Une révolte à l’APR : la jeunesse de Macky Sall veut plus de notoriété

Un vent de révolte souffle à l’Alliance Pour la République. C’est ce qu’indique en tout cas la girouette sur les réseaux sociaux, notamment Facebook. Certains jeunes ne sont pas contents des leaders politiques de l’APR qui n’ont de préoccupations que pour leur existence, accusent-ils.

Sur le réseau social, où chacun est libre de déverser sa bile. Thiaye Diaby étale sa colère sur son mur des lamentations. Jeune apériste connu pour son engagement aux côtés de Macky Sall, Thiaye sur son profile Ajr Avec Macky appelle à la Révolte. Il écrit : « j’appelle à la Révolte de la Jeunesse APR dans tous les Départements du Sénégal. Et j’assume tout, je suis prêt à mettre mes propres moyens et mon sang pour la Jeunesse.» A travers ce post, on lit l’espoir perdu d’un jeune auprès de son leader et de ses pairs. Il va quand même très loin, en appelant les chambellans du prince à la révolte.

La Révolte de la jeunesse de Macky

Mais, Thiaye Diaby semble très déterminé à combattre ce qu’il ne cautionne pas au sein d’un parti dans lequel il milite depuis toujours. « Le manque de considération a peut être atteint son paroxysme.» Ce qui l’amène sûrement à écrire dans un autre post : « Jeunesse de l’APR, vous avez été ignorés 7 ans, donc, il faut refuser d’être bêtes et cons pour les 5 ans de mandat», a-t-il martelé. Avant d’ajouter que «le meilleur moyen de sacrifier sa jeunesse c’est de la confier à des responsables lâches et traîtres de l’APR », pour reprendre textuellement ses propres termes. Nos tentatives de rentrer en contact avec Thiaye Diaby sont restées sans succès ou peut-être qu’il n’a pas voulu nous répondre.

A côté de Thiaye Diaby, on a lu une publication d’un autre jeune, également connu pour son engagement aux côtés de Macky Sall. Ainsi, la frustration semble générale et généralisée. Car, même dans les commentaires, on peut le constater. Ismaila Badiane Sacoura Jr, c’est son nom, est membre de la COJER nationale. Donc, un collaborateur de Moussa Sow, patron de la Convergence des Jeunesses Républicaines. De son côté, appuie Thiaye Diaby : «le seul problème des jeunes de l’Apr, c’est qu’aucun des responsables que vous défendez depuis 2012 sur les plateaux et les réseaux sociaux ne vous défendent devant le Président et vous n’êtes pas présents ni au Secrétariat Exécutif national ni au directoire du parti. Il n’y a pas de Jeunes dans les instances de décisions du parti. Comment voulez-vous que votre problème se règle sur Facebook ?”, s’interroge-t-il.

Une jeunesse laissée à elle même 

Approché, Ismaila Badiane accepte de répondre à nos questions. D’emblée, il précise que sa publication ne vise pas son mentor, le Président de la République Macky Sall. Car, il le dédouane des manquements notés çà et là ! Il reproche aux responsables politiques de ne pas prendre en compte la jeunesse dans leurs préoccupations.

Selon lui, le Président de la République n’a pas le temps de rencontrer sa jeunesse. C’est parce que, le rôle que devaient jouer les responsables politiques n’est pas assumé. «Macky Sall ne connait pas ceux qui ont moins de 30 ans dans l’APR et, ce qui pouvait le lui permettre ce sont des rencontres comme l’université Républicaine, qui doivent être initiées par les responsables politiques. Ceux-là même qui siègent au secrétariat exécutif national de l’APR ou dans la Convergence des Cadres Républicains. Il fait allusion à tous les ministres et directeurs généraux qui ne proposent rien allant dans le sens de l’animation et de la vie politique de leur formation, à l’image des autres.

Macky Sall qui est dans son deuxième et “dernier mandat”, n’a pas encore fini, car, il aura un bilan à présenter auprès des sénégalais en fin de son mandat, en 2024». En effet, selon M. Sacoura, les leaders politiques ne rendent pas compte au Président les préoccupations des jeunes et les véritables problèmes du parti. «Dans les hautes instances de l’Apr, il n’y a pas de jeunes qui y siègent. Moussa Sow qui dirige la COJER n’a pas les moyens de porter une politique de formation et de mobilisation de la jeunesse autour de la personne du Président, par ailleurs Secrétaire Général de l’APR», explique-t-il. Il renseigne que d’après la conduite adoptée depuis bientôt quelques années, la Cojer devrait être représentée par son président au Secrétariat Exécutif. Mais cela ne semble pas encore effectif ! Le concerné que nous avons également tenté de joindre a raccroché son téléphone au nez. Moussa Sow doit être sûrement occupé.

Ismaila Badiane Sacoura, jeune leader politique est d’avis qu’ils sont laissés à eux-mêmes. Même s’il reconnait que des jeunes ont accédé à certaines stations, comme Pape Gorgui, Néné Fatoumata Tall, Abdou Karim Fofana, Ismaila Badiane préconise la formation politique dans les rangs de l’Apr, ce qui leur permettra de gagner de l’expérience et pour prendre la relève. D’après lui, Macky Sall n’a pas construit un gigantesque siège pour son parti qu’il laissera disparaître du jour au lendemain.

Pour lui, le Président Macky Sall, devrait profiter de la situation actuelle pour procéder à l’organisation et la structuration de son parti. C’est impératif. Il y va de l’intérêt de tous les militants et la survie de l’Apr.

 Succession de Macky Sall

Interpellé sur la succession de Macky Sall, il estime qu’on ne doit pas gêner un Président de la République en exercice. « Macky Sall vient de démarrer son deuxième mandat, il a besoin de travailler et s’inscrit dans la continuité de sa politique de développement. Il est donc plus juste de l’accompagner et d’être franc et loyal avec lui, pour lui permettre de finir en beauté et de faire des résultats escomptés ».
Ainsi, conseille-t-il, « si un membre du Gouvernement a une ambition présidentielle et que ce dernier pense être capable de briguer les suffrages des Sénégalais, il n’a qu’à prendre son destin en main, quitter le Gouvernement comme l’avait fait Emmanuel Macron en France, alors Ministre des Finances ».

Ismaila Badiane Sacoura n’a pas manqué d’inviter ses camarades jeunes à plus de maturité et de responsabilité pour mieux aborder l’avenir. « Nous ne sommes pas là à suivre des leaders. Les jeunes doivent se battre pour aller à l’assaut des mairies, ils doivent s’imposer car ils sont l’avenir de ce pays», dira-t-il.

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