Trois musulmans condamnés à mort pour des assassinats de chrétiens en Tanzanie

La justice tanzanienne a condamné mercredi à la mort par pendaison trois musulmans reconnus coupables des assassinats « à motivation religieuse » en 2015 de quatre chrétiens retrouvés décapités.

Si la peine de mort est bien prévue par le code pénal tanzanien, elle n’est dans la pratique plus exécutée depuis 1994.

Le juge Lameck Mlacha de la Haute Cour de Bukoba (nord-ouest) « les a reconnus coupables d’assassinats », a indiqué à l’AFP une source au sein du greffe, souhaitant conserver l’anonymat.

Il s’est notamment appuyé sur un enregistrement vidéo dans lequel « les trois hommes reconnaissent devant la police et les autorités locales que leur crime était motivé par leurs convictions religieuses », a précisé la même source.

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Les trois hommes ont été condamnés pour les assassinats le 11 novembre 2015 de quatre chrétiens dont les corps avaient été retrouvés décapités dans le secteur de Katoma, dans le district de Bukoba.

Les condamnés purgeaient déjà des peines de prison à vie pour leur implication, également en 2015, dans des incendies de plus d’une dizaine d’églises dans la même région, a souligné le procureur Hashim Ngole, cité par la presse tanzanienne.

En 2015, la région de Bukoba avait été le théâtre d’une vague d’incendie d’églises et de décapitations. Le procureur a précisé que 13 autres affaires liées à ces événements sont en cours devant la justice.

Des élèves dans une école près de Moshi, Tanzanie, 29 juillet 2010.

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Les condamnés ont d’ores et déjà décidé d’interjeter appel, a annoncé leur avocat principal, Mathias Rweyemamu, cité par la presse tanzanienne, soutenant que ses clients « ont été torturés » en détention et que l’enregistrement vidéo de leurs aveux « a été fabriqué de toutes pièces ».

C’est en 1994 que la peine de mort a été appliquée pour la dernière fois en Tanzanie.

Quelque 500 condamnés à morts se trouvent actuellement dans les prisons tanzaniennes, où leurs peines ont été de facto commuées en prison à vie. En 2017, le président tanzanien John Magufuli avait indiqué qu’il ne signerait pas d’ordonnance d’exécution.

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