MEMPHIS DEPAY (OL), LA TENTATION DU JOKER

Dans le dur pendant trois mois, Memphis Depay s’est réveillé avec deux buts lors de ses deux derniers matchs. Et pourtant, Bruno Genesio devrait étudier l’idée d’en faire son joker de luxe pour le 8eme de finale retour de Ligue des Champions contre le FC Barcelone (21h00). Un rôle qui lui a si bien réussi par le passé.
Memphis Depay n’est plus tout à fait le même qu’il y a trois semaines. Ce qui a changé entre le 8eme de finale aller contre le FC Barcelone (0-0) et le match retour mercredi au Camp Nou (21h00) ? L’attaquant de l’OL a retrouvé le chemin des filets, après 17 apparitions toutes compétitions confondues sans marquer, soit trois mois de pénitence. Il l’a même fait deux fois en quatre jours, contre Caen en Coupe de France (3-1) puis Toulouse en L1 (5-1). Ces deux buts ont éteint tout débat sur sa titularisation en Catalogne, à droite dans un 4-2-3-1 ou en pointe avec Moussa Dembélé dans un 3-5-2. Et pourtant, ce débat mériterait d’être relancé. Pas question ici de remettre en cause son talent ou sa légitimité dans le onze de départ.

LE FOOTBALL FAIT PEU DE CAS DES REMPLAÇANTS, ET POURTANT…

memphis depay lyon
Mais son histoire avec l’OL démontre qu’il n’y a pas meilleur « impact-player » que lui en sortie de banc dans l’effectif lyonnais. La NBA récompense chaque année le « meilleur 6eme homme » de la saison, pour honorer ces remplaçants qui ont une influence prépondérante sur les résultats de leur équipe. Le football, qui a fait du public son « 12eme homme », comme pour mieux indiquer le peu de considération qu’il accorde aux remplaçants, ne leur fait pas de telles courbettes. A part à Ole Gunnar Solskjaer, « supersub » pour l’éternité. C’est culturel dans un sport où les changements se font rarement avant l’heure de jeu. Débuter sur le banc, c’est quasiment la garantie de passer 60 minutes comme spectateur, et plus si affinités. Insupportable pour de tels compétiteurs. C’est bien pour ça que Depay avait si mal vécu de ne pas avoir été aligné d’entrée à Angers fin octobre (1-2).

DEPAY A TERRASSÉ LE PSG ET L’OM COMME JOKER
Ce qui semblait compter davantage dans son esprit que d’avoir fait basculer la rencontre avec un but et une passe décisive. « J’en ai marre qu’on me dise à chaque fois que j’ai changé le cours du match. Je ne me sens pas toujours comme un joueur respecté, je fais le job à chaque fois et je suis fort mentalement. Je dois accepter les décisions du coach, mais je mérite mieux que ça. Je devrais jouer à chaque match. » Pour la première fois de la saison en L1, il n’est même pas entré en jeu à Strasbourg samedi dernier (2-2). Mais il ne l’a certainement pas mal pris, pour une fois, tant c’était bon signe en amont du match à Barcelone. Il y a néanmoins la possibilité que lui et l’OL passent à côté de quelque chose en n’envisageant même pas de le rhabiller de son costume de joker qui lui sied si bien. C’est en sortant du banc qu’il a fait tomber le PSG (2-1) et l’OM (2-3) la saison dernière, par exemple. Ses deux plus grands faits de gloire sous le maillot lyonnais, avec son triplé lors de la dernière journée contre Nice la saison passée pour arracher la qualification pour la Ligue des Champions (3-2).

DEPAY POUR JOUER LE CONTRE, VRAIMENT ?
Un Depay qui a rongé son frein sur le côté et avec l’orgueil piqué au vif, il n’y a pas plus dangereux. Avec Bertrand Traoré, Maxwel Cornet ou Martin Terrier, ce n’est pas comme si l’OL manquait d’options offensives, dans des registres différents du Néerlandais et pas forcément moins compatibles avec le plan de jeu des Lyonnais au coup d’envoi. Avant tout, ils devront briller sur les contre-attaques, tant ils devraient laisser la maîtrise du ballon à l’adversaire. Traoré ou Cornet pourrait alors apporter dans un premier temps une profondeur qu’il manquerait avec Dembélé, Depay et Nabil Fekir. Le tout avant de déclencher l’arme fatale au moment opportun. Ce n’est qu’une idée parmi d’autres. Mais l’histoire a démontré qu’il serait bête de ne pas pleinement la considérer.

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