REVUE DE PRESSE AFRIQUE A la Une: retour sur la situation algérienne

A commencer par la presse algérienne elle-même naturellement. Le Huffpost Maghreb a suivi les nouvelles manifestations étudiantes hier, la rue qui n’a pas été calmée par les annonces de la présidence.

TSA fait de même, Observ’Algérie remarque de son côté que les appels à la désobéissance civile se multiplient, mais je voudrais – si vous le voulez bien – m’arrêter sur un dessin proposé par El Watan. Parce que oui, et heureusement, pendant ces périodes troubles, les caricaturistes sont toujours là pour nous faire sourire et nous montrer l’actualité sous un angle différent.

C’est un dessin de Saad. Au milieu, on y voit Abdelaziz Bouteflika sur son fauteuil roulant, un plaid sur les genoux, protégé derrière deux policiers dont un qui tient un lanceur de balles de défense encore fumant. Le chef de l’Etat défiant les Algériens pour Saad, et c’est là que c’est drôle car, bien retranché donc, on voit Abdelaziz Bouteflika dire « qu’ils viennent me chercher »….

Un clin d’œil qui ne manquera pas d’amuser ceux qui suivent l’actualité française ; il renvoie bien sûr aux propos du président français Emmanuel Macron au début de l’affaire Benalla.

Mais plus largement, c’est donc toute la presse du continent qui suit ce dossier

Hier nous citions des médias guinéens, burkinabè… Aujourd’hui, au Sénégal par exemple – pays qui vit encore au rythme de sa récente présidentielle – Walf décrypte « les raisons d’une obsession », c’est le titre de l’article. Le quotidien évoque « l’obstination » d’Abdelaziz Bouteflika, mais il dénonce surtout « son système et ses réseaux [qui] vont user de leur force […] C’est le système qui l’oblige », analyse Walf.

« Ses proches se partagent les prises de décisions. Si c’est son entourage piloté par son frère Saïd Bouteflika qui gère les affaires administratives », eh bien l’armée « est gérée par le général Ahmed Gaïd Salah, tandis que ses réseaux d’hommes d’affaires contrôlent l’économie du pays. » Bien ficelée l’Algérie donc selon le journal sénégalais.

La presse du continent suit le dossier, mais ça va bien au-delà encore aujourd’hui

Hier la France, aujourd’hui les Etats-Unis où Le Washington Post titre sur son site internet : « Algérie, la colère bout malgré l’offre du président aux protestataires ». Il revient sur les manifestations qui se poursuivent. Le New York Times également, il voit bien que les manifestants « n’ont pas été impressionnés par une lettre lue à la télévision d’Etat » par le nouveau directeur de campagne d’Abdelaziz Bouteflika.

Le New York Times également qui rappelle au passage que les images du chef de l’Etat se font rares, et qu’à chaque fois, il semble « immobile avec les yeux fixés en face de lui ». Et puis un dernier pour la route, mais il y en a d’autres, le Wall Street Journal observe lui « un président en difficulté qui a défié la demande [de son peuple], de mettre fin à son règne ».

Retour sur le continent et la presse qui a suivi l’ouverture du 3e forum africain pour la résilience

C’était hier, dans la capitale économique ivoirienne Abidjan. L’infodrome le mentionne notamment. Jusqu’à mercredi, quelque 400 personnes attendues pour cette initiative de la Banque africaine de développement, organisée cette année autour de la problématique de la migration.

Les 400 personnes qui font le déplacement, ce sont notamment, précise L’Infodrome, des membres de gouvernements, des représentants d’organisations internationales, des figures de la société civile ainsi que des universitaires, sans oublier bien sûr des hommes d’affaires…

Et les voisins burkinabè de Wakat Séra aussi ont visiblement dépêché un envoyé spécial. Ils précisent d’ailleurs que sont « surtout » présents à ce forum africain pour la résilience « des candidats qui ont tenté l’expérience de la migration et qui en ont tiré, diversement, déboires ou satisfaction ».

Mais de toute façon, dans ce domaine, Wakat Séra estime – à raison – qu’il est « indispensable de faire tomber tous les stéréotypes et autres mythes qui font de l’Afrique un continent envahisseur des autres régions ». Statistiques à l’appui s’il vous plait, selon lesquelles, « sur 258 millions de personnes qui ont migré dans le monde, en 2017, les Africains représentaient la portion presque congrue, souligne le journal burkinabè, de 10% ».

L’agence de presse économique Ecofin, visiblement sur place elle aussi, confirme

Elle donne en tous cas les mêmes chiffres, et relaie les paroles du vice-président principal de la Banque africaine de développement, Charles Boamah. Selon lui, « alors que l’essentiel du discours sur la migration africaine est centré sur la Méditerranée, il est important de souligner que la migration intra-africaine générale – c’est à dire entre pays du continents – représente 70%. »

Ce pourcentage de migration grimpe même à 80% pour l’Afrique subsaharienne. Charles Boamah a ainsi plaidé, toujours à la lecture d’Ecofin, pour un partenariat gagnant-gagnant, et il l’affirme : « La migration enrichit nos vies en même temps qu’elle nous permet d’apprendre et de contribuer. » Ce forum va-t-il aider à faire avancer les choses ?

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