Une nappe d’hydrocarbure repérée au large de La Rochelle après le naufrage du « Grande America »

Une nappe d’hydrocarbures pourrait atteindre les côtes françaises d’ici dimanche ou lundi, d’après les repérages effectués par les services de la préfecture maritime, au lendemain du naufrage du « Grande America » au large de La Rochelle.

Une nappe d’hydrocarbures d’une dizaine de kilomètres de long et un kilomètre de large se trouve « à plus de 200 km des côtes » françaises, d’après des repérages aériens effectués par la préfecture maritime, au lendemain du naufrage du navire italien « Grande America » au large de La Rochelle. « Selon nos prévisions, des fragments pourraient atteindre certaines zones des côtes de Nouvelle-Aquitaine d’ici dimanche ou lundi, du fait d’une météo particulièrement défavorable, qui risque par ailleurs de rendre plus délicates les opérations de dépollution en mer », a déclaré dans un communiqué le ministre de l’Écologie, François de Rugy, publié dans la nuit du mercredi 13 au jeudi 14 mars. La mer y était encore très forte, mercredi, avec des vagues de quatre à six mètres.

Le « Grande America », a sombré mardi 12 mars, à 333 kilomètres à l’ouest de La Rochelle par 4 600 mètres de fond. Le préfet maritime a annoncé lors d’une conférence de presse à Brest que le navire transportait « 365 conteneurs, dont 45 répertoriés comme contenant des matières dangereuses et un peu plus de 2 000 véhicules ». Il a ajouté que les soutes du navire contenaient quelque 2 200 tonnes de fioul lourd, principale source de préoccupation selon lui, estimant que la façade entre la Charente-Maritime et la Gironde risquait d’être touchée par une pollution « dans plusieurs jours ». Concernant les conteneurs renfermant les matières dangereuses, le vice-amiral d’escadre Jean-Louis Lozier a rapporté avoir reçu de l’armateur « un inventaire complet » de leur contenu, dont une centaine de tonnes d’acide chlorhydrique et quelque 70 tonnes d’acide sulfurique.

L’éventuelle pollution qui pourrait être causée par ces produits « serait très localisée », a estimé le vice-amiral d’escadre. « La dilution dans l’espace océanique n’entraînerait pas de conséquences graves pour l’environnement », a-t-il ajouté, soulignant qu’une grande partie de ces produits avaient vraisemblablement déjà brûlé. La France va notamment déployer en mer quatre « navires dédiés aux opérations de lutte anti-pollution » et prépare un plan de « dépollution sur terre », a indiqué le ministre François de Rugy.

Plaintes déposées en justice

L’association Robin des Bois entend pour sa part porter plainte pour pollution et abandon de déchets auprès du tribunal de grande instance de Brest. « 2 000 véhicules, c’est une casse automobile au fond de la mer représentant des centaines de tonnes de matières toxiques dans une zone très riche en poissons, plancton et mammifères marins », s’est insurgé auprès de l’AFP Jacky Bonnemains, porte-parole de l’ONG, disant craindre aussi une éventuelle pollution du littoral.

Le préfet a une nouvelle fois mis en demeure mercredi matin l’armateur, Grimaldi Group, de « mettre fin au danger pour la navigation et l’environnement marin représenté par les conteneurs et autres éléments à la dérive » et de « traiter les éventuelles pollutions maritimes ». Le procureur de la République a ouvert une enquête, et l’armateur a été mis en demeure de « prendre toutes les mesures nécessaires pour concourir à la lutte contre les pollutions », précise par ailleurs François de Rugy dans son communiqué.

Dans la nuit de dimanche à lundi, les 27 occupants du navire (26 membres d’équipage et un passager) avaient été secourus par une mer démontée et alors que le bâtiment subissait un violent incendie. Ils sont sains et saufs. Le « Grande America », navire hybride entre un roulier et un porte-conteneurs, d’une longueur de 214 mètres, venait de Hambourg (Allemagne) et devait se rendre à Casablanca (Maroc) quand il a été touché par un incendie dimanche soir.

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