REVUE DE PRESSE AFRIQUE du 21 mars

A la Une: haro sur Sarkozy !

Nicolas Sarkozy est en garde à vue depuis hier. Il est entendu dans le cadre de l’enquête sur le possible financement par la Libye de sa campagne présidentielle victorieuse de 2007.

Et ce matin, la presse du continent ne manque pas d’égratigner l’ancien président français…

« Sarkozy-Kadhafi : crimes et châtiments », s’exclame ainsi Liberté en Algérie. « L’ombre de Kadhafi plane toujours sur la vie de l’ex-maire de Neuilly, pointe le quotidien algérien. Sept ans après sa disparition, il continue de bousculer son pays et l’Hexagone. »

Et pour Liberté, il est clair que « les millions de Kadhafi ont permis à Sarkozy de devenir président, un statut avec lequel le français a attaqué la Libye en 2011 et qui a engendré l’assassinat du guide de la Jamahiriya. (…) L’histoire retiendra, poursuit Liberté, que le président français a attaqué un pays et anéanti un pouvoir, juste (selon toute vraisemblance) pour effacer toutes traces. Un procès devient donc une nécessité de salubrité politique internationale, assène encore le quotidien algérien. L’attaque contre la Libye dirigée par Sarkozy sous la bannière de l’Otan a engendré une situation chaotique touchant plusieurs régions du monde. La guerre privée lancée par l’ex-président français avait ouvert la boite de pandore. »

« Dans la gadoue… »

Wakat Séra à Ouaga renchérit : « Nicolas Sarkozy est visiblement dans la gadoue jusqu’au cou. Et ce ne sera pas pour déplaire à la tribu des Kadhafi. Juste retour du boomerang que l’ancien président français prend en pleine figure. Quelle que soit l’issue de cette affaire, elle servira de leçon à tous ces grands qui se disent gendarmes du monde et chantres d’une démocratie et d’une bonne gouvernance pour lesquels ils pensent que “l’Afrique n’est pas mûre”. »

Par ailleurs, pointe encore Wakat Séra, « c’est au lendemain de l’annonce de la candidature du fils Kadhafi, Seïf al-Islam, à la présidentielle libyenne prévue pour se tenir cette année, que la justice française a interpellé et placé en garde à vue l’ancien président français. Hasard ou clin d’œil bien malicieux dont seul le destin détient le secret ? »

L’Observateur Paalga ne prend pas de gants non plus… « En vérité, écrit-il, le cas Sarko n’est pas une simple affaire de délinquance financière, de corruption active et passive, de trafic d’influence, de faux et d’usage de faux, d’abus de biens sociaux, ou encore de blanchiment, autant de charges qui pourraient peser contre lui, c’est aussi la manifestation d’un gangstérisme politique qui s’est soldé par la liquidation du Guide le 20 octobre 2011 alors que son fils, Seif el-Islam, avait commencé à parler du deal sarkozyen et de l’ingratitude de l’obligé qui, après avoir lapé le lait mielleux de la chamelle libyenne, a décidé de tuer la bête. »

Et « au-delà de la petite personne de Speedy Sarko, poursuit L’Observateur Paalga, c’est avant tout le procès du financement occulte, françafricain surtout, de la politique française à coups de mallettes et de djembés, une sauce fétide dans laquelle de nombreux hommes et femmes politiques hexagonaux, de droite comme de gauche, ont trempé les babines, souvent impunément. Avant Sarkozy, les Giscard, Mitterrand et Chirac, tous autant qu’ils furent, ont eu aussi leurs dîmes, versées par les Bongo père, Sassou, Eyadema, Houphouët et autres (…). »

Nouvelles preuves ?

Le Monde à Paris, pour sa part, s’interroge : les enquêteurs auraient-ils de nouveaux éléments à charge ?

« Récemment, pointe le quotidien du soir, les policiers de l’Office central de lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales ont remis un rapport aux magistrats dans lequel ils détaillent, sur la base de nombreux témoignages, comment l’argent liquide a circulé au sein de l’équipe de campagne de Nicolas Sarkozy. » Et Le Monde de s’interroger, donc : « la décision de le placer en garde à vue signifie-t-elle que les magistrats ont rassemblé de nouvelles preuves du financement illicite de la campagne permettant de le mettre en cause directement ? Les autorités libyennes ont-elles finalement décidé de coopérer ? Selon nos informations, poursuit Le Monde, plusieurs anciens dignitaires libyens de l’époque kadhafiste auraient aussi livré de nouveaux éléments confirmant les soupçons de financement illicites. Depuis plusieurs semaines, la justice française dispose, en outre, de nombreux documents saisis lors d’une perquisition menée en 2015 au domicile suisse d’Alexandre Djouhri (l’un des intermédiaires de cette affaire). Jusqu’ici, rappelle Le Monde, Nicolas Sarkozy a toujours contesté les accusations de financement illicite de sa campagne de 2007. »

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