréquente au Sénégal. En effet, 75% de la population sont non raccordés au réseau public d’assainissement et 1500 m3 de matières fécales sont produits par jour (…) où vont toutes ces matières fécales et comment les traite-t-on», a relevé le document qui se réfère à  des chiffres de l’Onas de 2016. «On comprend aisément les difficultés que cette situation pose aux territoires et aux responsables des conseils municipaux investis de la charge de gérer la salubrité et le bien-être des citoyens aux niveau local», ont encore posé les organisateurs. Ils ont fait aussi savoir que le plaidoyer s’adresse aux populations qui ont leur rôle à jouer. «La stratégie d’intervention d’Eve s’appuie sur la mobilisation  et l’engagement citoyen. Il faut l’implication des populations pour un bon usage des ouvrages d’assainissement qui des fois sont mal utilisés par les populations avec des comportements  néfastes au cadre de vie et à la santé. C’est pourquoi nous avons regroupé des leaders d’associations de base et Ocb pour servir de relais à la base au terme de la rencontre», a noté M. Fall.

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