Quelle déclaration d’indépendance attendre de Macky Sall, ce 03 avril ?

Réélu dès le 1er tour de la présidentielle de 2019, Macky Sall, durant son discours d’usage d’hier lors de son investiture, a annoncé l’avènement d’un « Sénégal nouveau » et de grandes réformes économiques et administratives.
C’est ainsi qu’il est attendu ce 3 avril, à la veille d’un remaniement gouvernemental historique, sur les questions de souveraineté, avec le contexte de célébration de la fête de l’Indépendance.
On lui a souvent reproché, durant son dernier mandat, de faire la part belle aux multinationales étrangères. Malgré la tendance haussière du taux de croissance, les entreprises nationales n’ont pas, comme il se doit, joui des fruits de cette relative embellie.
Lors des Assises de l’Entreprise tenues durant le premier trimestre de 2017, Baïdy Agne du Conseil national du patronat avait invité le gouvernement à renforcer le dispositif de financement des Pme. « Au Sénégal, je suis toujours sidéré de voir que l‘entreprise n’est pas aidée. Les gens et notre Etat doivent aimer un peu plus l’entreprise…L’entrepreneur est celui qui fait l’investissement, qui crée de la valeur, des emplois etc… », dira encore Mr Agne, sur les ondes de la Rfm, à l’émission Grand Jury, le 20 décembre de 2015.
De son côté, Mansour Kama, à l’occasion du Conseil présidentiel sur l’investissement de novembre 2017, n’a pas mis de gants pour reprocher au chef de l’État la percée des entreprises non-nationales, notamment celles marocaines et la mise à l’écart du privé national relativement à la réalisation des Grands travaux initiés par le gouvernement.
«80 % des projets du Pse sont attribués à des étrangers : des Marocains, des Français, etc. Ce qui fait que la richesse que devait générer les projets va être exportée», fait observer l’opposant Ousmane Sonko, dans les colonnes du quotidien Walfadjri, le 13 février 2016. D’ailleurs, l’ex-inspecteur des impôts et domaines fondera son discours sur le patriotisme économique pour s’imposer, très vite, comme l’un des plus redoutés adversaires du leader de l’Alliance pour la République. Dans une interview récemment accordée à nettali.com, l’économiste Mounirou Ndiaye, qui s’érige en défenseur du privé national, rappelle que le premier Plan d’actions prioritaires (Pap) qui offre un cadre d’opérationnalisation au Plan Sénégal émergent n’a généré qu’un taux de productivité de 18%, alors qu’on a assisté à un alourdissement de la dette publique qui alarme les partenaires financiers du pays de la Teranga.
En outre, la signature des Accords de partenariat économique, rejetés par Me Abdoulaye Wade en 2007, et le nouveau débat sur le sort du F Cfa, ont dressé Macky Sall contre un mouvement anti-impérialiste né au Sénégal sous l’appellation « France dégage ». Ce mouvement, dirigé par Guy Marius Sagna, apporte un soutien actif aux commerçants locaux qui s’offusquent de la présence, sous nos cieux, des grands distributeurs tricolores comme Auchan et Carrefour.
En définitive, le président Sall, pour donner corps à son projet de bâtir un « Sénégal nouveau », est invité à prendre des décisions de nature à faire contrebalancer cette mainmise des entreprises étrangères, pour mieux lutter contre le sous-emploi des jeunes. Car aucun pays au monde n’a émergé sans un secteur privé fort et compétitif.

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