REVUE DE PRESSE FRANÇAISE A la Une: le clash diplomatique entre la France et l’Italie

« Le clash », lance Le Parisien. Exaspérée d’être la cible favorite des deux principaux dirigeants italiens, la France a rappelé son ambassadeur à Rome. Et la presse française tire ce matin à boulets rouges sur Matteo Salvini et Luigi Di Maio. Témoin le journal Sud-Ouest. « Di Maio n’est ni Machiavel, ni Laurent de Médicis, tranche ce quotidien méridional français. (…) On peine à croire que le pays de Dante et de Visconti, de Michel-Ange et de Verdi, ait aujourd’hui ces dirigeants-là ».Témoin encore L’Union. Lequel journal dénonce cette diplomatie romaine « au lance-flammes », que ce quotidien du nord-est de la France juge « suicidaire » et « d’une rare stupidité ». « La dernière fois que la France avait rappelé son ambassadeur à Rome, c’était en… 1940 », rappelle le journal La Charente Libre !

Pour La Croix, la France a eu « raison » de rappeler son ambassadeur. Etant rappelé, selon le quotidien catholique, que la diplomatie « sert d’abord à refroidir les fronts », La Croix trouve qu’en « préférant l’insulte et l’outrance, le gouvernement italien a changé de registre ». Balle à terre, prêche L’Alsace, « plutôt que de se livrer à une stérile guerre des mots, il est pourtant de l’intérêt de la France et de l’Italie de s’entendre et de travailler ensemble. La réconciliation s’annonce difficile. Elle n’en sera pas moins indispensable. Le plus tôt sera le mieux ».

Avec recul enfin, Le Figaro situe ce « duel » franco-italien dans le contexte des élections européennes à venir, « aussi cruciales qu’incertaines, (lesquelles) ont poussé le président français à prendre parti entre les deux lignes politiques qui divisent le continent », explique ce journal. « En opposant les « progressistes » aux « nationalistes », en fustigeant la « lèpre populiste », en dénonçant « l’irresponsabilité » du gouvernement italien, en se posant comme l’adversaire d’Orban, Macron a choisi son camp dans l’Europe », analyse Le Figaro, qui regrette cette polarisation macronienne entre les «bons» et les « mauvais » pays européens.

Benalla secoue Matignon

En France, encore du nouveau dans l’affaire Benalla. Un nouveau personnage y fait irruption, et cette incursion médiatique coûte son poste à la cheffe de la sécurité de Matignon. Il s’appelle Chokri Wakrim, il a 34 ans, et c’est un militaire « proche » de Benalla, affirme Libération. Mais ce personnage « est impliqué dans un contrat de sécurité avec l’oligarque russe Iskander Makhmudov, (proche de Vladimir Poutine). L’homme est aussi le compagnon de Marie-Elodie Poitout, cheffe du groupe de sécurité du Premier ministre ». A la suite de ces révélations de « Libération » sur les liens de son compagnon avec Benalla et ce sulfureux contrat russe, Marie-Elodie Poitout a démissionné hier, étant précisé que le parquet national financier vient d’ouvrir une enquête pour « corruption » afin de faire toute la lumière sur ce contrat russe.

Comme le formule à sa manière Libé « en Une », sur une photo d’un Alexandre Benalla dissimulé derrière ses lunettes de soleil, c’est « la Benalla connection », en référence à la « french connection », ce réseau mafieux de trafiquants de drogue en lien avec la pègre américaine et qui écumait le sud de la France dans les années 70. « Après l’Elysée, c’est au tour de Matignon d’être pris dans l’affaire Benalla et ses ramifications troubles avec la Russie », pointe Libération. En conséquence, estime ce quotidien, « il est temps d’éclaircir rapidement, par une mise au point complète, sincère et transparente, cet imbroglio qui jette un doute sur le sérieux avec lequel le personnel de sécurité des deux premiers personnages de l’exécutif a été recruté ».

Au bonheur des riches

En France encore, les niches fiscales sont dans le collimateur du gouvernement. Ce sont des petits paradis fiscaux, bien connus des bénéficiaires. Loin des plages exotiques aux cocotiers graciles se découpant sur un ciel céruléen, ces paradis-là perchent dans le Code général des impôts. Lequel en dénombre 474. Les niches fiscales ? Elles font « le bonheur des riches », lance Le Parisien, qui a eu accès à des « statistiques » dont ce journal se garde bien de préciser la provenance, mais qui lui permettent d’affirmer que ces niches fiscales « bénéficient très majoritairement bien plus aux familles les plus aisées qu’aux classes moyennes et populaires ». Et en effet, prévient Le Parisien, le gouvernement « veut s’attaquer à ces dispositifs » fiscaux car, comme le dit à ce quotidien le ministre des Comptes publics Gérald Darmanin, ces niches fiscales sont autant de « coups de canif » au « contrat moral » passé entre les Français et l’impôt. Un seul exemple, les lois Pinel, Scellier ou Censi-Bouvard permettent de fortes réductions d’impôt aux gros revenus qui investissent dans la pierre pour louer ensuite les appartements par eux ainsi achetés. Le Parisien remarque au passage que les footballeurs professionnels en sont « friands ».

Milliardaires à crampons

Justement, le palmarès des salaires des stars de la Ligue 1 de football en France est dévoilé par L’Equipe, et il a de quoi donner le tournis, même si le quotidien sportif admet qu’il s’agit d’estimations. Alors peut-être vous souvenez-vous du film intitulé « Que les gros salaires lèvent le doigt ! ». Alors, allons-y…

En tête, six joueurs du Paris Saint-Germain. Dans l’ordre, Neymar, plus de 3 millions d’€/mois de « salaire », pointe L’Equipe ; puis Kylian Mbappé, 1,730 M€ ; Cavani, 1,5 M€ (à peine la moitié de Neymar) ; vient ensuite Thiago Silva, 1,160 M€ ; Di Maria, 1,1 M€ ; et cet indigent de Buffon, qui n’atteint même pas le million, puisque son salaire mensuel plafonne à 750 000€. Après ? Après, c’est un intrus dans ce classement, Falcao, qui joue à Monaco, et qui gagne lui aussi 750 000 €/mois. Intrus car viennent ensuite sept autre joueurs du PSG, soit donc six en tête plus sept ensuite, total treize, pour un sport qui se joue à onze. Arithmétiquement, cela veut bien dire que certains perçoivent leur salaire en étant assis sur le banc de touche. Dans une sorte de niche, encore.. Décidément…

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