Le tireur de Las Vegas, retraité inconnu de la police, “soldat” selon l’EI

Ex-comptable inconnu des services de police, Stephen Paddock, 64 ans, est l’auteur de la fusillade la plus meurtrière de l’histoire des États-Unis. Si le groupe EI a revendiqué son geste, les autorités ne semblent pas convaincues.

Le profil de Stephen Paddock, le tireur qui a tué 59 personnes lors d’un concert à Las Vegas de dimanche 1er à lundi 2 octobre, restait encore mystérieux au lendemain du drame. Si son acte a été revendiqué par le groupe État islamique (EI), les autorités américaines restent sceptiques.

Comptable à la retraite et habitué des casinos, inconnu des services de police, rien dans le parcours de cet homme de 64 ans ne permet d’expliquer son geste. L’auteur de la fusillade la plus meurtrière jamais perpétrée aux États-Unis menait une existence sans histoire à Mesquite, une petite ville d’environ 18 000 habitants du Nevada, dans un quartier récent et “très calme” prisé des retraités, selon la police locale. Il possédait un brevet de pilote et un permis de chasse délivré par l’État d’Alaska.

Fils de braqueur

Son frère Eric Paddock l’a décrit comme un homme aisé, qui aimait les croisières, jouer au poker sur Internet et se rendre dans les casinos de Las Vegas. “Nous sommes stupéfaits, sidérés !”, a déclaré, abasourdi, Eric Paddock sur la chaîne CNN. “Il n’avait aucun lien avec aucune organisation politique ou organisation religieuse. Autant que je sache, il n’était pas un suprémaciste blanc et je le connais depuis 57 ans !”

Seul accroc dans sa biographie, son père, Patrick Paddock, était un braqueur de banques recherché par le FBI dans les années 1960, mais il n’entretenait que des liens ténus avec ses enfants, a assuré Eric Paddock.

L’une des seules photos de lui qui ont émergé le montre dans un bar avec ce qui semble être un verre d’alcool à la main. L’homme arbore une légère barbe grise. Sa compagne, Marilou Danley, une femme d’origine asiatique, a été interrogée et mise hors de cause, selon les autorités.

Les autorités sceptiques

Le profil de Stephen Paddock est très éloigné des recrues traditionnelles du groupe État islamique qui affirme que cet Américain retraité était l’un des ses “soldats” et s’était converti à l’islam “il y a quelques mois”.

“Un soldat du califat (Abou Abdelberr l’Américain) – que Dieu l’accepte – muni d’armes automatiques et de munitions diverses a, depuis un hôtel donnant sur un concert de musique, ouvert le feu sur un de ces rassemblements, faisant 600 morts et blessés, jusqu’à l’épuisement de ses munitions, avant de tomber en martyr”, a indiqué lundi 2 octobre l’EI dans un communiqué.

Pourtant, cette revendication laisse les autorités américaines sceptiques. Le FBI a déclaré n’avoir établi “aucun lien à ce stade avec un groupe terroriste international”. La CIA a également mis en garde dans un communiqué contre “des conclusions hâtives” et renvoyé à l’enquête en cours. Le shérif de Las Vegas Joseph Lombardo a de son côté évoqué un “loup solitaire” et un “psychopathe”, se refusant lui aussi à évoquer la piste terroriste.

Seule certitude, Stephen Paddock avait visiblement minutieusement préparé cette attaque avec l’intention de faire le plus de victimes possibles. Il avait loué deux chambres contiguës au 32e étage de l’hôtel Mandalay Bay, se donnant la possibilité de deux angles de tir différents, et possédait dix fusils, retrouvés dans sa chambre d’hôtel. Vers 22 h 08, heure locale, Stephen Paddock s’est installé aux fenêtres de l’une des ces deux chambres et a commencé à tirer à l’arme automatique sur la foule du concert en contrebas. Il s’est apparemment donné la mort avant l’arrivée des unités d’intervention.

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