REVUE DE PRESSE FRANÇAISE A la Une: semaine décisive en Algérie

«La semaine qui s’ouvre en Algérie s’annonce cruciale, relève Le Monde. Les étudiants entendent protester ce mardi et de nouveaux appels à manifester ont été lancés pour vendredi prochain, deux jours avant la date limite de dépôt des candidatures à l’élection présidentielle du 18 avril. […] Qui oserait se dire surpris ?, s’exclame le quotidien du soir. L’Algérie se réveille. Les dizaines de milliers de manifestants descendus dans la rue depuis vendredi dernier pour protester contre la candidature à un cinquième mandat d’un président malade et invisible expriment un sentiment qui relèverait du bon sens dans tout autre pays. »

« Depuis très longtemps, l’Algérie est gouvernée par des pantins solennels, lance Libération. A la faveur de la cinquième candidature de Bouteflika, la logique de la marionnette est poussée à l’extrême : le Président, affecté par des accidents cardiaques ou vasculaires cérébraux, n’a pas pris la parole en public depuis sept ans et il n’apparaît plus dans les cérémonies que sous la forme d’une photo officielle. Ce n’est plus un homme de paille, c’est une momie. Ses partisans voient en lui une garantie de stabilité : stabilité parfaite, en effet, puisque le Président est muet et immobile, telle une figure du musée Grévin. Du coup, la jeunesse algérienne se rebelle. »

Et Libération de s’interroger : « un nouveau printemps arabe ? » Peut-être, mais avec beaucoup de difficultés, pointe le journal : la « peur d’une nouvelle tentative islamiste », une « opposition politique morcelée, cacophonique, désabusée et qui ne croit guère qu’il soit possible de renverser une dictature aussi coriace ».

Alors, estime Libération, « une voie pourrait s’ouvrir : la naissance d’un nouveau parti poussé en avant par la rue. Espoir ténu, qu’il faut agiter avec prudence : Bouteflika n’a pas plus de ressort qu’une souche. Mais cette souche a pris racine. »

Triple rupture

Pour Ouest France, l’Algérie est au bord d’une « triple rupture » : tout d’abord, « Bouteflika est de moins en moins éternel. Quelle que soit l’issue de ses séjours à l’hôpital à Genève ou à Paris, le moment fatidique arrivera. Il sera d’autant plus déséquilibrant que la succession n’a pas été préparée. »

Ensuite, « la mémoire des années 1990 (la décennie du terrorisme) est toujours là, mais son pouvoir d’inhibition est probablement en train de s’évanouir. Avec toutes les inconnues que cela soulève. »

Enfin, pointe encore Ouest France, « le troisième point de rupture concerne la rente pétrolière elle-même. Depuis cinq ans, les réserves de change, celles-là même qui avaient permis à Bouteflika d’arroser d’argent la colère en 2011, ont fondu. Avec un baril en-dessous des 90 dollars, le système est menacé. Et comme la rente et sa gestion ont étouffé tout développement économique autonome, le corps social n’a pas beaucoup d’alternatives entre l’obéissance passive et la colère déstabilisatrice. »

Alors, « le temps du changement est peut-être venu », s’exclame La Montagne.

« Aujourd’hui, renchérit La Marseillaise, une nouvelle génération se lève et aspire à vivre pleinement et dignement. Difficile de lui dire de courber l’échine, de se méfier des urnes et de la liberté d’expression. Aujourd’hui mardi, un nouvel acte va se jouer avec des manifestations organisées à l’appel des organisations étudiantes. Avant un nouveau rendez-vous intergénérationnel, vendredi. Le printemps algérien s’annonce revendicatif ! »

Européennes : LREM et RN au coude-à-coude

A la Une également, les élections européennes : à trois mois du scrutin, avantage aux listes LREM et Rassemblement national…

C’est ce qui ressort de plusieurs sondages, le dernier en date étant celui du Monde qui crédite le parti présidentiel de 23% des intentions de vote, suivi donc du RN de Marine Le Pen, avec 20%.

« La politique a des raisons que la raison ne connaît point, commentent Les Echos. Fin décembre, Emmanuel Macron semblait assommé par les Gilets jaunes, désarmé, quinquennat à l’arrêt, popularité en chute, fractures béantes apparues dans le pays. Deux mois plus tard, les sondages le donnent gagnant des prochaines élections européennes, devant le Rassemblement national. Les Gilets jaunes, qui stoppaient net l’action du président, semblent être aujourd’hui le meilleur agent d’un Macron en campagne. Par quelle magie ? » Eh bien, répond le quotidien économique : « après avoir occupé tout l’espace, les Gilets jaunes ont eu enfin l’obligeance macroniste de se rendre insupportables – violences, incohérences, dérives. Emmanuel Macron s’est posé en défenseur de l’ordre pour en récolter les fruits. »

« Que déduire de cet instantané pour la bataille qui s’engage ? », s’interroge pour sa part La Croix. « Dans les semaines qui viennent, la majorité va surtout chercher à consolider sa faible avance, puisant dans le socle de la droite modérée qui récuse la ligne donnée aux Républicains par Laurent Wauquiez. Elle va aussi parier que des électeurs de gauche, minés par le spectacle de ses divisions, seront tentés par un vote utile pour contrer le Rassemblement national.

À l’évidence, la majorité actuelle dispose de bien plus de réserves de voix que l’ex-Front national. Deux ans après et tant d’agitation, conclut le quotidien catholique, les européennes pourraient alors ressembler dans leur forme et leur issue au second tour de la présidentielle. »

Ne pas trop trinquer…

Enfin cette question à la Une du Parisien : « alcool, et vous, êtes-vous dépendant? »

« Le dernier rapport de Santé publique France fait état de 41.000 décès liés à l’alcool chaque année, rapporte Le Parisien. Un chiffre qui peut pousser tout un chacun à s’interroger sur sa propre consommation. »

Le journal propose donc un test, un questionnaire pour savoir si notre consommation d’alcool présente des risques de dépendance ou non. Alors ça n’est pas ici et maintenant qu’on va faire le test, mais il faut savoir que « pas plus de 10 verres par semaine, avec deux jours d’abstinence, présente un risque dit acceptable. »

Et « l’alcool avec modération, c’est possible », affirme Le Parisien. Avec des règles simples, comme se lancer des défis : je ne bois pas tel jour, ou à partir de telle heure ; faire du sport ; ne pas hésiter à consulter un médecin ; et enfin, quand on a soif, plutôt que de prendre une bière, prendre de… l’eau, tout simplement…

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