Thierno Bocoum : “Nous ne sommes pas dans la coopération, mais dans la soumission”

Thierno Bocoum n’y est pas allé avec le dos de la cuillère pour critiquer la gouvernance de Macky Sall sur le taux de croissance et les accords signés avec la France. L’ancien parlementaire estime que le chef de l’État n’est pas un patriote. “Il est un président dangereux”, pense-t-il.

“Il était prévu une stabilité de la croissance à partir de 2017 et une croissance de 7%. Si déjà on n’atteint pas les 7%, ça pause problème. Il faut être très clair. Nous avons une économie extravertie. Plus de 60% de la croissance est dans le secteur tertiaire. Or, le Sénégal ne maîtrise pas ce secteur. Nous avons une croissance empruntée, fragile, dépendante parce que se sont des firmes internationales qui occupent ce secteur. Et s’ils décidaient un jour ou l’autre de partir, ça sera la catastrophe. On comptabilise cette croissance dans la nôtre alors qu’il n y a pas de réinvestissement, alors que les Sénégalais n’en bénéficient pas. C’est pourquoi les difficultés augmentent”, analyse l’invité du Grand Jury de Rfm ce dimanche.

“Ensuite, il y a une dette extrêmement élevée. On ne voit pas les secteurs porteurs où l’État investit. Malheureusement, l’État investit dans le TER, le centre Diamniadio (61 milliards). Ça ne rapporte rien à l’économie. Macky Sall est un président dangereux.”

Le Ter pour “sauver des emplois en France”
“Je parle de priorité et de réforme structurelle. Vous pensez qu’un président de la République doit mettre en priorité le fait d’aller sauver des emplois à l’extérieur que de créer de la richesse dans son propre pays? L’affaire Alston et le Ter, tout le monde sait ce qui s’est passé. Le but c’est d’aller sauver des emplois en France et non de créer de la richesse au Sénégal. Nous voulons que les Pme, Pmi, soient financées, que l’économie informelle soit organisée, que la dette intérieure soit payée à temps. De tendre la main au secteur privé national qui est à la limite humilié”, énumère Thierno Bocoum.”

“Nous sommes dans une soumission”
À l’en croire, “On a l’impression qu’on a devant nous, un président qui a définitivement abandonné la sauvegarde des intérêts du Sénégal. Les accords de partenariat économique (Ape), les contrats pétroliers avec Total vont détruire notre tissu économique qui sera réduit à néant. Nous ne sommes pas dans une coopération mais dans de soumission, avec le cas Erdogan et les établissement Yavuz Sélim, le limogeage de Thierno Alassane qui a refusé de signer le contrat avec Total et sur beaucoup de contrats, conclut-il.

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