REVUE DE PRESSE FRANÇAISE A la Une: le sursaut républicain

Des milliers de personnes se sont rassemblées hier soir à Paris et partout en France pour protester contre la multiplication des actes antisémites.

« Alors qu’Emmanuel Macron se recueillait au mémorial de la Shoah à Paris, ils faisaient bloc, place de la République, constate Le Parisien, pour dire “stop” à l’antisémitisme. Édouard Philippe, le Premier ministre, mais aussi près de la moitié du gouvernement, l’ensemble des partis politiques, à l’exception du Rassemblement national qui n’était pas invité, les responsables syndicaux, les présidents de l’Assemblée nationale et du Sénat, François Hollande, Nicolas Sarkozy, des anciens ministres… La République, relève encore Le Parisien, a donc répondu “présente” à l’appel lancé par Olivier Faure, le premier secrétaire du Parti socialiste, pour clamer un “ça suffit !” unanime face à la vague de haine contre les juifs qui touche le pays, avec un bond de 74 % d’actes antisémites l’an dernier. Une progression suffisamment inquiétante pour qu’Édouard Philippe en appelle à “une union sacrée de toutes les forces politiques”. »

Toutefois, commente Le Parisien, « ce sursaut ne suffira évidemment pas à lui seul à endiguer la dérive observée ces derniers mois. Les mots du président attendus ce soir, et plus largement l’attitude de la classe politique dans les prochaines semaines seront tout aussi déterminants. »

Rayon d’espoir

Malgré tout, Libération parle de « rayon d’espoir… Dans cette atmosphère de haine, de ressentiment, de violence verbale, symbolique et physique qui empeste la démocratie française, le rassemblement d’hier soir a le mérite de rassurer. Quelque peu, estime le journal. Témoigner de la solidarité de la nation avec les Français juifs meurtris, décontenancés, atteints dans leur cœur et dans leur chair par la hideuse répétition des actes de haine : ils ont été des dizaines de milliers à le faire, de toutes origines, de toutes confessions, de toutes opinions, réunis par une seule volonté, celle de se comporter en citoyens solidaires d’autres citoyens attaqués dans leur être, parce qu’ils savent que s’attaquer aux juifs, c’est aussi s’attaquer à chacun d’entre nous. »

Alors, ce mercredi, pointe Le Journal de La Haute Marne, « Emmanuel Macron doit annoncer, devant le CRIF, le Conseil représentatif des institutions juives de France, une série d’“actes” pour mettre fin à cette spirale d’horreurs. En termes concrets, il s’agit de taper très fort, quels que soient les profanateurs, les vociférateurs de propos antisémites ou les barbouilleurs de vitrines. Qu’ils soient inspirés par la nostalgie nazie ou par les discours enflammés d’imams salafistes. La priorité n’est pas d’établir les proportions des courants antisémites. Chaque acte doit être puni. Chaque menace aussi : il n’est pas normal que des familles juives doivent quitter leur quartier pour assurer leur propre survie. »

Lagerfeld : le dernier empereur

A la Une également, la disparition de Karl Lagerfeld…

« Le dernier empereur », titre Le Figaro en première page.

« Il était le Kaiser, le dernier monstre sacré. Ce 19 février 2019 marque de fait la fin d’un règne, unique dans le monde de la mode dont Karl Lagerfeld était devenu le plus grand acteur, la boussole incontestée en cinquante ans de métier dont plus de trente à la direction artistique de la maison Chanel. Créateur omniprésent et visionnaire, poursuit Le Figaro, doué d’une capacité de travail inouïe, il n’aura cessé d’appréhender cet univers avec une intuition sidérante. Au point d’en modifier le cours et la compréhension, la visibilité et l’attractivité. »

« C’était un touche-à-tout génial, renchérit L’Est Républicain. Un insaisissable pape de la mode capable de bousculer tous les codes. Lors de l’été 2008, Karl Lagerfeld s’était (gracieusement) affiché sur d’immenses panneaux publicitaires, vêtu d’un gilet jaune et accompagné d’un slogan pour le moins efficace : “C’est jaune, c’est moche, ça ne va avec rien, mais ça peut sauver des vies”. Juste un photomontage pour une campagne de la sécurité routière. L’image avait fait le buzz et dopé les ventes, avant même que la tunique fluo ne devienne (le temps d’un hiver ?) la tenue à la mode. »

Bernie Sanders : le retour

Aux Etats-Unis, Bernie Sanders prêt à rempiler…

« Présidentielle 2020 : c’est reparti mon “Bernie” ! », s’exclame Libération. « Battu par Hillary Clinton en 2016, le sénateur socialiste du Vermont brigue à nouveau l’investiture démocrate. Désormais très populaire, mais âgé de 77 ans, il espère capitaliser sur le récent virage à gauche du parti. »

En effet, précise Libération, « alors que la primaire démocrate de 2020 s’annonce historiquement chargée, avec une dizaine de candidats déjà déclarés et autant de pressentis, la renommée de Sanders lui offre un net avantage. Il est en effet désormais la personnalité politique la plus populaire du pays. […] Outre sa notoriété, le sénateur du Vermont dispose d’un autre atout indéniable, pointe Libération : un réseau national et nourri de soutiens qui, pour beaucoup, attendaient avec impatience l’entrée en lice de leur idole pour se mobiliser à nouveau. »

Grâce à Dieu sort en salles ce mercredi

Et puis parmi les sorties cinématographiques de ce mercredi : Grâce à Dieu de François Ozon. La justice a finalement autorisé la diffusion du film. « Enième rebondissement dans “l’affaire Ozon”, lance Le Figaro. Le long-métrage qui retrace le parcours d’anciens scouts, victimes d’agressions pédophiles de la part d’un prêtre, avait été assigné en référé à deux reprises. D’abord par les avocats du prêtre, mais lundi le tribunal de grande instance de Paris a rejeté la demande de report de la sortie du film Grâce à Dieu. Et ensuite par une ancienne bénévole du diocèse de Lyon qui souhaitait faire retirer son patronyme. Là aussi, le tribunal de grande instance de Lyon a rejeté la mise en demeure. Le film sortira donc en salle ce mercredi. »

Libération qualifie Grâce à Dieu de « fiction documentée qui montre dans le détail le rude affranchissement des victimes vis-à-vis d’une Eglise dévoyée. » En fait, pointe le journal, « même si la culpabilité du père Preynat n’est pas tenue pour acquise, en réalité, le film est constamment accablant, aussi bien pour Preynat que pour monseigneur Philippe Barbarin, archevêque de Lyon, dont il montre les diverses stratégies dilatoires et patelines pour, surtout, que l’affaire n’éclate jamais, bien qu’étant de longue date au courant de ce que son vieil ami pratiquait sur ses jeunes ouailles. […] Ce que le film réussit le mieux, c’est la manière dont il montre le combat complexe d’hommes encore tenus, vingt ou trente ans après les attouchements, par un cruel sentiment de culpabilité qu’une institution surplombante, baignée d’amour pastoral, moralement inflexible et pourtant dépravée, leur a imposée, les capturant à un moment de leur jeune vie pour les séquestrer dans un statut aussi intenable qu’inavouable. »

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.