Premier contact de la force G5-Sahel avec des “terroristes”

La force anti-djihadistes G5-Sahel, qui a mené cinq opérations depuis le début de l’année, a eu son premier contact avec des “terroristes”, a indiqué jeudi à l’AFP et RFI son commandant, le général mauritanien Hanena Ould Sidi.

“Depuis janvier, nous avons repris les opérations. A ce jour, cinq opérations ont été menées, d’autres sont planifiées”, a-t-il précisé à l’issue d’une réunion ministérielle à huis clos organisée par la France à l’ONU avec les membres du Conseil de sécurité.

Les cinq pays ayant créé la force anti-djihadiste G5-Sahel (le Mali, la Mauritanie, le Burkina Faso, le Niger et le Tchad) étaient présents.

“Une fois, nous avons été en contact avec des terroristes qui ont été surpris. Ils ont pu s’échapper pour certains, nous en avons pris un avec son arme et sa moto”, a ajouté le général Ould Sidi, sans préciser la date de cette opération et dans quel pays elle s’était déroulée.

“Entre les opérations planifiées, nous menons des actions ponctuelles de contrôle de zones, de patrouilles, afin de garder un contact permanent avec les populations. Pour les rassurer, leur faire passer un message, leur dire que nous sommes là pour les protéger, les aider”, a-t-il expliqué.

“La confiance pour nous est très importante car nous considérons qu’elle constitue l’enjeu réel de la lutte contre les terroristes. Nous tenons à gagner leurs coeurs et leurs esprits. Quand nous aurons atteint cet objectif, je considère que nous aurons gagné la guerre”, a-t-il dit.

La force G5-Sahel, lancée formellement en juillet 2017, doit à terme comprendre 5.000 hommes.

“On en est à plus de 4.000 hommes mais les équipements majeurs manquent encore et tardent à se mettre en place”, a déploré le général Ould Sidi. “Aujourd’hui, on attend toujours des moyens qui tardent à se mettre en place. Plus on a de moyens, plus notre efficacité va croître”, a-t-il indiqué en refusant de préciser ce qu’il attendait comme équipements.

Selon des sources diplomatiques, le financement de la force, longtemps problématique, est en bonne voie avec de premiers décaissements. “La pompe est enclenchée”, selon l’une de ces sources.

Le coût de la création de la force a été estimé à quelque 400 millions d’euros avec un budget de fonctionnement annuel évalué entre 90 et 110 millions d’euros.

A en croire les mêmes diplomates, les Etats-Unis n’ont également pas marqué d’opposition à étudier une extension du soutien logistique (vivres, carburant, appui médical…) apporté par la force de l’ONU au Mali (Minusma) à la force G5-Sahel en vertu d’un accord technique conclu l’an dernier.

Ce soutien bénéficie d’un budget spécifique de dix millions d’euros assuré par l’Union européenne.

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