Voile à Jeanne d’Arc : « Le ministre a fait une volte-face inexplicable » (Dianté)

es réactions ne faiblissent pas suite à l’exclusion de filles voilées de l’Institution Sainte Jeanne d’Arc. Le ministère de l’Education nationale joue actuellement la carte de la prudence et opte pour une démarche plus conciliante par rapport à sa première réaction, consistant à manifester sa désapprobation via un communiqué. Deux positions jugées contradictoires par Mamadou Lamine Dianté.

« Quand le directeur de la Formation et de la communication dit que le ministère de l’Education est dans une logique de médiation, nous disons que c’est une faiblesse coupable. C’est une volte face inexplicable », indique le chercheur en éducation, joint par « Seneweb ».

Pour Mamadou Lamine Dianté, le ministre a eu tort d’avoir sorti un communiqué, lorsque le problème s’est posé pour la première fois. Pour lui, si la direction d’une école prend une décision, l’autorité doit saisir directement cet établissement par les voies indiquées au-lieu de sortir un communiqué.

En plus, Dianté pense que Mamadou Talla a eu tort d’apposer sa signature sur le document, car il y a plusieurs niveaux de responsabilités.  »Il y a l’inspection générale de l’Education, il y a l’inspection d’académie, il y a la direction de l’enseignement privé. Le combat devait être porté à ces différents niveaux. Le ministre doit être le dernier rempart », souligne-t-il.

Par ailleurs, l’ancien syndicaliste s’interroge sur la nature de la médiation qu’aurait entreprise le ministère de l’Education. « Est-ce une médiation entre le ministère et l’école, ce qui serait scandaleux. Ou est-ce une médiation entre l’école et les parents d’élèves exclues. Dans ce cas, le ministère n’a aucun rôle à jouer dans cette médiation. Les Sénégalais attendent que le ministère de l’Éducation se donne les moyens de faire respecter la loi dans cette affaire », soutient Dianté.

D’autant plus que, prévient le professionnel de l’éducation, si demain d’autres établissements s’engouffrent dans la brèche pour sortir des règlements intérieurs en rupture avec la loi, le ministère ne pourra pas partout tenter des médiations.

Il considère que « ce sont des radicaux, membres d’une certaine communauté religieuse qui sont derrière cette décision de l’Institution Sainte Jeanne d’Arc. L’objectif étant de saper la cohésion sociale au Sénégal ». Mais, ajoute-t-il, ils n’y arriveront pas, car ils ne représentent pas la communauté chrétienne du Sénégal.

Sur ce plan, la position de Dianté est tranchée. « Le port du voile, qu’il soit musulman ou chrétien, ne peut aucunement entamer l’image de l’école, encore moins, les performances de l’école. Donc c’est une parenthèse qui doit être très vite fermée », suggère Dianté.

Pour trouver une issue heureuse à ce problème, Mamadou Lamine Dianté lance un appel aux autorités religieuses de tous bords. « Pour que cette tension latente puisse se dissiper. Et que ce combat ne soit pas mené sous le prisme de la religion ».

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