Revue de presse Afrique

A la Une: du rififi au PDCI

Etant rappelé que le Burkina Faso voisin est le pays d’origine de l’une des plus fortes communautés sous régionale résidente en Côte d’Ivoire même, quoi de plus logique que plusieurs organes de presse y sonnent ce matin l’alarme. Mais ce qui surprend, c’est cette vraie préoccupation qui transpire de leurs commentaires.

Témoin Wakat Sera. « PDCI contre PDCI RHDP : faites vos jeux, plus rien ne va ! (…) c’est gâté ! », lance en effet ce journal ouagalais. Lequel, via cette expression on ne peut plus abidjanaise, ramasse en trois mots la crise entre militants du PDCI fidèles à son président Henri Aimé Konan Bédié, et ceux qui osent le braver en demeurant, contre vents et marées, alliés du RDR au sein de ce qu’il reste du Rassemblement des Houphouëtistes.

Contre vents et marées car cette crise a atteint son « point de non-retour », souligne Wakat Sera, « l’idylle entre le Rassemblement des républicains d’Alassane Ouattara et le Parti démocratique de Côte d’Ivoire d’Henri Konan Bédié, est donc finie, laissant la place à une haine sans précédent ».

Enchérissant sur cette « haine » entre ex-alliés qui désormais se déchirent, son confrère Le Pays met en garde ce matin contre le « retour des vieux démons ». Pour cet autre quotidien ouagalais, « la rupture semble irrémédiablement consommée entre ces deux partis d’envergure ».

Mais au-delà de ce constat, que bien peu de voix désormais contestent, Le Pays se distingue ce matin en écrivant noir sur blanc ce qu’il pense des dissidents du PDCI, ministres pour certains, qui osent braver l’ex-président Bédié en demeurant alliés du président Ouattara. Et ce journal n’est pas tendre avec eux, puisqu’il les traite d’« opportunistes qui manquent quelque peu de bonne foi envers leur propre parti, voire de dignité, en donnant l’impression de chercher à manger à deux râteliers. Autrement, comment comprendre que ces derniers continuent de se proclamer militants du PDCI et continuent de fricoter avec le RHDP dont leur parti a clairement pris ses distances pour les raisons que l’on sait ? Il y a là un véritable problème de morale politique », dénonce Le Pays.

Lequel journal estime qu’Alassane Ouattara « est dans le parfait parjure pour n’avoir pas respecté la parole donnée. Et dans le cas d’espèce, il a peut-être la légalité pour lui, mais la morale politique parle pour Bédié », bucheronne Le Pays.

L’homme qui murmurait à l’oreille des présidents

Au Sénégal, hommage national hier à Bruno Diatta, qui s’est éteint il y a une semaine après quatre décennies de service au protocole de la présidence, dont il fut le chef. Ce fut « l’adieu aux larmes », lance le quotidien EnQuête. Bruno Diatta a « marqué le Palais de son empreinte », souligne en Une ce journal.

Dans l’hommage par lui rendu à feu le chef du protocole, le président sénégalais a usé de cette figure de style que l’on appelle anaphore, et qui consiste à commencer des phrases par les mots ainsi répétés. Ceux employés par Macky Sall étaient les mots « je témoigne ». EnQuête qualifie de « poignante » l’anaphore du chef de l’Etat.

« Poignante », c’est également le qualificatif employé par le quotidien Le Soleil au sujet de « l’oraison funèbre » du président sénégalais à « l’immense serviteur » de la République que fut, selon lui, Bruno Diatta.

Et à son tour, Le Soleil reprend l’anaphore de Macky Sall, avec cette adresse présidentielle étalée « en manchette » de son édition du jour : « Mon cher Bruno, je témoigne… », suivie des trois petits points de circonstance.

Quant au journal Dakar Actu, c’est en vers qu’il rend hommage à Bruno Diatta, via un poème adapté de David Diop, où il est notamment question de « noblesse, de loyauté ».

commentaires
Loading...

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour vous proposer des contenus et services adaptés à vos centres d’intérêts. Ok