REVUE DE PRESSE FRANÇAISE À la Une: les femmes au pouvoir en Europe

L’allemande Ursula von der Leyen à la Commission européenne, la Française Christine Lagarde à la BCE, la Banque centrale européenne… « Après de longues tractations, relève Libération, les chefs d’État se sont entendus hier pour nommer deux femmes à deux des postes les plus prestigieux de la législature 2019-2024. Une première. »

Et Libération d’applaudir dans son éditorial : « Deux femmes à deux postes-clés : l’Union européenne vient à coup sûr de marquer un point en progressant de manière spectaculaire vers la parité dans l’attribution des responsabilités continentales. L’Union sur l’échiquier mondial aura donc le double visage avenant d’Ursula von der Leyen et de Christine Lagarde, qui ne sont certes pas des femmes de gauche mais ont fait preuve dans leurs responsabilités antérieures de compétence et, pour l’Allemande en tout cas, d’une bienveillance indiscutable. La cause des femmes y gagne, c’est l’évidence. Emmanuel Macron aussi, souligne Libération : il a suggéré le nom de la ministre allemande, francophone et francophile, proche de ses positions sur la défense européenne, de tempérament fédéraliste comme lui. Il a obtenu en échange la nomination d’une Française plutôt pragmatique et respectée qui passe du FMI à la Banque centrale européenne, poste décisif en ces temps de dette menaçante et de troubles financiers persistants. Macron peut se targuer d’avoir fait bouger l’Europe, un de ses leitmotivs, tout en flattant l’orgueil national. »

Reste des divergences entre Paris et Berlin…

« Le symbole est fort !, renchérit Le Figaro. L’Union européenne a désigné pour la première fois deux femmes aux compétences reconnues aux deux postes les plus importants de ses institutions. (…) Reste que les divergences de fond entre Paris et Berlin n’ont pas disparu, tempère le journal. Il serait bien imprudent de voir dans ce réflexe de survie un nouvel élan franco-allemand pour l’Europe. Impopulaire dans son pays, von der Leyen aura la complexe tâche de rassembler une famille européenne traversée de fractures et de la guider sur la voie des réformes. Plus que jamais à l’issue de cette chaotique séquence, il apparaît que le système est à bout de souffle, constate encore Le Figaro. Il n’a jamais été plus urgent d’imaginer un nouveau processus de désignation des dirigeants européens. »

En effet, renchérit La Charente libre, « est-ce de la conviction ou de l’aveuglement ? Penser que l’Europe et son projet peuvent survivre à la seule journée d’hier et à toutes les chicaneries du week-end tient de l’une et de l’autre. Côté pile : chercher à sortir de la guerre de tranchées entre Est et Ouest en proposant deux femmes pour les deux postes les plus importants du casting en cours, marque une belle avancée sociétale à défaut d’une révolution politique. (…) Côté face : accumuler en un seul mardi autant de contradictions, de polémiques, de rancœurs et de provocations laisse à penser que le grand projet européen a vécu. »

La Montagne n’est pas d’accord : « Contre toute attente, les tergiversations ont accouché d’une équipe à la fois très politique et très européenne. On ne donne pas dans le compromis mou qui a pu jadis faire sortir du chapeau des experts fades et peu incarnés. Les personnalités choisies, très euro-actives, ont prouvé leur capacité à agir et à faire entendre leur voix dans le monde. C’est aussi une réponse à l’Amérique et à la Chine : « Oui l’Europe est de retour. » »

En fait, synthétise La République des Pyrénées, « pour les uns, le spectacle de ces marchandages interminables a été déplorable après des élections européennes où les électorats avaient manifesté un profond désir de renouvellement de la gouvernance communautaire. Pour d’autres, la solution trouvée est un compromis de bonne facture au regard des obstacles nationaux et politiciens qui se présentaient au départ, d’autant que les personnalités nommées ont des envergures personnelle à la hauteur des confrontations politiques et économiques mondiales. »

Rackete : symbole du sauvetage des migrants

À la Une également, une autre femme allemande : Carola Rackete…

« Elle est devenue, s’exclame Libération, le symbole du sauvetage des migrants face à l’extrême droite et son « Europe-forteresse », la gardienne du droit maritime face aux lois anti-réfugiés, l’incarnation des citoyens d’Europe écœurés par les lâchetés des États qui les gouvernent. La capitaine du Sea Watch 3, l’Allemande Carola Rackete, 31 ans, cristallise des enjeux qui dépassent largement le cadre de cette affaire – un navire humanitaire accostant sur une île italienne avec à son bord 42 naufragés. Après avoir forcé le blocus italien à Lampedusa dans la nuit de vendredi à samedi, Carola Rackete a été arrêtée pour « résistance ou violence envers un navire de guerre ». Hier soir la magistrate italienne chargée d’examiner le dossier a décidé d’annuler l’arrestation et de lever l’assignation à résidence. »

La Voix du Nord applaudit : « Voilà qu’une jeune Allemande commandant un bateau voguant sur des flots humanitaires vient rappeler aux dirigeants européens que la crise migratoire doit les concerner tous, à parts égales, et qu’ils doivent se montrer bien plus responsables et solidaires de l’Italie, la Grèce ou l’Espagne. Sibeth Ndiaye, porte-parole du gouvernement français qui ne doute de rien, a beau affirmer que « la France comme l’Union européenne ont été solidaires de l’Italie, ces dernières années », les résultats des élections générales de l’an dernier ont bien prouvé le contraire, estime le quotidien nordiste. Si l’Europe avait été solidaire – au-delà du milliard d’euros versé depuis le début de la crise migratoire –, si les pays comme la France n’avaient pas brutalement fermé leurs frontières, Salvini n’aurait sans doute pas pu jouer de la peur de l’étranger dans son message électoral. »

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