Tanzanie: Le naufrage d’un ferry a fait plus de 160 morts

Les recherches se poursuivaient samedi en Tanzanie où le bilan du naufrage d’un ferry sur le lac Victoria s’est alourdi dans la nuit à 161 morts. Selon les autorités, le ferry MV Nyerere transportait plus de 300 personnes lorsqu’il a sombré jeudi soir à quelques mètres du quai à Ukerewe, la principale île du lac, située en territoire tanzanien.

Trente-sept personnes ont pu être secourues, a déclaré à Reuters le chef de la police régionale, Jonathan Shana. Le président tanzanien, John Magufuli, a ordonné vendredi l’arrestation des responsables du drame et a annoncé quatre jours de deuil national.

Surchargé de passagers et de marchandises, le MV Nyerere a chaviré jeudi après-midi à quelques dizaines de mètres à peine de l’île d’Ukara. A l’approche du débarquadère, des passagers se sont déplacés vers l’avant du navire pour se préparer à débarquer. Ce mouvement semble avoir déséquilibré le bateau, qui s’est alors retourné.

«Négligence»

Par le passé, les naufrages dans cette région des Grands Lacs ont le plus souvent été imputés à des embarcations surchargées, et les bilans élevés au fait que la plupart des passagers ne savent pas nager.

Evoquant une «négligence», le président tanzanien John Magufuli a ordonné vendredi soir que «toutes les personnes impliquées dans la gestion du ferry» soient arrêtées. «Les responsables seront absolument punis», a-t-il promis.
Alors que la capacité du navire est de quelque 100 passagers, des témoins ont rapporté à la télévision publique qu’environ le double d’entre eux se trouvaient à bord du ferry, mais les autorités n’ont pas confirmé ce nombre. Les registres des passagers sont le plus souvent lacunaires sur les navires sillonnant le plus grand lac d’Afrique.

Deuil national

Le ferry MV Nyerere assurait la liaison entre l’île d’Ukara et celle, située juste en face, d’Ukerewe, qui abrite la localité de Bugolora, où les habitants d’Ukara viennent régulièrement s’approvisionner.

A travers la Tanzanie, les drapeaux étaient en berne samedi, le président John Magufuli ayant décrété vendredi un deuil national de quatre jours pour rendre hommage aux victimes de la catastrophe.

Après le pape François vendredi, le secrétaire-général de l’ONU Antonio Guterres a présenté ses condoléances «aux familles des victimes, au gouvernement et au peuple de la république unie de Tanzanie».

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Au sein de la population tanzanienne, la tristesse faisait progressivement place à la colère et l’indignation, que les promesses de mesures du président Magufuli ne pouvaient calmer. Car si la navigation peut être difficile sur le plus grand lac d’Afrique, où elle se fait souvent sur des navires vétustes, les autorités sont souvent peu regardantes sur la sécurité.

«Au premier jour, alors qu’il y avait encore l’espoir de retrouver des survivants, les opérations de sauvetage ont été suspendues pendant la soirée, à cause de l’obscurité (car) nos secours maritimes ne sont pas équipés pour travailler de nuit», s’est par ailleurs indigné Felician Tarimo, jeune étudiant de Moshi (nord).

Et d’ironiser: «Comme si nos gouvernants s’attendaient à ce que les accidents aient lieu seulement le jour…»

En 1996, quelque 800 personnes, selon la Croix-Rouge, avaient trouvé la mort dans le naufrage du ferry Bukoba, surchargé de passagers, à quelques milles marins au large de Mwanza.

(nxp/ats)

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