SENEGAL : Pourquoi les femmes sénégalaises acceptent-elles la polygamie ?

Ils avaient prédit la mort de la polygamie, ils ont vu tout faux. Les démographes espéraient que cette pratique disparaîtrait à Dakar en raison 

Ils avaient prédit la mort de la polygamie, ils ont vu tout faux. Les démographes espéraient que cette pratique disparaîtrait à Dakar en raison son urbanisation accélérée. La polygamie, selon eux, a des chances de perdurer plus dans le monde rural que celui urbain.

Pourtant, la perception des rôles, au sein des couples, semble ne pas avoir évoluée selon qu’on vive en zone rurale ou urbaine. Cela dit, certaines femmes ayant les mêmes revenus que les hommes, , s’autorisent, en zone urbaine, à vivre dans des régimes polygames. Et ces dernières n’y sont pas forcées, du moins pas directement: la dictature sociétale s’en charge.

Le célibat étant mal perçu , à âge égal les femmes célibataires sont plus pointées du doigt que les hommes. Pour rentrer dans la ‘’norme sociale’’, certaines acceptent la polygamie. C’est donc la quête du ‘’statut’’ (mariage) qui pousserait à rentrer en union polygame. On assiste de ce fait à une polygamie »choisie » pour éviter de patauger à contre courant des vagues des normes sociales.

C’est cette recherche de statut que confirme la sociologue Fatou Binetou Dial lors d’une émission sur RFI . Au Sénégal, à l’en croire, 1 femme sur 3 qui divorce se remarie. De plus, les remariages correspondent en grande majorité à des unions polygames. Car 1 femme sur 2 est dans une union polygame à 50 ans, selon Mme Dial.

Enfants et besoin de légitimité… Mais où est donc la place donnée aux sentiments, dans une société où la recherche du statut de ‘’mariée’’ est déterminante ? Ce statut est d’autant plus déterminant qu’il ouvre la porte à un autre besoin de légitimité : les enfants. Il faut, dans la société sénégalaise, avoir un enfant dans le mariage, pour éviter qu’il ne soit pas un ‘’hors-jeu’’ ou traité de ‘’balle perdue’’.

L’exemple de l’écrivaine sénégalaise Fatou Diome est le plus appropriée pour expliquer l’incommodité, d’être un enfant ‘’illégitime’’. Pour cet enfant, il lui sera Impossible de grandir ( titre du dernier ouvrage de l’écrivaine). Cela dit, la polygamie même choisie répond à plusieurs besoins de satisfactions et d’accommodations sociales, qui dépasse le simple discours sur la religion. Voulant souvent assigner à l’Islam la promotion de la polygamie, on tombe dans des amalgames.

En effet, cette religion née dans la péninsule arabique n’est venue que limiter le nombre de femmes chez les arabes. Chez ces derniers, à l’image des sociétés primitives ou anciennes, la polygamie était la forme la plus fréquente d’union. La polygamie n’est donc pas l’apanage de l’islam encore moins du Sénégal.

Pour preuve, les membres de l’église mormone aux Etats-Unis l’ont toujours adopté avant de l’abolir officiellement en 1890. Aujourd’hui un démembrement de cette secte, dénommée Eglise fondamentaliste de Jésus Christ des saints des derniers jours (FCJCLS), continue de la pratiquer. Au Sénégal, la polygamie a-t-elle donc de beaux jours devant elle ?

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