REVUE DE PRESSE FRANÇAISE

A la Une: le mini-sommet sur la crise migratoire met «l’Europe dans l’impasse»

Le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, pose avec les dirigeants européens pour une photo de groupe lors d’un sommet informel sur les migrations au siège de l’UE à Bruxelles, en Belgique, le 24 juin 2018.

Fracture, divisions, fossé, clivages… Les mots ne manquent pas ce lundi 25 juin matin, dans les journaux, pour décrire ce rendez-vous et vous l’aurez compris, ils vont tous dans la même direction.

« Crise des migrants : l’Europe dans l’impasse » titre Le Figaro en Une, expliquant que les 16 pays « ne sont pas parvenus à s’entendre avant le sommet décisif des 28 prévu jeudi prochain ». Le Figaro, qui voit le Vieux continent « à la dérive », s’interroge : « saura-t-il éviter le naufrage face au défi migratoire ? Alors que les flottilles de migrants déferlent sur nos rives, le navire prend l’eau. Jamais depuis l’après-guerre, les Européens n’ont été si divisés », peut-on lire. Avec en Italie, Mateo Salvini qui « prédit la mort de l’Europe à défaut d’un sursaut », une Angela Merkel décrite ici comme « un catalyseur des crises » et face à qui « un axe a vu le jour autour du chancelier autrichien Sebastian Kurz, qui a fait de la lutte contre l’immigration illégale sa priorité ».

En toile de fond, toujours pour Le Figaro, un couple franco-allemand qui propose des camps de migrants hors de l’Union. Oui, mais ce moteur franco-allemand tourne à vide, selon le quotidien. Pourtant, sympa et fidèle à sa ligne éditoriale, il évalue tout de même l’idée proposée par Paris-Berlin, grâce à un sondage affiché en Une et auquel 43 427 lecteurs ont répondu. La question était : « Faut-il développer des structures d’accueil pour les migrants aux frontières extérieures de l’Europe ? ». 75% des votants ont répondu « oui », les 25% restants, « non ».

Une idée qui ne séduit visiblement pas Libération

Libération part pourtant du même constat. Le journal affiche en Une la photo du Lifeline, le bateau de réfugiés dont l’accueil fait vivre une nouvelle crise politique européenne, écrit-il plus loin. Libération voit en ce dossier des migrants « le crash-test de l’Europe ». En effet, pour le quotidien, « le mini sommet de Bruxelles n’a fait qu’acter la fracture grandissante qui fragilise l’Union européenne, attisée par les pays populistes rejetant toute immigration ».

Pourtant, poursuit l’édito, « Etablir des « couloirs humanitaires » fondés sur le droit ; admettre un flux maîtrisé de « migrants économiques » en fonction des possibilités d’emploi et d’accueil. » Il n’y a rien de « laxiste » dans ces principes : il s’agit d’une ouverture organisée, régulée, qui n’accueille pas « toute la misère du monde », mais qui en prend sa part, estime Libération, qui souligne dans le même temps « l’importance, d’une politique d’aide au développement bien plus ambitieuse ». Difficile à présenter aux opinions ? Peut-être, mais plus convaincant que le silence ou la chicane conclut Libération.

L’Humanité, elle non plus, ne fait pas mentir son nom, affirmant que « Tendre la main aux migrants, construire des solidarités pour de nouvelles logiques de développement dans l’UE devient une urgence absolue pour les forces de progrès ». Le journal tacle sévèrement la politique d’Emmanuel Macron : « Fort, avec les faibles – selon le journal – n’ayant rien à refuser aux puissants, le chef de l’État n’aurait de vision du projet européen que celle des marchés ».

