Réunification de la famille socialiste : Tanor et Niasse face à leurs responsabilités

S’exprimant sur les ondes de Sud-Fm à l’occasion de l’émission Dianobi de ce dimanche, l’une des figures en vue de l’Alliance des forces de progrès (AFP), Mbaye Dione a fait une déclaration loin d’être anodine. Le maire de Ngoundiane a ainsi déclaré : « la famille socialiste doit trouver des points de convergence au-delà même du PS (Parti socialiste) et de l’AFP pour former un noyau. L’AFP à elle seule ne peut avoir grand-chose pour les prochaines échéances de 2024, quelles que soient ses ambitions ».

Des propos très réalistes. Mbaye Dione s’en défend : « la famille socialiste peut bien se retrouver autour de ses idées et convictions authentiques ». A ses yeux, le PS, l’AFP, d’autres forces politique de gauche doivent se retrouver pour faire converger leurs idées afin d’avoir un parti qui pourrait qui pourrait prendre la relève après l’ère du Président Macky Sall.

Mbaye Dione l’a bien lâché. Il s’agit pour la famille socialiste authentique qui a gouverné le Sénégal pendant cinquante ans, mais dispersée depuis de longues années de se retrouver, de se retrouver en vue de reconquérir le pouvoir, après l’ère Macky Sall. La reconquête du pouvoir par les socialistes va démarrer en 2024, lors de la prochaine présidentielle. Les prochaines élections législatives en 2022 en seront un test.

Déjà, lors de la dernière élection présidentielle, des voix dans les rangs de cette famille socialiste se sont offusqués de constater l’absence de candidat issu de leur sérail. Pour avoir osé annoncer sa candidature à cette élection présidentielle contre l’avis d’autres responsables de son parti, Khalifa Sall et ses partisans ont été exclus du PS. Pire, on connaît la suite, avec les déboires judiciaires que subit l’ancien maire de Dakar.

Il faut recoller les morceaux, du côté de la famille socialiste. Aujourd’hui, devant les hommes, devant l’histoire, il convient de dire que Moustapha Niasse, patron de l’AFP, Ousmane Tanor Dieng, secrétaire général du PS sont interpellés. Depuis, l’ère Léopold Sédar Senghor, ensuite celle Abdou Diouf, même si c’est pour une courte période, sous Abdoulaye Wade, uniquement pour le premier nommé, et aujourd’hui avec Macky Sall, les deux hommes ont obtenu tous les honneurs. Des honneurs qui ne seront complets cependant que s’ils mettent leurs égos de côté, et acceptent que se réalise la réunification de toute la famille socialiste. Tant Moustapha Niasse que Ousmane Tanor Dieng ne peuvent plus prétendre à l’accession au poste de Président de la République.

L’heure de la retraite a bien sonné pour eux. Ce que l’histoire retiendra d’eux, ce sera s’ils réussissent à la réunification de la grande famille socialiste, qui ne concerne pas seulement le PS et l’AFP, car intégrant également l’Union pour le renouveau démocratique (URD) de feu Djibo Leïty Ka (qui était une des figures marquantes du PS), le Grand parti de Malick Gackou (transfuge de l’AFP)), mais également Khalifa Ababacar Sall et ses compagnons. Il y va de l’avenir de la grande famille socialiste dans le paysage politique sénégalais. Il s’agit pour elle de se retrouver derrière un leader charismatique, fédérateur, bénéficiant d‘un vent de sympathie aux yeux de l’opinion, à qui sera confié les rênes de cette grande formation socialiste réunifiée.

Les socialistes doivent savoir qu’il n’y a que cela pour qu’ils puissent rebondir. L’élection présidentielle de 2019 a montré qu’une recomposition de l’espace politique sénégalais, avec l’irruption de jeunes leaders comme Ousmane Sonko, s’est opéré.

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.