REVUE DE PRESSE AFRIQUE À la Une: la rue ne relâche pas la pression en Algérie

« Les étudiants ont mené hier à Alger leur 19e mardi de manifestation, relève le Huffpost Algérie. Comme à leur habitude, ils se sont rassemblés place des Martyrs pour donner le coup d’envoi de leur marche jusqu’à la place Audin. Les manifestants, brandissant plusieurs banderoles et pancartes hostiles aux symboles du pouvoir en place, ont exigé la libération des manifestants du Hirak, placés sous mandat de dépôt pour avoir brandi des drapeaux berbères. Et ils n’ont pas manqué de réitérer leur refus des 2B, Abdelkader Bensalah et Noureddine Bedoui. »

20e vendredi de manifestation

Vendredi qui vient s’annonce important pour le mouvement de contestation populaire. En effet, pointe le site d’information ObservAlgérie, « ce 20e vendredi de manifestation coïncide avec la date très symbolique de l’indépendance. Et les manifestants se préparent à un rendez-vous historique. Ils demandent la libération de tous les détenus d’opinion, de mettre un terme à toute forme de répression et de lever toutes les entraves aux libertés démocratiques. Notamment celles relatives aux questions identitaires et culturelles. Les citoyens ne veulent plus qu’il y ait d’arrestations et de confiscations de drapeaux amazighs. Les jeunes rejettent l’usage de gaz lacrymogène ainsi que la fermeture de certains axes (tunnel des facultés, la rue Hassiba Ben Bouali, la Grande Poste) à Alger. Les Algériens sortiront donc en masse, s’exclame encore ObservAlgérie, pour exiger une nouvelle fois le départ du système, malgré un climat qui sera certainement caniculaire. Les appels sur les réseaux sociaux invitent les Algériens à « exprimer clairement et d’une manière civilisée leur rejet total du système et le départ des symboles de l’ancien régime ». »

Bouchareb jette l’éponge

Justement, l’un des symboles de l’ancien régime vient de tomber. Il s’agit du président de l’Assemblée populaire nationale, Mouad Bouchareb, qui a démissionné hier. Élu en octobre dernier, il était contesté à la fois dans l’hémicycle, par la rue et au sein de son propre parti, le Front de libération nationale.

« L’homme qui avait montré un zèle sans pareil dans son soutien à Bouteflika, avait aggravé son impopularité, rappelle le site d’information TSA, en s’attaquant aux premiers manifestants qui étaient sortis contre le cinquième mandat le 22 février. « Vous pouvez rêver », avait-il lancé à partir d’Oran. (…) Le départ de Bouchareb était logiquement réclamé par la rue depuis la démission de Bouteflika le 2 avril, au même titre que celui des autres « B », Abdelkader Bensalah, Noureddine Bedoui et Tayeb Belaïz, respectivement chef de l’État par intérim, Premier ministre et président du Conseil constitutionnel. »

En fait, poursuit TSA, « le départ de Bouchareb, survenant avant la grande mobilisation annoncée pour vendredi, et à quelques jours d’une conférence de l’opposition qui devrait trancher la question du dialogue avec le pouvoir, ce départ pourrait s’assimiler à une petite concession faite aux manifestants et à la classe politique. Petite, souligne TSA, car c’est le maintien des vrais ‘B’, Bensalah et Bedoui dont les fonctions font d’eux les véritables timoniers du processus électoral, qui pose problème. »

À qui le tour ?

Alors, s’interroge Le Pays au Burkina, « après cette démission, à qui donc le tour ? Telle est la question que l’on peut se poser. Car Mouad Bouchareb n’est pas le seul hiérarque du système Bouteflika dont la rue demande le départ depuis des mois. Au cœur de la contestation, se trouve le chef d’état-major général des armées, Gaïd Salah, qui continue de raidir la nuque. Acceptera-t-il d’emboîter le pas à l’occupant du perchoir afin de faciliter la mise en place d’une transition tel que le souhaite le peuple algérien ? Rien n’est moins sûr, répond le quotidien ouagalais, d’autant que le patron de l’armée algérienne ne s’imagine pas une autre vie en dehors du cercle du pouvoir si fait qu’il continue de faire la sourde oreille, convaincu qu’il aura la rue à l’usure. Et comme pour divertir l’opinion, déplore Le Pays, il passe le temps à jouer les justiciers en procédant à l’arrestation de plusieurs caciques comme si lui-même n’était pas le produit du système qu’il est en train de décrier. »

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