L’Opinion n’est pas tendre avec le président non plus

L’Opinion estime en effet que « tout devrait tourner autour des fractures européennes sur les migrants, et d’un objectif de clarification de la position élyséenne vis-à-vis des Français et des Vingt-Sept. » mais au lieu de cela, poursuit le quotidien, et sans l’avoir toujours voulu, la présidence de la République se laisse entraîner sur le terrain des symboles. Il y a un an, peut-on lire, ayant fait vœu de silence médiatique, le nouveau président de la République se régalait en théorisant la rareté de l’expression du chef. Depuis, sa parole a envahi l’espace politique. Entre ces deux postures radicales, peut-être qu’un peu de « en même temps » ne nuirait pas ? ironise enfin l’Opinion.

La Croix, journal catholique, pose de son côté des questions sur l’Opération turquoise au Rwanda

L’Opération turquoise est cette opération de l’armée française lancée à la demande de l’ONU, il y a 24 ans, en 1994, alors que les Tutsis du Rwanda étaient victimes d’un génocide. Et trois mois après le livre d’un ancien militaire qui remettait déjà en cause la version officielle, La Croix livre ce lundi 25 juin un nouveau témoignage : celui d’un avionneur évoquant l’hypothèse d’une opération militaire devenue ensuite humanitaire. Il affirme que les soldats français se sont bien préparés à frapper le Front patriotique rwandais pour contrer son avancée et rétablir le gouvernement génocidaire. Le caractère humanitaire de l’opération serait devenu plus net après l’annulation in extremis de cette première mission.

Pour nuancer, contre-balancer, La Croix livre également la version du Général Lafourcade, le commandant de l’Opération turquoise : il dément avec vigueur, assurant que les témoignages précédemment présentés sont des inepties.

La presse française également les yeux tournés vers la Turquie

La Turquie attire également l’attention, notamment Le Figaro, qui titre : « Erdogan en route pour un nouveau mandat ». Le président sortant qui a revendiqué la victoire à l’élection présidentielle du dimanche 24 juin soir avec 52,7% des suffrages, selon un décompte quasi complet. L’opposition, elle, a immédiatement dénoncé des tentatives de fraude, souligne le quotidien.

Mais en tout cas, poursuit-il, avec ce scrutin, Recep Tayyip Erdogan devient cet hyperprésident aux pouvoirs élargis tel qu’il l’avait imaginé dans la nouvelle constitution adoptée en 2017. Libération, de son côté, n’avait prévu qu’un encart avec des résultats encore partiels, mais pointait déjà des incidents violents qui ont perturbé le vote à Diyarbakir ou Sanliurfa, les villes du sud de la Turquie fortement peuplées de Kurdes.

Le quotidien les Dernières Nouvelles d’Alsace es plus bavard dans l’analyse. Ce journal d’une région accueillant une importante communauté turque consacre son édito à l’élection et estime que l’étoile de Recep Tayyip Erdogan a pâli, certes. Sa dérive autocratique, les emprisonnements de masse et la guerre, ainsi que la crise économique qui commence à se faire sentir, ont réduit sa marge de manœuvre. Mais malgré tout cela, il peut compter sur une base fidèle, face à une opposition reconstituée et recomposée à la hâte, selonles DNA. Pour qui la brutalité avec laquelle Erdogan gouverne inquiète autant qu’elle fascine une population ayant choisi la politique de la main de fer dans un gant d’acier.

La presse parle aussi d’un évènement qui se prépare : le match de l’Equipe de France de football demain en Russie

Il s’agit du dernier match des bleus dans cette phase du groupe C, qui rencontreront le Danemark. « Ça décoiffe » affiche l’Equipe en Une. Dans une référence directe à ceux qu’on appelle affectueusement les coiffeurs, les remplaçants qui lustrent habituellement le banc de touche.

L’Equipe croit savoir que mardi 26 juin, le sélectionneur Didier Deschamps devrait faire appel à plusieurs d’entre eux. Soit l’occasion pour eux de marquer des poins avant les huitièmes de finale. L’Équipe envisage notamment six changements, parmi lesquels l’entrée du l’arrière Sidibé ou encore de l’avant Dembelé.

commentaires
Loading...

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour vous proposer des contenus et services adaptés à vos centres d’intérêts. Ok