Yeumbeul: une cousine d’un député, arrêtée pour escroquerie et usurpation de fonction

Le commissaire de police de Yeumbeul, Ibrahima Diouf, et ses hommes ont encore donné un fort coup de pied dans la fourmilière de la délinquance financière, dans la banlieue dakaroise. Ils ont réussi, à ferrer la très recherchée femme célibataire N. Th, cousine du député de l’Apr de Yeumbeul Nord, Samba Demba Ndiaye.

Chaque matin N. Th porte son enfant dans le dos, quitte son domicile à Bène Baraque. Elle emprunte les rues de Yeumbeul et de Dakar centre pour quémander de l’argent au nom de sa fille, présentée comme une personne atteinte d’une maladie aux passants, aux fin de susciter un élan de solidarité agissante et titiller les fibres sentimentales des gens. Ces derniers, éprouvant de la compassion pour l’enfant, lui remettent des dons en nature ou en espèces.

Elle squatte un jour les parages d’une pharmacie aux Maristes, accroche une fonctionnaire de l’Onu à Dakar à l’entrée de l’officine pharmaceutique et lui demande de l’aide. À la vue de la fille, l’employée onusienne éprouve de la pitié pour elle, fouille dans son sac et remet 30 000 F à la maman. Ainsi, elle prend son numéro de téléphone et promet de le rappeler de temps à autre pour prendre des nouvelles de l’enfant. Elle câble plus tard la mère de la fille qui joue à fond la comédie, se lamente et dit craindre pour son enfant.

Très émue, l’employée onusienne, accompagné dans son véhicule, débarque au quartier de la jeune femme, la prend dans sa voiture avec sa fille « gravement malade » pour se rendre dans une clinique à Keur Massar. Mais, vu que la structure sanitaire est fermée, elle fait le tour d’autres centres hospitaliers, notamment l’Hôpital général de Grand Yoff, où la blouse blanche examine l’enfant et décèle une constipation chez la patiente, dont le coût du traitement s’élève à 60 000 FCfa. La bonne volonté donne le montant à la maman de la « malade » et promet de l’appeler au téléphone.

Mais devant les sempiternelles complaintes de celle-ci, elle sensibilise ses amies et crée un groupe WhatsApp, dénommé « Caisse sociale Yaye Mariste ». Des bonnes volontés se manifestent par des passages de réconfort moral et de prières pour la guérison de la « pathologie » de la petite. D’autres expriment leur désir de mettre la main à la poche. Mais, se heurtent à l’adresse exacte de la jeune femme pour lui apporter leur assistance matérielle et financière.

La maman de l’enfant « malade » s’attache les services d’une amie nommée Rokhaya C. et la présente aux différentes bonnes volontés comme médecin-major de l’hôpital de Fann. Cette dernière joue le jeu, prend souvent les appels téléphoniques en bons samaritains et traite directement avec eux. Elle reçoit les dons, prélève sa part, sous forme de dette à la jeune femme, et continue ses manœuvres. Et un jour, la fonctionnaire onusienne téléphonant la dame, tombe sur une fille et lui demande les nouvelles de sa sœur cadette de 8 ans « malade ». Mais, la demoiselle dément la « maladie » de sa frangine et interpelle la bonne dame, qui flaire une grosse escroquerie, soupçonne la mère de l’enfant et dépose une plainte contre elle, au commissariat de police de Yeumbeul. Les limiers entrent en action, introduisent la lettre-plainte et se lancent aux trousses des deux femmes escrocs présumés.

Apres localisation du domicile de la mère de l’enfant, à Bène Baraque, le Commissaire de police Ibrahima Diouf planifie une opération et active un de ses éléments qui se présente au téléphone comme une vielle connaissance et indique l’avoir perdu de vue. Le flic affirme avoir voyagé entre-temps et envoie 10 000 comme cadeau de retour de périple à la jeune femme qui, aimant par-dessus tout le fric, tombe dans le piège, saute de joie et remercie son bienfaiteur. Sans trop se mettre martel en tête avec des questions. Sachant que celle-ci, a mordu à l’hameçon. L’agent de police pour « l’achever », l’appelle au téléphone et lui demande de venir récupérer deux poulets à préparer pour diner. D’autant qu’il est fraichement rentré de voyage, la dame accepte sans arrière-pensée, localise le lieu de rencontre dans le marché de Bène Baraque et débarque. Mais, à la place de poulets de chair, elle reçoit une paire de menotte de flics embusqués qui l’embarquent pour l’acheminer au Commissariat.

La mise en cause reconnait sans difficulté toutes les charges et balance sa recherchée principale complice, Rokhaya C, le vrai faux médecin-major à Fann, avec qui il affirme partager les rôles de leur machiavélique plan. Sa famille l’a enfoncée davantage et l’a qualifiée de coutumière des faits. Elle devrait être présentée aujourd’hui, devant le procureur de la République du Plais de justice de Pikine/Guédiawaye pour association de malfaiteurs, escroquerie, usurpation de fonction et complicité pour sa complice Rokhaya C, recherchée.

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