Pékin soutient les poursuites contre les « auteurs d’actes de violence » à Hong Kong

Le calme est revenu, mardi matin, à Hong Kong après l’intervention de la police dans la nuit pour évacuer des manifestants qui s’étaient introduits par la force dans le parlement local. La Chine dénonce des « actes graves et illégaux ».

Après avoir franchi un nouveau palier la veille, le calme est revenu à Hong Kong, mardi 2 juillet. Alors que lundi des opposants au gouvernement pro-Pékin s’étaient introduits dans le parlement local, la police anti-émeute de la région administrative spéciale a repris le contrôle de la situation et les autorités ont condamné ces actes.

Le gouvernement central chinois a dénoncé le saccage du Conseil législatif (LegCo) et dit soutenir les autorités de l’ex-colonie britannique dans l’enquête pénale visant les « auteurs d’actes de violence ».

« Ces actes graves et illégaux piétinent l’État de droit à Hong Kong, compromettent l’ordre social à Hong Kong et portent atteinte aux intérêts fondamentaux de Hong Kong », a indiqué un porte-parole du Bureau des affaires de Hong Kong et de Macao dans un communiqué.

Auparavant, la cheffe du gouvernement de Hong Kong, Carrie Lam, avait condamné « l’usage extrême de la violence » par des manifestants. « C’est quelque chose que nous devons sérieusement condamner car rien n’est plus important que l’État de droit à Hong Kong », a-t-elle dit, évoquant des événements « bouleversants et choquants ».

Jour d’anniversaire de la rétrocession de Hong Kong à la Chine

La presse officielle chinoise appelle par ailleurs, mardi, à une « tolérance zéro » après les incidents survenus la veille à Hong Kong, au terme de plusieurs semaines de contestation contre un projet de loi facilitant les extraditions vers la Chine continentale.

Sous la pression de la rue, l’exécutif hongkongais a suspendu le mois dernier la mise en œuvre de la loi, mais la contestation s’est poursuivie pour demander l’abandon définitif du projet et appeler à la démission de la cheffe du gouvernement local.

Lundi, des incidents ont éclaté peu avant le début d’une grande manifestation pro-démocratie organisée chaque année pour marquer l’anniversaire de la rétrocession de Hong Kong à la Chine, le 1er juillet 1997. La police est intervenue pour évacuer les manifestants qui s’étaient introduits de force dans le Parlement.

Une loi qui permettrait à Pékin d’accroître son influence

Les rues du quartier financier ont été rouvertes à la circulation mardi matin pour permettre la reprise des activités. Toutefois les bâtiments gouvernementaux, théâtres de débordements, sont restés fermés. Emprunts d' »arrogance et de rage », dénonce le journal chinois Global Times, « les manifestants ont affiché un profond mépris pour la loi et l’ordre ».

« La société chinoise est parfaitement consciente qu’une politique de tolérance zéro est le seul remède face à un tel comportement destructeur », au risque sinon d' »ouvrir la boîte de Pandore », ajoute le tabloïd aux accents nationalistes dirigé par le Quotidien du Peuple, l’organe du Parti communiste chinois.

Dans un éditorial distinct, le China Daily, considéré comme la voix officielle de Pékin en langue anglaise, rappelle le principe d' »un pays, deux systèmes » en soulignant que Hong Kong est une partie « inaliénable » de la Chine.

Les opposants au projet de loi font valoir que celui-ci est de nature à remettre en cause le principe qui a présidé à la rétrocession à la Chine de l’ex-colonie britannique, car la loi permettrait à Pékin d’accroître son influence dans la gestion des affaires de la cité et réduirait de fait le haut degré d’autonomie dont bénéficie Hong Kong.

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