Monsieur le Ministre Aly Ngouille NDIAYE : pourquoi la mafia nigériane sévit encore au Sénégal ?

Ce que vous lirez ci-dessous est un texte aux allures épistolaires que nous avions adressé, en 2013, à M. Pathé SECK, ancien ministre de l’Intérieur. Nous le réactualisons car, des événements récents, dont celui qui a concerné un détournement de fonds perpétré par 15 Nigérians d’une valeur de plus de 50 millions à BDK, montre que l’immigration nigériane au Sénégal continue d’être une menace pour notre pays. C’est autant sur le plan des mœurs qu’au niveau financier que la criminalité nigériane (cybercriminalité y compris) fait des ravages dans ce pays. Nous prions M. Aly Ngouille NDIAYE, actuel ministre de l’Intérieur, de faire de cette question sa priorité. L’exemple des multiples crimes de la Mafia nigériane Black AXE, en Italie, devrait nous faire réfléchir.

« Monsieur le Ministre de l’Intérieur Pathé SECK, comme je l’avais dit à votre prédécesseur Monsieur Ousmane NGOM en 2005, dans une lettre que je lui avais adressée, lettre que vous pouvez retrouver certainement dans les archives de votre ministère, je reviens, ici, au risque d’être taxé de xénophobe, vous alerter sur la menace que constitue la présence des jeunes nigérians présents au Sénégal.

Après avoir vécu hors de mon pays pendant longtemps, mais aussi grâce à mes nombreux réseaux de relations dans bon nombre de pays, j’ai, dès la découverte de mes racines sénégalaises, observé et décrypté une migration nigériane assez inquiétante. Au début, je soumettais mes craintes à mes amis les plus proches, mais ces derniers semblaient ne pas voir les raisons de mon inquiétude. L’un d’entre eux m’a même dit un jour, « laisse-les vivre leur vie ». Je me rendis compte que l’esprit patriotique qui m’animait, malgré un long vécu à l’étranger, était loin d’habiter ces natifs du Sénégal. Être patriote, c’est un esprit, une attitude, un engagement, mais aussi, un Amour lucide. Sachant que je ne pouvais pas compter sur mes plus proches camarades pour alerter les autorités qui détiennent le pouvoir de décision et d’action, je me rendis, un après-midi de 2004, avec une lettre intitulée « Alerte maximale », à la gendarmerie de TCHONK.

Ce jour, je ne parvins pas à rencontrer le Commandant D. C’est avec son secrétaire que je m’entretenus. Je lui remis la lettre après lui avoir expliqué le sentiment que j’avais sur la porosité de nos frontières et les risques que cela pouvait engendrer, surtout lorsque les migrants étrangers, au lieu de venir travailler légalement dans le pays hôte, échafaudent des plans en vue du gain facile. Je lui parlai, par ailleurs, des salons de coiffures que les Nigérians utilisaient comme couverture pour échapper aux soupçons que l’on pouvait se faire sur leurs pratiques parallèles, tout en ajoutant que, plus tard, ils feront venir des filles du Nigéria, puisqu’ils ne pourront plus compter sur les prostituées locaux, qu’ils sont portés à fréquenter, pour servir de relais à leur « commerce » abominable. Mais, lorsqu’il commença à enchaîner des questions, je l’arrêtai aussitôt en lui précisant que je n’étais pas un délateur, mais aussi, que c’est à elles, les forces de l’ordre, de faire leur travail, c’est-à-dire d’enquêter pour vérifier la véracité de « mes soupçons ».

Quelques mois après, j’écrivis au ministre Ousmane NGOM. Des membres de son cabinet m’appelèrent, mais je n’appréciais pas leurs méthodes, et cela, parce que la communication médiatique faite sur les premières arrestations, avant même le démantèlement du noyau des réseaux nigérians, ne me convainquit pas.

Monsieur Pathé SECK, votre parcours dans la gendarmerie, m’autorise à croire que vous prendrez au sérieux les pratiques frauduleuses, délictuelles, voire criminelles de ces jeunes africains dont la plupart sont interdits d’accès en Gambie. La Côte d’Ivoire s’étant embrasée depuis 2000, et l’accès au Sénégal étant très facile (ce qui m’amène d’ailleurs à me poser des questions sur la sécurité au niveau de nos frontières), de jeunes nigérians impénitents ont trouvé leur Eldorado au Sénégal, un pays en crise, sans ressources véritables, mais dans lequel, « sans même travailler », ils parviennent à « vivre la belle vie ». Le drame, c’est que cela fait des émules auprès de notre jeunesse qui, depuis l’engrangement de l’argent facile par la Lutte sénégalaise (Lamb), et en face de « l’impunité » dont bénéficient les personnes accusées dans la traque des biens mal acquis, pense (ou pourrait penser) que le travail légal n’a aucune valeur. Cette contamination épidémiologique doit être freinée à temps.

Plus grave, ces Nigérians parviennent facilement, comme la communauté guinéenne, à obtenir la nationalité sénégalaise. La corruption dans une certaine police, je veux dire cette corruption par laquelle certains policiers seraient tentés, devrait faire l’objet d’enquête, et les mis en cause, sanctionnés sévèrement. Des Nigérians possédant la nationalité sénégalaise, et résidant dans d’autres pays européens, selon de nombreux témoins, ont compliqué le séjour des Sénégalais dans ces pays-là, du fait notamment des contrôles draconiens qui font suite aux soupçons portés sur leurs activités, alors qu’ils n’ont rien à voir avec les pratiques criminelles des dealers nigérians « naturalisés » sénégalais.

C’est pourquoi, monsieur le Ministre de l’intérieur, je vous demande de mettre tout en œuvre pour démanteler les trafiquants nigérians et de les mettre en hors d’état de nuire. Certains d’entre eux ont été surpris, selon la presse, en train de tourner des films pornographiques au quartier Fadia, il y’a quelques années. Hier, c’est avec une violence indescriptible qu’ils s’en sont pris à leur ambassade. Au moment où le problème de sécurité se pose de plus en plus au Mali, je crois, monsieur le Ministre, que vous devriez prendre la menace au sérieux. Un enquêteur de la police, dont je tairais le nom, me disait un jour : « avec le panafricanisme de WADE, nous n’y pouvons rien ». Cet argument me paraît peu recevable. Car, le panafricanisme, dont l’un des plus illustres concepteurs fut le professeur Cheikh Anta DIOP, inscrit la SÉCURITÉ parmi les conditions de l’émergence économique de l’Afrique.

À travers cette alerte que je lance, monsieur le Ministre, je me joins à votre mission de sécurisation de notre pays contre toute menace, d’où qu’elle vienne ».

Malick Aidara

Etudiant à l’époque

Docteur aujourd’hui

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