Présidentielle en RDC : joie et contestations après l’élection de Félix Tshisekedi

L’annonce des résultats provisoires de la présidentielle par la Commission électorale nationale (Ceni) a suscité de vives réactions. Félix Tshisekedi est élu président de la République démocratique du Congo. Martin Fayulu arrive deuxième, suivi de Emmanuel Ramazani Shadary. L’évolution de la situation, heure par heure.

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· Félix Tshisekedi a été déclaré vainqueur de la présidentielle par la Ceni, avec 38,57% des suffrages exprimés. Martin Fayulu arrive deuxième, avec 34,83%, devant Emmanuel Ramazani Shadary (23,84%).

· Martin Fayulu conteste les résultats et n’exclut pas la possibilité de déposer un recours devant la Cour constitutionnelle.

· Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, estime que les résultats proclamés par la Ceni « ne semblent pas conformes aux résultats que l’on a pu constater ici ou là ».

· Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres appelle toutes les parties prenantes à « s’abstenir » d’actes violents après la proclamation des résultats provisoires

· Le pouvoir « prend acte » du résultat, selon le porte parole du gouvernement et du Front commun pour le Congo (FCC, coalition au pouvoir) qui soutient le candidat Emmanuel Ramazani Shadary.
« Nous sommes déçus par le mauvais score qui nous est attribué, mais nous prenons acte de la proclamation provisoire qui a été faite par la Commission électorale nationale indépendante (Ceni). Nous verrons le cas échéant, comment introduire des recours par des voies légales », a déclaré Lambert Mende, porte-parole du Front commun pour le Congo (FCC, coalition au pouvoir) qui soutient le candidat Emmanuel Ramazani Shadary.
Tous les regards sont désormais tournés vers la Cenco, qui tiendra une conférence de presse à 12h30. Le 3 janvier, une semaine avant la publication des résultats, l’abbé Donatien Nshole, son secrétaire général, avait affirmé que « les données en sa possession consacrent le choix d’un candidat comme président de la République ».

La Ceni « est appelée en tant qu’institution d’appui à la démocratie, de publier, en toute responsabilité, les résultats des élections dans le respect de la vérité et de la justice », avait-il ajouté, avant d’appeler le peuple congolais à « demeurer vigilant pour l’aboutissement heureux du processus ».
Dans un tweet, le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres « prend note de l’annonce faite par la Ceni. (…) Il félicite le peuple congolais et réitère l’appui et l’engagement continus de l’ONU à la paix et la stabilité en RDC. »

Son porte-parole, Stéphane Dujarric, a déclaré mercredi soir depuis New York : « Le secrétaire général appelle toutes les parties prenantes à s’abstenir d’actes violents et à régler tout contentieux électoral par les mécanismes institutionnels établis conformément à la Constitution de la République démocratique du Congo et aux lois électorales pertinentes ».

« Il exprime le vœu que la Ceni, la Cour constitutionnelle, le Gouvernement, les partis politiques et la société civile s’élèveront chacun à la hauteur de leur responsabilité dans le maintien de la stabilité et des pratiques démocratiques en République démocratique du Congo. »
« Les élections se sont déroulées à peu près dans le calme, ce qui est une bonne chose, mais il semble bien que les résultats proclamés (…) ne soient pas conformes aux résultats que l’on a pu constater ici ou là, parce que la conférence épiscopale du Congo a fait des vérifications et annoncé des résultats qui étaient totalement différents », a déclaré Jean-Yves Le Drian sur CNews.

« Je pense qu’il faut qu’on garde son calme, qu’on évite les affrontements et puis que la clarté soit faite sur ces résultats qui sont inverses à ce que l’on imaginait », a poursuivi Jean-Yves Le Drian. La France, a-t-il ajouté, a saisi le Conseil de sécurité des Nations unies en fin de semaine dernière « pour que les résultats constatés soient les résultats réels ».

« Monsieur Fayulu était a priori le leader sortant de ces élections », a-t-il ajouté.
« Vous savez que cette proclamation est le fruit des résultats trafiqués, inventés et fabriqués de toute pièce dans les officines du FCC [ Front commun pour le Congo …. de Joseph Kabila ]. Il s’agit d’une escroquerie inacceptable de nature à provoquer des désordres généralisés sur l’ensemble du territoire national », a lancé le candidat de la coalition Lamuka.
Le candidat , qui n’exclut pas la possibilité de déposer un recours devant la Cour constitutionnelle, a demandé à l’influente conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco) et à l’Eglise du Christ au Congo (ECC) de « révéler » le nom de celui qui a « réellement incarné » le choix des urnes.
À la surprise générale et au terme d’un long suspense, Félix Tshisekedi a été déclaré vainqueur de la présidentielle du 30 décembre en RDC. Le leader de l’UDPS, parti de son père – l’opposant historique Étienne Tshisekedi – a enregistré 38,57% des suffrages exprimés, selon les chiffres de la Ceni. Martin Fayulu arrive en deuxième position avec 34,83%, devant Emmanuel Ramazani Shadary, troisième, avec 23,84%.

Corneille Nangaa, le président de la Ceni, a déclaré que le taux de participation était de 47,56%. Sur près de 40 millions d’électeurs congolais attendus, 18 329 318 ont pu voter le 30 décembre dernier.

Ces résultats provisoires, qui pourront faire l’objet de recours devant la Cour constitutionnelle, ont été rendus publics à 3 heures du matin, au terme d’une longue journée et d’une nuit d’attente.
Dès l’annonce des résultats, des partisans de Félix Tshisekedi ont manifesté leur joie dans les rues de les rues de Kinshasa et devant le quartier général de l’UDPS.

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