COOPERATION – Musée des civilisations noires – Académie des Beaux-arts de Shanghai : Un pont culturel pour le développement des campagnes

Le Musée des civilisations noires, en coopération avec l’Académie des Beaux-arts de Shanghai, initie un échange culturel sur le développement des campagnes.

Un vernissage documentaire, prévu jeudi dernier, constitue le premier acte de la coopération culturelle entre le Musée des civilisations noires et l’Académie des Beaux-arts de Shanghai. Un pont qui relie les Peuples sénégalais et chinois. En effet, cette rencontre d’échange dans le cadre culturel est le défi commun que le Musée des civilisations noires et l’Académie des Beaux-arts de Shanghai veulent relever. Ces échanges portent aussi sur un modèle de développement, à travers des villages pilotes qui sont à la lisière de Dakar.
En plus de l’exposé sous forme documentaire, de vidéo, texte… des œuvres qui exposent sur la problématique de l’exode rural et les mutations de la campagne sous l’influence de centres ur­bains. Mais aussi la création de modèles de développement qui favorisent le renversement de la direction des flux migratoires.
Il y a une documentation sur les lieux qui, culturellement, sont représentatifs de la culture et des mutations dont ces bourgs constituent un témoin. Sur un parcours de plus de 500 photos, 27 vidéos et 18 cas. En plus des œuvres de la Chine, Makhtar Ndour, un artiste sénégalais, exposera de manière illustrative une vingtaine de photos et une vidéo.
Le changement voire la transformation et le développement des campagnes motive cette initiative chinoise. Pourquoi le développement des campagnes ? «40% des populations chinoises vivent en campagne. On doit donc prendre en compte ces populations dans nos œuvres», rétorque la commissaire de l’expo, Su Ouyang. Elle ajoute : «La focalisation qui était faite sur les villes change de paradigme et le vecteur de sens, la campagne est de plus en plus attrayante.»
Pourquoi le choix est porté sur le Sénégal ? Une délégation chinoise qui était venue il y a deux ans de cela dans le cadre de la Biennale de l’art contemporain de Dakar et la ressemblance entre l’exode rural noté au Sénégal et celui qui prévaut en Chine. Il y a aussi le fait que Dakar est une place de choix pour des initiatives culturelles du genre. Pour ce faire, l’accent est mis sur cinq aspects : l’histoire et la civilisation, c’est-à-dire le patrimoine et l’héritage, le changement dans les relations sociales et les mutations sous l’influence des centres urbains, l’aspect économique dans ce changement de paradigme et la revitalisation des savoir-faire endogènes, les changements dans le rapport de la famille, la spiritualité et la transcendance et enfin la diversité culturelle.
Comment aider les êtres humains à vivre mieux ? Une réponse de l’art a, en ce sens, une mission sociale qui surfe sur son aspect esthétique. Duan Yong, directeur des Beaux-arts de Shanghai, d’ajouter. «Ce lien est stratégique. Le Musée des civilisations noires est une plateforme de la civilisation africaine qui ouvre plusieurs portes dans le cadre d’échanges culturels. Nous avons des similitudes sur la valorisation de la culture et la protection de nos héritages historiques, notamment sur le plan académique, développer des programmes d’échanges.»
La partie chinoise prône également plus d’échanges d’étudiants dans le cadre de la protection du patrimoine culturel et la digitalisation et les échanges entre experts des deux Nations et la sauvegarde du patrimoine. Hamady Bochum, directeur du Musée des civilisations noires, de clore : «Nous avons un grand besoin de formation pour nos agents et personnel. La Chine constitue un modèle ayant tracé sa propre voie de l’émergence ancrée dans sa culture.»

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