Mbarane à Dakar : La vie risquée des filles » mbaraneuses »

Mbarane, un fait bien réel au Sénégal qui ne se crie pas sur tous les toits.Les filles, la plupart habitant dans la capitale,Dakar, s’adonnent à cette «chasse à l’homme riche» pour régler leurs soucis financiers. La plupart d’entre elles entretiennent des relations avec des vieux riches pour noyer leurs soucis matériels. Ces derniers sont appelés souvent «carte bancaire» ou «Pa Gab».Ces noms éponymes, pour faire allusion au rôle qu’ils jouent dans la vie de ces belles et charmantes demoiselles, souvent à la fleur de l’âge, sont révélateurs.
De son nom de jeune fille Lili, femme de ménage, à peine la trentaine consommée, n’accepte pas de donner le nom de « Mbarane » à ce jeu. Pour elle, ce sont des relations tout à fait normales comme toutes les autres : « Je sors avec trois hommes, c’est tout à fait normal pour moi, car ce sont des relations normales. J’aime qu’un seul d’entre eux, c’est vrai, les autres ne servent qu’à financer mes projets. Les deux sont mariés et pourtant ils continuent à faire la cour aux filles célibataires. Cette situation m’a frustrée au point où j’ai décidé de sortir avec n’importe quel homme, l’essentiel c’est qu’il soit riche et qu’il me sorte des soucis financiers. Ceux qui condamnent nos actes, font pire que ce que nous faisons », affirme t-elle, fièrement.

Ndeye Sokhna, âgée d’une vingtaine d’années, quant à elle, ne cache pas son jeu. Elle affirme s’adonner à cette tendance féminine, car c’est une étape indispensable dans la vie d’une femme non mariée. « Je suis jeune, j’ai le droit de faire ce que je veux de ma vie, je collectionne les garçons comme des cartes de jeu. J’aime bien jouer à ce jeu, cela me permet de faire la différence entre un homme qui m’aime et un autre qui s’intéresse à moi que pour le sexe. Dans ce jeu, je fais bien attention pour ne pas perdre celui que j’aime réellement, j’ai des copines à qui ce jeu a coûté très cher. Les unes s’en sont sorties avec des grossesses non reconnues et d’autres ont perdu le vrai amour de leur vie », confesse-t-elle.

Dans tout jeu, il existe toujours des gagnants et des perdants, mais ce jeu certes assez lucratif pour la gente féminine, n’est pas sans conséquences. En effet, elles sont nombreuses celles qui se sont retrouvées avec des enfants sans père. Une situation grave qui inquiète mais qui n’est pas prête de décourager les filles qui, de plus en plus, cherchent à se mettre en valeur pour capter le regard et l’intérêt des gros bonnets.

Mariétou Ba, à la fleur de l’âge, est une des victimes du jeu de Mbarane : « J’ai 21 ans et j’ai commencé à jouer à ce jeu depuis l’âge de 17 ans ; mes parents n’en savaient pas grande chose. J’entretenais des relations avec plusieurs hommes à la fois, ils étaient au nombre de cinq. Tout se passait bien au début et j’avais beaucoup d’argent. Avec le temps, mon jeu était devenu si excitant que je ne contrôlais plus mes actions.

Au final, je suis tombée enceinte d’un de mes ‘’Pa Gap’’ qui, malheureusement, était marié. Sachant que j’entretenais des relations sexuelles avec d’autres hommes, il a refusé la paternité car, disant que rien ne justifiait qu’il en était le responsable. Voilà un an que je m’occupe toute seule de mon fils qui porte mon nom de famille. Pour éviter d’étaler ma vie privée de ‘’Mbaraneuse’’, je me suis contentée de mon sort en acceptant d’élever seule mon fils, car c’est de ma faute, je n’aurais jamais dû m’aventurer dans ce jeu. Hélas je ne peux plus faire marche arrière. »

Marianne Sy, elle, l’a échappé belle et se dit très vigilante pour ne pas refaire les mêmes erreurs. « Je suis vraiment chanceuse. Après des années de ‘’Mbarane’’, je suis tombée enceinte et je n’avais pas à m’inquiéter car, mon petit ami a reconnu qu’il en était l’auteur. Néanmoins, je continuais de voir d’autres hommes riches pour qu’ils me soutiennent financièrement, mais on se limite à des promenades en voiture ou des rendez-vous au restaurant, jamais plus de sexe. »

Dignité et respect, des mots qui perdent leur valeur face à ces comportements qui engagent aussi bien la gente féminine que celle masculine.

Dans l’anonymat, ce jeune étudiant qui joue sur plusieurs fronts se confie : « J’entretiens des relations avec trois filles dans l’esprit de me venger de mon ex-copine avec qui j’ai partagé trois ans de bonheur. J’ai découvert que ma petite amie sortait en même temps avec un vieux riche du quartier qui lui donnait de l’argent. J’ai voulu rentrer dans le jeu par vengeance, afin de lui rendre la pièce de sa monnaie.

Au début, ce n’était pas facile pour moi de garder l’équilibre entre les trois relations mais, à ce jour, je suis devenu un professionnel et je trouve toujours les astuces pour m’en sortir. Elle a découvert ce que je faisais et on a mis un terme à notre relation amoureuse. Je ne suis pas amoureux des deux autres, néanmoins, je reste avec elles, le temps de voir une fille vraiment sincère. »

Kritik

Leral

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