Revue de presse Afrique

A la Une: Mugabe, le crépuscule d’une légende vivante

« Tout est prêt pour l’investiture », rassure The Herald. « Des milliers de personnes sont attendues (au stade d’Harare) pour être les témoins » de cette prise de fonctions, assure ce quotidien gouvernemental. C’est donc aujourd’hui l’intronisation du successeur de Mugabe. Lequel est « attendu à l’investiture de Mnangagwa », lance Africanews, sur la foi d’informations de la chaîne de télévision zimbabwéenne ZBC.

Ce faisant, ce site internet rapporte les déclarations d’une diplomate selon laquelle « le chef de l’Etat sortant devrait effectuer en guise d’adieux, une revue des troupes avant le défilé relatif à l’investiture du nouveau chef de l’Etat. Reste à savoir si le désormais ex-président zimbabwéen répondra à l’invitation pour assister à la prestation de serment de son successeur. Un successeur qu’il avait limogé le 6 novembre dernier en plein bras de fer avec son épouse Grace Mugabe. »

En tout cas, pour Emmerson Mnangagwa, cette investiture aura comme un goût de revanche. « Pour lui, le jour de gloire est arrivé, formule L’Observateur Paalga à l’endroit de l’ex-vice-président rentré avant-hier d’Afrique du Sud où il s’était « planqué » depuis son limogeage. « Même dans ses rêves les plus fous, celui qui n’avait d’autre ambition jusque-là que celle d’évoluer à l’ombre de la légende vivante ne pouvait imaginer que le sort lui réserverait pareille gratification au soir de sa vie. Le « crocodile » de 75 ans qui succède au dinosaure de 93 hivernages ! Va pour la révolution de palais en attendant le vrai changement », soupire ce quotidien ouagalais.

Son confrère Le Pays se demande de son côté si un « crocodile » peut « nager dans les eaux de la démocratie ». Posée ainsi, il va de soi que la question ne souffre que d’une réponse : « Rien n’est moins sûr », complète donc ce journal burkinabè. « Car, comme le dit l’adage, « l’habitude est une seconde nature« et il est bien connu que l’on ne change pas de caractère en deux jours. Si Emmerson Mnangagwa a la réputation qu’on lui connaît, ce n’est pas en 90 jours, le temps d’une transition, qu’il pourra opérer sa mue et montrer un autre visage que celui qu’il présentait sous le règne de son mentor déchu. »

« Et puis, rehausse Le Paysvu les circonstances dans lesquelles il arrive au pouvoir, l’on est porté à croire qu’il est le véritable instigateur du coup d’Etat qui a vu la chute de Mugabe, pour mieux s’accaparer du pouvoir. Sinon, comment peut-il conduire une transition devant déboucher sur des élections auxquelles il est plus que probable qu’il sera candidat ? », interroge et, tout à la fois, prédit Le Pays.

Mugabe : le résistant

« Légende vivante », Mugabe, estime certains journaux africains, peut-être… mais, à coup sûr, il est source de controverse historique. Car, en Afrique, ce dictateur déchu a ses partisans. C’est par exemple le cas au Sénégal, où la presse propose ce matin ce point de vue qui s’en prend vivement à la « communauté internationale » au sujet de Mugabe. « Compaoré a fait 27 ans au pouvoir. Omar Bongo a fait 42 ans à la tête du Gabon. Il est remplacé par son fils. Où est cette même communauté internationale ? »apostrophe EnQuête.

« Houphouët-Boigny a fait 33 ans au pouvoir ? Eyadéma père a été président du Togo pendant 38 ans. Il meurt au pouvoir et est remplacé par son fils. Ces quatre exemples montrent que le bon président en Afrique et ailleurs n’est pas celui qui ne dure pas au pouvoir pour les médiacrates et leurs maîtres impérialistes. Mais celui qui laisse faire le pillage de son peuple », bucheronne ce quotidien sénégalais, selon lequel ce qui « est reproché (à Mugabe, c’est) le crime de l’immortalité de la résistance anti-impérialiste », estime EnQuête.

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