Présidentielle – Loum recule au dernier moment

Surprise et stupéfaction dans l’entourage de Mamaou Lamine Loum ancien Premier ministre, Consultant International et PCA de la BICIS ! Il y a encore 72 heures, il envisageait très sérieusement de se présenter à l’élection présidentielle du 24 février prochain. Subitement, alors que dans son entourage, on piaffait d’impatience de le voir enfin « plonger, » il déclina contre toute attente, l’offre de présenter et après-midi au mouvement Fippou, sa candidature quasi-consensuelle, face à des concurrents de faible acabit, Serigne Mansour Sy Djamil, Boubacar Camara, Ibrahima Sylla et autres. «Une très grande déception», m’écrit par sms, hier soir, un de ses proches, parmi les plus proches. «Il a encore raté une grosse chance d’entrer dans l’histoire commente désespérément, notre interlocuteur qui s’attendait tout, sauf à «cette rétractation» rajoute-t-il, exaspéré, par cette valse-hésitation.

Et pourtant, «pour cette fois, nous étions à 9O % sûr qu’il s’était décidé à descendre dans l’arène.» En effet argue-t-il, « toutes les conditions étaient réunies pour lancer la campagne » se désole t-il. Tout fraîchement rentré du dernier pèlerinage aux lieux saints de l’Islam, El Hadji Mamadou Lamine Loum, avait quasiment obtenu tous les visas. Ceux de membres influents des Assises nationales, l’appui de près d’une vingtaine de partis et mouvements, le soutien politique et logistique de la LD Debout, prêt à utiliser son réseau national pour lui collecter les signatures nécessaires au parrainage, des familles religieuses, des chefs d’entreprises, des communicateurs de toutes souches. Et qui plus est, un éventuel soutien de Khalifa Sall qu’il devait, s’il ne l’a déjà fait, rencontré en prison. Une autorisation officielle, lui ayant été déjà délivrée. Par-dessus tout, le coefficient personnel du vrai faux candidat, pouvait lui ouvrir bien des perspectives intéressantes.

Autre atout, et non des moindres, «sa stature internationale tirée de ses fonctions anciennes et actuelles, aurait pu lui servir de sérieuse caution, pour des soutiens, notamment, au Mali, en Guinée, en Côte d’Ivoire, au Niger, au FMI, à la Banque mondiale», se lamente, notre interlocuteur. «Et, il aurait eu tout l’appui de l’administration, les militants socialistes et même du Remwi», confie un ancien cadre supérieur. Récemment, d’ailleurs, il aurait rencontré Idrissa Seck, venu s’imprégner des conclusions des Assises et de l’expérience du cadre de haut niveau. Le leader de Rewmi ignorait tout des intentions prêtées à Loum. «Lui seul pouvait tenir la dragée haute au Président Macky Sallé», lâche, mortifié un proche. «Personne ne comprend, pourquoi il a tourné casaque après avoir suscité tant d’espoirs dans nos rangs, et certainement chez les Sénégalais en manque de figure emblématique pour croiser le fer avec l’actuel Président, renchérit-il, le moral aux talons.» «C’est le candidat idéal, expérimenté, sans casseroles connues, rangé, discret, compétent, éloquent, persuasif et libre», affiche avec redondance voulue, un de mes informateurs bien introduits.

Certes, récemment, au cours de la très référencée émission Grand Jury animée alors par le désormais ex-DG de GFM, M. I. Kane, le dernier PM de Abdou Diouf exprimait clairement son rejet de toute velléité à entrer en lice dans la course pour le Palais ? Les nombreuses et fortes pressions venues de toutes parts n’avaient réussi à infléchir, sa position. Et ce, en dépit des sévères critiques faites au PSE et à la mise œuvre des conclusions des assises nationales, accréditées et signées, «sans réserve», par le Président Sall, selon lui. En apparence, ce serait au cours d’une rencontre à caractère familial à l’occasion de l’anniversaire d’une grande figure politique que des personnalités de haut niveau auraient cherché à persuader M.L. Loum de prendre son destin en main. L’ancien PM aurait rappelé ses engagements publics à la radio et sa volonté de rester à l’écart de péripéties politiques actuelles. Devant l’insistance de ses co-invités, il aurait accepté de revoir sa position avec une forte probabilité de donner corps à leur amicale pression.

Le groupe Fippu en fut informé. Et aussitôt, toute une kyrielle de réseaux est activée. A l’intérieur du mouvement, de remous s’expriment, certains jubilent, d’autres sont circonspects. Les candidats les plus en vue Boubacar Camara et le professeur Sylla, se posent es questions sur le sérieux de ce retournement de situation. Au sein de Fippu, les défections voient le jour. Le tonitruant Ousmane Sonko, après quelques apparitions, retrouvent ses pénates et se met en orbite, voyant que le choix du porte-drapeau ne sera fixé sur sa personne. (Tribune-actunet). Il prend ses distances. Idem pour Cheikh Bamba Dièye offusqué par l’attitude jugée suspecte et déloyale d’un responsable influent du groupe qu’il accuse d’être en collusion avec un richissime candidat indépendant, qu’il chercherait selon lui, à imposer au groupe. Le suspecté se dresse contre cette accusation « infondée » et ralentit ses activités dans le groupe, non sans avoir remis au groupe un apport financier non négligeable du bailleur. De son côté Madièye Mbodji de Baatu Askan wi (ex AJ) peine à convaincre ses partisans mettre le starting box, un autre candidat que lui. La LD debout pose le débat en son sein et attend d’en savoir plus, pour activer sa force de frappe, supposée ou réelle. Il en est ainsi de Cheikh Tdiiane Dièye, ex compagnon de Mame Adama Guèye en dissidfence,, lui aussi en congé du groupe.

C’est au moment ou le groupe Fippu s’apprête cet après-midi à démêler cet écheveau, que le rétropédalage de Loum tombe prenant à contrepied adversaires et partisans, en somme tout le monde. Du coup, Boubacar Camara qui avait retiré le dossier de parrainage au nom du groupe se remet en selle. Les autres rongent leurs freins en attendent que cet après-midi, le groupe désigne enfin son champion. En attendant, les commentaires sur la rétractation vont bon train. Les spéculations essaiment et enflent. (Tribune-actunet). L’une des raisons avancées par Loum serait l’opposition de sa famille (frères, sœurs, cousins et enfants.) Les parents biologiques craindraient des attaques violentes contre leur icône jusqu’ici épargnée par la cascade d’humiliation que subissent les hommes politiques. Pour d’autres, ce serait une personnalité marquante du PS qui aurait dissuadé Loum, craignant que cette candidature la mette dans une posture difficile, compte tenu de ses relations avec le pouvoir. Aucune de ses hypothèses n’est accréditée par le principal intéressé, qui s’est emmuré dans un mutisme lourd. Une seule certitude, voilà au moins un candidat sérieux, dont on ne dira pas qu’il a été écarté par des moyens illicites.

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