REVUE DE PRESSE FRANÇAISE À « la Une », la scission d’EDF en chantier

Nom de code, plan Hercule. C’est le coup d’envoi pour la « scission » d’EDF, lance ce matin Le Parisien, il s’agit d’un côté de « renationaliser l’activité nucléaire, afin d’isoler l’énorme risque financier qu’elle représente aujourd’hui. Et de l’autre, de privatiser le reste ».

« C’est un plan historique », lance Le Monde, et son caractère est « explosif » ! Historique ? Explosif, ce chantier ? Il est en effet « gigantesque », rehausse le quotidien du soir, qui annonce « en Une » de son édition datée d’aujourd’hui « le découpage d’EDF en deux entités distinctes, un EDF « bleu » et un « vert » », la première entité, la « bleue », rassemblerait l’ensemble du nucléaire de la société ; la seconde, la « verte » donc, regrouperait la branche commerce, qui fournit l’électricité aux particuliers et aux entreprises, mais aussi les activités dans les énergies renouvelables, hors hydroélectricité. Selon Le Monde, « le calendrier se précise : le groupe et l’exécutif doivent échanger dès cet été pour arriver en septembre ou en octobre à une position commune ».

Mais ce projet semble « très peu réaliste », estime ce quotidien, qui évoque l’opposition « résolue » des syndicats d’abord ; celle de la Commission européenne ensuite. Laquelle « estime depuis des années que la France ne joue pas le jeu européen de la concurrence et surprotège EDF », souligne Le Monde.

L’Arlésienne EPR

Et pendant ce temps, les ennuis continuent pour l’EPR, la centrale nucléaire de nouvelle génération. Construite sur le site de Flamanville, cette centrale doit encore subir des travaux, a ordonné l’Autorité de sureté nucléaire. Il faut remplacer huit petites soudures douteuses au cœur de l’enceinte de confinement du futur réacteur de Flamanville. « Ce fameux EPR qui, pour moins de quatre milliards d’euros, devait être inauguré en… 2012 !, s’étrangle La Nouvelle République du Centre-Ouest. Un énième contretemps donc, avec une douloureuse qui dépasse déjà les douze milliards, une mise en service début 2023 au mieux, et une très mauvaise publicité pour le renouveau du nucléaire français. Le futur « EDF bleu » aurait pu rêver naître sous de meilleurs auspices », déplore ce quotidien du centre-ouest de la France.

« C’est consternant, rehausse L’Opinion (…) Il ne s’agit pas d’une simple péripétie industrielle. On touche du doigt un mal profond qui pourrait affecter gravement notre pays : la perte de compétence technique »

Bâton de Berger contre la réforme de l’assurance-chômage

Les syndicats en alerte à EDF, mais pas que…. Laurent Berger ne décolère contre le gouvernement. On savait que le projet de réforme des retraites ne lui convenait pas. Le patron du syndicat CFDT persiste et signe avec celle de l’assurance-chômage. « J’ai les nerfs », lance Laurent Berger « en Une » de Libération, le gouvernement «n’en a rien à faire» des «propositions des syndicats», sa réforme de l’assurance chômage est « extrêmement dure », elle n’a « qu’un objectif budgétaire» et elle se fait «sur le dos des chômeurs».

Selon le chef de la CFDT, cette réforme repose sur l’idée que s’ils le voulaient vraiment, les chômeurs retrouveraient du boulot et cette idée est « fausse », dit-il à Libé. Lequel journal partage tout à fait cet avis, en résumant ainsi ce projet gouvernemental : « pour inciter la minorité irrégulière à rechercher plus activement un emploi, on met au pain sec la majorité qui cherche du travail mais n’en trouve pas, faute de postes disponibles ». Pour Libération, c’est d’autant plus révoltant que les chômeurs sont « isolés et peu syndiqués », ce qui veut bien dire que la réforme à venir « ne risque guère de déclencher un mouvement social intempestif. Seulement de répandre un peu plus la difficulté de vivre et le désespoir social ». Mais voilà, soupire Libé, « tant que l’opinion, peu tolérante envers les chômeurs, ne se gendarme pas, ce n’est pas grave ».

Iran-USA, la cote d’alerte

La tension est montée d’un cran hier entre les Etats-Unis et l’Iran, après la destruction d’un drone militaire américain. Donald Trump a d’abord d’un Tweet dénoncé une « énorme erreur » de l’Iran avant de se reprendre en incriminant plutôt une initiative d’un militaire iranien.

Alors, certes, « il ne s’agit que d’un drone. Il n’y a pas mort d’homme, souligne La Presse de la Manche. (…) Mais, malgré tout, il y a une réalité : un missile iranien, peut-être fourni par les Russes, a atteint son objectif, et détruit un drone américain qui n’a pu l’éviter » Pour ce journal du nord-ouest de la France, « tout donne à penser qu’on ne peut en rester là. Car c’est ce qui est fou dans ce genre de situation, ce sont les enchaînements implacables, une montée en puissance des répliques pour faire la preuve qu’on n’a pas peur, qu’il n’est pas question de rester sur un échec, c’est inexorablement l’escalade (…) Disons tout de suite que la méthode est mauvaise. (…) Le bon sens, qui n’est pas toujours la chose la mieux partagée du monde, conseillerait d’en rester là. L’orgueil peut très bien conduire à l’étape suivante. Par exemple, envoyer un avion équipé de missiles », prévient La Presse de la Manche.

Libération n’écrit pas autre chose. « Quelle que soit la trajectoire du drone espion (…) la destruction d’un appareil américain par un missile iranien reste un développement extrêmement préoccupant dans un contexte déjà explosif », souligne Libé. Lequel journal se demande « combien de marches compte l’escalier qui conduit à la guerre entre l’Iran et les Etats-Unis ? Une chose est sûre : Téhéran en a grimpé, jeudi, une de plus », soupire Libé.

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