Vidéo : Tariq Ramadan présente ses excuses à Dieu mais pas aux plaignantes

L’islamologue controversé, mis en examen pour viol, a reconnu avoir menti sur ses relations extra-conjugales tout en contestant les violences dont il est accusé.
JUSTICE – Figure longtemps influente mais controversée de l’islam européen, mis en examen depuis février 2018 pour le viol de deux femmes et visé par d’autres plaintes, Tariq Ramadan a vivement contesté les faits de violences qui lui sont reprochés, accablant les plaignantes tout en admettant avoir menti dans un premier temps sur ses relations sexuelles.
« J’ai été en contradiction avec certains de mes principes, je l’assume », a déclaré l’islamologue ce vendredi 6 septembre, s’exprimant pour la première fois sur BFMTV depuis le déclenchement de l’affaire. « J’ai des excuses à présenter à ma famille, à Dieu et à tous ceux qui dans la communauté musulmane ont pu être déçus et je le fais », a-t-il affirmé, tout en refusant d’adresser des excuses à ses accusatrices.
« Si on peut avoir des défaillances morales, cela ne veut pas dire qu’on est coupable », se défend Tariq Ramadan en pointant que « tout s’écroule » dans son dossier. Les plaignantes? « Ce sont des menteuses. […] Elles se connaissent. Je suis victime d’un traquenard », accuse-t-il en pointant des versions changeantes ou approximatives. Il a toutefois reconnu avoir lui-même menti sur la nature de ses relations avec les plaignantes.
Tariq Ramadan avait d’abord nié tout rapport sexuel avec les deux premières plaignantes, avant d’être contredit par l’enquête et plaide depuis un an des « relations consenties ».
« J’ai voulu me protéger et protéger ma famille. C’était une erreur, j’aurais dû dire la vérité. Mais mon mensonge est complètement différent du mensonge de femmes qui disent avoir été violées », affirme l’islamologue, placé en détention pendant presque dix mois avant d’être libéré mi-novembre avec interdiction de quitter le territoire.
« Consentement » contre « emprise »
Au fur et à mesure des révélations de l’enquête, la défense et les parties civiles s’affrontent sur l’interprétation de l’abondante correspondance (messages, SMS, photos) à caractère sexuel de Tariq Ramadan avec de nombreuses femmes, dont ses accusatrices. Pour le camp Ramadan, cette correspondance prouve le consentement de ces femmes tandis que les parties civiles y voient la preuve de « l’emprise » exercée sur elles par l’intellectuel.
« La définition de l’emprise, elle est devenue extensible. Dans le cas Ramadan, une femme consentante peut être violée avec son consentement, c’est ça qu’on est en train de nous dire », s’est défendu ce vendredi l’intellectuel, qui s’estime « considéré comme coupable par la majorité des médias ».
Tariq Ramadan est également visé par deux autres plaintes pour viols, déposées en mars 2018 et juillet dernier, des faits pour lesquels il n’est pas poursuivi à ce jour. Accusé également de viol par une femme en Suisse, il doit être entendu cet automne à Paris par un procureur de Genève.
Un ouvrage, « Devoir de vérité », signé par Tariq Ramadan, doit par ailleurs être publié le 11 septembre. La date, qui coïncide avec l’anniversaire des attentats du 11 septembre 2001, a fait réagir les détracteurs de l’islamologue controversé. Ce vendredi sur BFMTV, celui-ci a démenti toute allusion.

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