Un militant arrêté lors d’une manifestation contre la pénurie de gaz

Un représentant de la société civile tchadienne a été arrêté après avoir maintenu son appel à manifester jeudi pour protester contre la pénurie de gaz qui touche le Tchad en dépit d’une interdiction du gouvernement, a appris mercredi l’AFP de sources policières.

“Nous l’avons appréhendé à son domicile (mardi soir) et il est dans nos locaux aux Renseignements généraux”, a indiqué à l’AFP un officier de police sous couvert d’anonymat.

Le porte-parole de la police, le colonel Paul Manga, a confirmé mercredi à l’AFP l’arrestation du porte-parole du Collectif contre la vie chère, Dyngamnayal Nely Versinis, sans donner plus de précisions.

Une famille sinistrée du quartier Dingangali dans le 9e arrondissement de la ville de N’Djamena, au Tchad, le 30 août 2018. (VOA/André Kodmadjingar)

Manifestation contre la pénurie de gaz
Ce collectif de la société civile a maintenu mardi son appel à manifester pour protester contre la pénurie de gaz qui affecte le pays depuis plus de deux mois, alors que, lundi, le gouvernement avait décidé d’interdire la marche.

“Depuis hier, tout est mis en oeuvre pour nous intimider et nous décourager”, ont indiqué mercredi dans un communiqué les organisateurs de la marche qui exigent “la libération immédiate” de M. Versinis.

“Nous confirmons et réaffirmons que la marche citoyenne et pacifique contre la pénurie de gaz aura bel et bien lieu”, ont-ils ajouté.

Depuis fin janvier, la raffinerie de Djarmaya, seule source d’approvisionnement en gaz du pays, tourne au ralenti.

En cause, la révision des machines de la centrale, qui détient le monopole du gaz dans le pays, et qui n’aurait pas été anticipée.

Pour parer à la situation, le gouvernement avait autorisé l’importation de gaz du Nigeria ou du Cameroun, mais les besoins en énergie de la population ne sont toujours pas satisfaits.

“Aujourd’hui, il s’agit plus d’un bras de fer entre le gouvernement et la société chinoise actionnaire de la raffinerie pour la renégociation de contrats qui est en cause”, a indiqué à l’AFP une source proche du ministère tchadien de l’Economie.

China Petroleum Corporation (CNPC) détient 60% des parts de la raffinerie, le reste appartenant à l’Etat tchadien.

Au Tchad, les manifestations de la société civile sont souvent interdites par le gouvernement qui invoque des “raisons de sécurité”.

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