Un mort dans des émeutes anti-musulmans au Sri Lanka

En représailles aux attentats de Pâques, les violences anti-antimusulmans se multiplient au Sri Lanka. Un commerçant de 45 ans a été mortellement lynché dans le nord-ouest du pays, a annoncé lundi la police.

Le Sri Lanka est sous tension depuis les attentats ayant ensanglanté l’île lors du week-end de Pâques. Dimanche 12 et lundi 13 mai, des groupes chrétiens ont attaqué des mosquées ainsi que des magasins et des véhicules appartenant à des musulmans dans plusieurs districts du nord du pays, en réaction à un commentaire posté sur Facebook par un commerçant.

« Ne riez plus, 1 jour vous allez pleurer », avait écrit sur Facebook un commerçant musulman. Des chrétiens de la région ont vu dans ce post un avertissement sur l’imminence d’une nouvelle attaque. La foule a mis son commerce à sac et lynché mortellement l’homme, entraînant l’intervention des forces de l’ordre, et la mise en place d’un couvre-feu dimanche après-midi.

Il a succombé à ses blessures peu après son arrivée à l’hôpital dans le district de Puttalam, dans le nord-ouest du pays. « La foule l’a attaqué avec des armes tranchantes dans son atelier de menuiserie », a indiqué un responsable de la police. « C’est le premier mort lié à ces émeutes », a-t-il ajouté.

Les tensions communautaires sont à leur comble au Sri Lanka depuis le carnage du 21 avril, quand 258 personnes ont péri dans des attaques suicides qui ont visé trois églises et trois hôtels, et ont été revendiquées par l’organisation État islamique.

Un gang de motards a attaqué des magasins dans la localité de Kuliyapitiya, où quatre personnes ont été arrêtées, selon les autorités. Des dizaines de personnes ont ensuite assiégé le poste de police où les quatre personnes étaient détenues, entraînant leur libération. Il y avait également eu des affrontements entre chrétiens et musulmans à Negombo, ville au nord de Colombo qui avait été une cible des attaques de Pâques.

« La police et les forces de sécurité ont maîtrisé la situation, mais des groupes continuent de tenter de semer le trouble », a déclaré le Premier ministre, Ranil Wickremesinghe, dans une allocution télévisée.

Les réseaux sociaux bloqués

En réaction aux violences, le Sri Lanka a bloqué lundi l’accès aux réseaux sociaux. Des fournisseurs d’accès internet ont déclaré avoir reçu l’ordre du régulateur des télécoms de bloquer les accès à Facebook, WhatsApp ou encore Instagram.

La police a précisé que le couvre-feu qui avait été imposé à Chilaw et dans les alentours avait été levé lundi. En dépit de celui-ci, une mosquée a tout de même été vandalisée.

Le principal organisme rassemblant le clergé islamique, All Ceylon Jamiyyathul Ulama (ACJU), a déploré une suspicion accrue à l’égard des musulmans depuis les attentats de Pâques.

« Nous appelons les membres de la communauté musulmane à la patience et à éviter de poster des choses qui ne soient pas nécessaires sur les réseaux sociaux », a déclaré l’ACJU.

Cette flambée de violence s’est produite alors que les églises de l’île ont pu de nouveau dimanche célébrer la messe, pour la première fois depuis les attentats.

Les musulmans représentent 10 % de la population du Sri Lanka, un pays à majorité bouddhiste. Les chrétiens constituent environ 7 %.

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