Aujourd’hui, 12 juin 1880 : Rufisque est érigée en commune de plein exercice

HISTORIQUE DE RUFISQUE:

Une connaissance de l’origine de la ville de Rufisque s’avère difficile tant les versions sur sa découverte sont multiples. Faute d’un manque de source écrite on est tenté de se conformer à la tradition orale pour une meilleure connaissance des débuts de la ville de Rufisque. Plusieurs auteurs s’accordent à dire que Rufisque est un des plus anciens établissements lebou de la presqu’île du cap vert Alain Dubresson fixe ses début au XVIème voire XVème siècle.

La tradition orale nous renseigne que c’est de Kounoune une localité située à 4km au Nord de la ville actuelle que sont venus les fondateurs de Rufisque. Le site découvert par un chasseur qui avait suivi le marigot de Sangalkam aurait été défriché par quatre groupes familiaux, les Guèye, les Ndoye, les Ndop et les Mbengue (créateur de Ndunkou) qui s’établirent en bord de mer, au milieu dune clairière aménagée par le feu.

Cette version de Dubresson Alain est confrontée à une autre de Lexan Adrien Benga Ndiouga qui stipule qu’Omar Ndoye, habitant de Kounoune au Nord Ouest de Rufisque, traversant la foret autour de son village en compagnie de son chien, découvrit à perte de vue une grande étendue d’eau, la mer. Plus tard les habitants de Kounoune, Bargny, Yène descendirent du plateau pour venir s’installer au bord de la mer et fondèrent quatre villages Ndunkou, Thokho, Thiawlene et Dangou.

Une ressemblance se note à travers ces deux versions mais Alain Dubresson apporte plus de précision quant au début de Rufisque. Il nous affirme que cette clairière fut agrandi d’abord vers l’Est avec l’arrivé de Demba Diaw Djegal, premier chef de quartier de Thiawlene (et de Babacar Gueye fondateur de Mérina (certaines versions nous renseignent que c’est Tim ndoye

Benga Ndiouga Lexan Adrien. Pouvoir central et pouvoir local, la gestion municipale à l’épreuve .Rufisque.Senegal (1924-1964). (1995)

qui est le premier fondateur de mérina). Autour des noyaux de base vinrent s’agglomérer de nouveaux quartiers en particulier Diokoul (les derniers arrives).

Par plus de précision on est allé chercher d’autres significations dans l’étude de l’étymologie de Rufisque afin d’avoir une plus grande certitude sur les débuts de cette ville.

Quant au nom portugais l’historien R. Mauny propose au moins trois solutions: en premier lieu nous avons en portugais RIO FRESCO qui veut dire la rivière fraîche à cause de la rivière qui ceinturait la ville au XVIIème siècle, en second lieu nous avons le mot REFRESCO ou le rafraîchissement, le lieu d’escale qui est en totale contradiction avec le dernier vocable employé pour connaître l’origine de la ville de Rufisque, RIO FUSCO qui signifie la rivière noirâtre ou sale.

Les sources écrites faisant défaut, des discussions sur le nom autochtone «Têng Gêec» ou «Tin Guedj» c’est– à – dire les puits de la mer sont d’autres voies vers une connaissance des débuts de Rufisque. Pour certains le nom «Têng Gêcc» est une déformation maladroite du nom lébou «Tang Gêcc» ou «Tangue Guedj» c’est– à– dire la clairière défrichée par le feu au bord de la mer, le puits de la mer ou ceux qui jouxtent la mer.

Toutes ces versions ne sont que des tentatives d’explications qui ne nous disent pas plus sur les débuts de la ville car chacun n’ayant pour support que la tradition orale qui peut être manipulée, transformée selon les intérêts du groupe qui la détient et la transmet.

D’une manière générale son nom d’origine portugaise laisse croire que ce sont eux qui sont les premiers à s’établir sur le site de Rufisque comme en témoignent les écrits de bon nombre d’auteurs du XVIIème siècle, puis par les hollandais et enfin les français qui ont été les véritables artisans de l’essor de la ville.

Ce n’est que dans les textes du XVIème siècle que Rufisque est régulièrement citée comme comptoir commercial .Pour Benga Ndiouga Lexan Adrien10« il faut attendre 1588, alors que la cote est connue des 1444–1445 ,pour voir mentionner Rufisque pour la première fois dans une patente de la reine ELISABETH d’Angleterre .Elle accorde à certains marchands le privilège d’aller à la rivière de Gambie, à la ville de Barzaquiche (Gorée) située près du Cap vert sur la cote de Rufisco–viejo ou Rufisque, à Palmarin, à Portudal et à Joala ,et enfin à Gambia».

La renommée de Rufisque s’est faite surtout grâce au commerce de l’arachide, dotant ainsi la ville d’un port avec trois wharfs de débarquement pour l’acheminent des marchandises vers l’Europe et l’Afrique.

Un des centres d’intérêt de l’administration coloniale, Rufisque, de par sa position géographique très stratégique, va jouer un rôle déterminant sous les colons. Prise d’abord par les Portugais, ensuite par les Hollandais et enfin par les Français, Rufisque a une histoire jalonnée d’évènements d’une importance capitale. Cependant, c’est sous l’Empire colonial français qu’elle connaîtra un essor fulgurant. Sa position de zone de transit explique son érection en commune de plein exercice, bien avant même la commune de Dakar, aujourd’hui 12 juin 1880.

« A la fin du XVIème siècle déjà Rufisque était considérée comme une agence commerciale mais ce n’est qu’ à partir du XIXème siècle que la ville s’engage dans une dynamique de développement économique .

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