Toussaint Manga à Niasse: «Hors de l’Assemblée nationale, si vous me frappez, je ne répondrai pas à vos coups parce que vous êtes mon père»

«Le règlement intérieur de l’Assemblée nationale donne des prérogatives aux parlementaires. Et certains pensent que quand nous réclamons nos droits, c’est pour manquer du respect à l’Assemblée. Mais c’est loin de là. Parce que notre éducation, notre culture et notre religion ne nous permettraient jamais de manquer de respect à quiconque. M le Président, au sortir de l’Assemblée nationale, si vous me frappez, je ne répondrai pas parce que je sais que vous êtes mon père. Mais ici, je dirai ce que je pense. Si mon père biologique était assis là où vous êtes aujourd’hui, je défendrais mes convictions avec la même hargne. C’est pour vous dire que nous ne sommes pas mal éduqués. Un jour ou l’autre, vous serez appelé à aller vous reposer et nous continuerons à être là. Ce que nous ne voulons pas, c’est qu’après vous il puisse y avoir des gens qui font entorse au règlement intérieur».

ACCORDS SIGNES AVEC LA MAURITANIE SUR LE PETROLE
«C’est un accord de blanchiment», selon Ousmane Sonko

«C’est un accord de blanchiment. Des faits graves qui ont été commis dans l’amour du pétrole. Le Président Macky Sall, après avoir commis des forfaitures graves sur la gestion de notre pétrole, d’abord sur l’affaire Petrotim (sachez que ce bloc donné à Petrotim est à Frank Timis qui va récolter des milliards sur le dos des sénégalais), essaie de blanchir cela en nous demandant de venir au dialogue. On n’a pas besoin de discuter sur ça. Nous, on ne nous trompera pas. Donc forfaiture grave sur ce dossier depuis le début, impliquant le Président Macky Sall lui-même, impliquant Aly Ngouille Ndiaye qui a inscrit du faux dans le rapport, impliquant son petit-frère qu’ils ont impliqué dans ce dossier en violation des règles minimales par rapport aux conflits d’intérêt. Et on veut qu’on efface tout cela pour venir au dialogue. Tout ce qui a été fait dans le pétrole était en violation du code pétrolier. Le dernier en date, c’est le dossier Total. Comment pouvez-vous admettre qu’on fasse des tranches de mille barils. Les tranches de Azur Diourbel, c’est des tranches de 36 mille barils… c’est du vol contre le peuple sénégalais. Cet accord est une véritable poudrière. Sur quelles bases on doit faire 50/50. La population totale de la Mauritanie estimée à 3.5 millions d’habitants, taux de natalité 3.1, le Sénégal, c’est 14 millions d’habitants, 34% de taux de natalité et 4.7 enfants par femme, sur quelle base on se fie ? Tous ceux qui parlent des rapports de bon voisinage, «yëfu naafexx la». Quel est ce rapport de bon voisinage quand les garde-côtes mauritaniens pourchassent nos pêcheurs jusque dans nos eaux pour les tuer ? Les Etats n’ont que des intérêts. La vérité, c’est que le plus important des ressources se trouve dans notre territoire. Comment pouvez-vous nous donner un dossier sans le rapport d’évaluation ? Tous les documents des découvertes, c’est Cosmos qui les a produits et vous les a donnés. Comment une entreprise, partie prenante, peut vous donner des chiffres comme ça ? Dans la procédure, quand il y a découverte, on prend une entité indépendante pour faire les évaluations. Ou sont les évaluations ?»
MM
NIASSE: «Bilalahi, Wallahi, Tallahi…c’est trés facile de parler. Mais hors de l’hémicycle, ce sera autre chose»

A peine revenu dans la salle, après que les gens ont fini de raisonner Sonko, Niasse va à nouveau ouvrir les hostilités. Et c’est pour rappeler aux uns et aux autres qu’il reste seul maître à bord. «Je le redis de la manière la plus ferme, la plus claire et la plus définitive et je m’adresse aux présidents des deux groupes et des non-inscrits, il ne peut pas y avoir plus d’une question préjudicielle sur le même sujet. Lorsqu’une des personnes, parmi celles qui ont demandé à poser la question, la pose, c’est fini. Si l’Assemblée nationale, en respectant la procédure, se prononce sur le sujet….». Déthié Fall de se lever et de dire que non en reprochant à Moustapha Niasse de faire entorse au règlement. Mais Niasse va poursuivre : «ce que je dis s’adresse à tout le monde : députés de la majorité ou de l’opposition… Les Sénégalais nous observent depuis ce matin et ils savent ce qui se passe. Ils ne sont pas fous. C’est très facile de se mettre là devant moi (allusion toujours à Sonko) et parler. Mais une fois qu’on se retrouve hors de l’hémicycle, ce sera autre chose», menace Niasse.

Billahi, wallahi, tallahi…

Qui ajoute : «C’est dans l’hémicycle qu’on se permet certains propos, mais hors de l’Assemblée, vous savez que ce n’est pas le même Moustapha Niasse. Il y a des choses, je ne les accepterai pas. Si c’était dans la rue que nous étions, on me parlerait autrement que comme on le fait actuellement. Il y a de ces choses que je n’accepterai pas. C’est facile, parce que les journalistes sont là. C’est facile de perturber. Mais billahi, wallahi, tallahi, ce que nous avons à faire sera fait. Vous ne pouvez rien imposer ici», s’emporte Niasse devant la détermination des jeunes de l’opposition. C’est finalement grâce à l’effort conjugué de tous les députés, de la majorité comme de l’opposition, que sera dépassée cette situation afin de permettre la poursuite des travaux. Mais, même dans les interventions, les gens ne se feront point de cadeaux. Le ministre des Affaires étrangères venu défendre le projet avec ses collaborateurs a tout entendu de l’opposition, hier.

MM

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