LE SIDA FAIT DES RAVAGES À PIKINE

LE SIDA FAIT DES RAVAGES À PIKINE: 871 personnes diagnostiquées séropositives, seuls moins de 300 sous antirétroviraux (Arv) plus de 500 perdus de vue qui constituent un danger ambulant

En banlieue, plus précisément à Pikine, le sida n’en finit pas de faire des dégâts. Des familles des quartiers pauvres ont payé un lourd tribut à la pandémie du sida. Le district sanitaire de Pikine rencontre de plus en plus de jeunes qui viennent d’apprendre leur contamination par le virus et tous les modes de transmission restent à l’ordre du jour. Face à cette épidémie, le service social du district de Pikine et les acteurs communautaires décident de ne pas rester les bras croisés.

Depuis un certain temps, l’épidémie du sida est très active dans la banlieue de Dakar et touche des populations vulnérables, en particulier les femmes et les jeunes. Le district sanitaire de Pikine concentre une cohorte estimée à 871 personnes diagnostiquées séropositives et recensées depuis le second trimestre. Moins de 300 parmi les 871 sont sous antirétroviraux (Arv) et suivent régulièrement leurs traitements. Selon Cheikh Bassirou Mbaye, superviseur de l’éducation et de l’information pour la santé et point focal de la santé communautaire, «ce qui frappe, c’est le fait qu’en banlieue, l’épidémie reste largement invisible, à cause du poids des tabous, de la discrimination et de la stigmatisation».
Dans les quartiers, tout se sait très vite, mais il est parfois très compliqué d’assumer le fait de vivre avec le Vih. Les malades sont obligés de prendre leurs traitements en cachette. De la même manière, il est parfois difficile de franchir la porte d’un centre de dépistage, par peur du regard des autres.
Actuellement, environ 500 personnes infectées «manquent à l’appel». Ils sont soit décédés, soit irréguliers, soit perdus de vue. Et malheureusement, ils se sont mélangés avec les populations peut-être sont même en train de contaminer d’autres, parce ils n’osent pas prendre leurs responsabilités et aller se soigner.
Les chiffres font froid dans le dos. En effet, selon les spécialistes, le taux de décès a beaucoup augmenté, passant de 0,33% à 1,2% et le sida est en train de gagner du terrain. Actuellemnt, le taux de séropositivité reste élevé avec 1,2% contre 0,7% sur le plan national en 2016.
Et dans ce lot, les jeunes sont plus infectés. En effet, 703 personnes vivant avec le Vih (Pv/Vih), ont entre 15 ans et 49 ans.
Une situation alarmante qui pousse l’association des acteurs communautaires de Pikine et le service social du district qui lancent un appel à la communication de masse pour que les gens comprennent qu’on peut soigner les symptômes et les infections opportunistes du sida.
Abdoulaye Mbaye, trésorier des jeunes acteurs communautaires, informe : «si la personne infectée prend régulièrement ses Arv, l’évolution de la maladie sera retardée et les conditions de vie du malade seront améliorées». Il poursuit : «il faut pousser les gens à se dépister et à se soigner. Si on se dépiste, on se traite, il n’y a pas de problème, on est même plus résistant que nous autres qui sommes là souvent malades de diabète ou de tension».
Le superviseur de l’éducation et de l’information pour la santé donne l’exemple des couples séro discordants, c’est-à-dire l’un a le virus du sida et l’autre ne l’a pas et, pourtant, il n’y a pas de contamination, parce que le membre du couple malade a une observance thérapeutique régulière et a une hygiène de vie».

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