REVUE DE PRESSE FRANÇAISE DU 15 MAI

A la Une: «Une ambassade et un massacre»
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C’est le grand titre de Libération ce matin, en forme de constat : « une inauguration en grande pompe d’un côté, plus de cinquante morts et des centaines de blessés de l’autre : le “grand jour” pour Israël célébré par Trump aura été particulièrement meurtrier. »

Pour Libération, pas de doute : « les provocateurs sont Donald Trump et Benyamin Netanyahou qui, en célébrant le transfert de l’ambassade des Etats-Unis de Tel-Aviv à Jérusalem, actent symboliquement l’abandon du projet d’un Etat palestinien crédible. Et les dirigeants palestiniens ont épuisé le peu de crédit dont ils bénéficiaient encore auprès de leur peuple. A fortiori auprès des Gazaouis, enfermés telles des bêtes sauvages entre mer et barbelés, sans eau ni travail. Ceux-là n’ont rien à perdre. Et ce ne sont pas les appels à la paix de Trump qui vont les calmer. Il faut avoir un hubris (un orgueil) démesuré ou être d’un cynisme absolu pour oser prononcer le mot “paix” après avoir mis le feu aux Territoires. »

« Il y a là le tragique symbole d’une impasse, soupire La Croix. Le naufrage du processus de négociations engagé dans les années 90 aboutit à une situation explosive entre Israéliens et Palestiniens. Dans ce contexte, la responsabilité des partenaires internationaux est d’aider à la recherche d’une issue, non de mettre de l’huile sur le feu. Ce que vient de faire Donald Trump en décidant de changer la plaque d’un bâtiment américain de Jérusalem. Lui n’a pas pris grand risque, contrairement à ceux qui, sur place, tenteront un jour de sortir de cette impasse. »

Incendiaire !

Et dans la presse régionale, on hausse le ton :

Ainsi, pour Ouest France, « la décision américaine de transférer son ambassade de Tel Aviv à Jérusalem, sans aucune contrepartie à ce jour connue, n’est pas seulement contraire à l’esprit de sept décennies de diplomatie. C’est un geste incendiaire dans une région qui ne manque déjà pas de braises. Un geste qui éloigne toute médiation possible côté palestinien. Trump “a écrit l’Histoire” s’enflammait hier M. Netanyahu. Oui, c’est vrai, mais dans le sang. »

« Aujourd’hui, le président des États-Unis se comporte en incendiaire au milieu d’un champ d’explosifs », renchérit La Voix du Nord.

« Le moment choisi par Trump pour combler son allié Netanyahu ne pouvait être plus dangereux, relève Sud-Ouest. Tandis que les Israéliens battent des mains devant ce cadeau de l’oncle Sam pour les 70 ans de leur État, les Palestiniens pleurent la “grande catastrophe” que fut l’exil de centaines de milliers d’entre eux en 1948. Et ils peuvent à bon droit se demander si l’Amérique de Trump a prévu pour eux la moindre compensation en échange de son coup de force pro-israélien. »

Enfin, « les États-Unis abusent-ils de leur hégémonie ? », s’interroge Le Figaro. Sans aucun doute, répond le journal. « Climat, commerce, nucléaire iranien, Donald Trump n’en fait qu’à sa tête. La suprématie militaire américaine lui permet d’imposer ses règles aux entreprises et aux États étrangers. Obama et Bush en faisaient autant, mais sans déchirer les traités. »

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