Syrie : environ 3 000 jihadistes se sont rendus aux FDS, les bombardements ont repris

Environ 3 000 jihadistes ont rendu les armes, mardi, sous la pression des bombardements des Forces démocratiques syriennes (FDS) contre Baghouz, à l’est de la Syrie. Quelques centaines de terroristes étrangers demeureraient dans le village.

Les bombardements ont repris de plus belle, mardi en fin de journée, contre Baghouz, le dernier bastion du groupe État islamique en Syrie, d’où environ 3 000 jihadistes sont sortis pour se rendre aux Forces démocratiques syriennes (FDS).

« Le nombre des membres du groupe État islamique qui se sont rendus depuis hier soir (lundi) est passé à 3 000. Trois femmes yazidies et quatre enfants ont également été secourus », a écrit sur Twitter Mustefa Bali, un porte-parole des FDS.

Environ 400 personnes avaient déjà été évacuées lundi du réduit de l’organisation de l’État isIamique, selon l’alliance arabo-kurde. Plus tôt mardi, un commandant d’une unité des FDS Ali Cheir avait rapporté un arrêt des combats pour ouvrir la voie à une nouvelle vague d’évacuations.

« La nuit, les avions de la coalition visent tout mouvement, et en conséquence, les capitulations ont lieu le matin. On interrompt nos tirs totalement pour qu’ils se rendent », a-t-il dit. « Quelques centaines de terroristes étrangers demeurent » à l’intérieur de la poche, a indiqué à l’AFP le porte-parole de la coalition internationale, Sean Ryan. Ces jusqu’au-boutistes ont « décidé de rester et de se battre jusqu’à la fin », a-t-il ajouté.

Sur le terrain, après une accalmie sur le front durant la journée, les bombardements à l’artillerie et les raids aériens ont repris mardi en début de soirée, selon une équipe de l’AFP sur place.

Des tentes dans le village

Du « califat » autoproclamé en 2014 sur de larges pans de territoire à cheval entre la Syrie et l’Irak, il ne reste aujourd’hui aux jihadistes de l’EI qu’un tout petit secteur du village de Baghouz où sont dressées des tentes, près de la frontière irakienne. Sa défaite annoncée signera la fin territoriale du « califat » et revêt ainsi une grande importance symbolique.

Les FDS, une alliance de combattants kurdes et arabes, sont engagées depuis décembre dans une offensive contre l’organisation de l’État islamique avec le soutien d’une coalition internationale antijihadiste emmenée par les États-Unis.

Mais ces dernières semaines, la présence dans la poche de très nombreux civils, en majorité des familles de jihadistes, a freiné l’offensive. Et si des dizaines de milliers ont fui, nul ne sait encore combien il en reste.

« La bataille n’est pas achevée »

Des dizaines de milliers de personnes ont déjà été évacuées de l’ultime poche jihadiste depuis décembre, selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH).

La plupart d’entre elles ont été transférées vers le camp de déplacés d’Al-Hol (nord-est), où se trouvent désormais plus de 66 000 personnes, selon le bureau de coordination humanitaire des Nations unies (Ocha), qui a fait état d’un ralentissement du flot des arrivants.

Depuis décembre, environ 113 personnes –dont les deux tiers sont des enfants de moins de cinq ans– sont décédées en route vers le camp ou peu de temps après leur arrivée, d’après l’organisation onusienne.

« Un financement urgent est nécessaire et des lacunes subsistent au niveau de la livraison d’abris, d’eau (…) et des services de santé », a déploré mardi auprès de l’AFP Hervé Verhoosel, porte-parole du Programme alimentaire mondial (PAM).

Si le groupe terroriste est sur le point de perdre son ultime ancrage territorial, il a déjà entamé sa mue en organisation clandestine. Ses combattants sont disséminés dans le désert syrien et parviennent à mener des attentats meurtriers.

Lundi soir, le groupe a appelé, par une vidéo diffusée sur ses réseaux de propagande, les jihadistes retranchés dans l’ultime poche de l’organisation à faire preuve de « persévérance », estimant que « la bataille n’est pas achevée ».

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