Seyni Ndir Seck, Vice-Présidente de la Fsf chargé du Foot Féminin : « Le football féminin sénégalais a besoin d’une qualification…. »

Elue à la présidence de la Commission du football féminin en 2017, l’ancienne capitaine des Lionnes des années 90, Seyni Ndir Seck explique la crise de résultats du football féminin sénégalais qui depuis 2012, peine encore à se qualifier en Coupe d’Afrique des nations (Can).

Qu’est ce qui explique cette longue traversée du désert du foot féminin sénégalais ?

Je préfère utiliser le mot crise de résultats, parce que, depuis la qualification à la CAN féminine en 2012, on tarde encore à accrocher l’élite continentale. En vérité, on n’a pas trouvé une relève à la génération qui a réussi à qualifier le Sénégal pour sa première CAN féminine et sans jeter la pierre à qui ce soit, les compétitions n’étaient pas organisées de la meilleure des manières et c’est ce que nous essayons de corriger avec l’aide précieuse de la Fédération sénégalaise de football qui ne ménage aucun effort dans ce sens.

Concrètement, qu’est ce qui est en train d’être fait?

Nous avons mis en place des sélections de jeunes en U17 et en U20, d’ailleurs, cette dernière a pris part aux dernières éliminatoires en CAN et en coupe de monde de sa catégorie. Il y a un meilleur suivi des compétitions nationales avec une première division de 12 clubs, répartis en deux poules de six. Nous avons aussi une deuxième avec 13 clubs qui jouent en deux poules de 7 et 6. En plus de cela, il y a une véritable volonté de la Fédération à accompagner les équipes nationales en compétition qui entrent régulièrement en stages et qui prennent part aux compétitions continentales.

Il se dit que le véritable problème, ce sont les clichés qui entourent la pratique du football chez les femmes sénégalaises ?

Ces verrous ont sauté depuis fort longtemps. Si, de notre temps, on se cachait pour jouer au football, ce n’est plus le cas maintenant et dans mon village de Yoff (situé à proximité de l’ancien aéroport Léopold Sédar Senghor de Dakar), ce sont des mères de famille qui accompagnent et encouragent leurs filles à pratiquer le football. Nous n’attendons qu’une nouvelle qualification à la CAN pour changer véritablement la donne.

Vous voulez dire que la pratique du football féminin est désormais ancrée dans les mentalités ?

Je vous assure qu’il n’y a aucun problème à ce niveau, nous recrutons de plus en plus de jeunes et quand le Sénégal se qualifiera à nouveau à une phase finale de CAN, on dépassera rapidement le chiffre actuel de 600 licenciées. Vous vous rappelez de l’effet qu’a eu la coupe du monde 2002 pour le football en général et c’est qu’on attend des Filles. Et l’étincelle, j’en suis convaincue, viendra et cela après une grande performance.

Vous avez encore raté le coche pour la CAN 2018 face à l’Algérie qui n’était pas connue comme un gros bras du football féminin ?

C’est vrai, nous y avons beaucoup cru, après le tirage au sort parce que, ce n’était ni le Nigeria, ni le Ghana qui nous barraient souvent la route et qui sont des ténors du football féminin sur notre continent. Mais je suis sûre qu’avec la régularité des compétitions et l’expatriation des internationales dans les championnats européens mieux organisés, la donne va changer. Nous nous félicitons que Mama Diop (Toulouse FC), Ndeye Bineta Diakhaté et Marième Diop Yally (FC Metz) aient suivi les traces de Mamy Ndiaye. Continuons de travailler, ça viendra.

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