France : L’enseignant sénégalais menacé d’exclusion, provisoirement rassuré

Bien que provisoire, c’est un dénouement heureux pour Moustapha Gueye. Ce professeur de physique-chimie sénégalais de 32 ans, recruté par le rectorat et enseignant depuis deux ans à Montpellier (sud de la France) avait reçu une obligation de quitter le territoire sous 30 jours, le 14 septembre dernier. Décision finalement annulée.

La préfecture de l’Hérault a annulé ce lundi 14 octobre, cette obligation de quitter le territoire français (OQTF), et lui a octroyé un nouveau titre de séjour correspondant à la durée de son contrat. Pour soutenir Moustapha Gueye, ses collègues des collèges Gérard Philipe et Arthur Rimbaud de Montpellier se sont mobilisés en rédigeant une pétition et en faisant grève.

Demande de naturalisation

Moustapha Gueye est sorti de la préfecture soulagé, conscient que sa victoire n’est qu’une nouvelle étape dans son parcours d’enseignant étranger exerçant en France.

« Je m’attendais à plus » a-t-il reconnu. « J’espérais recevoir une carte de résident, mais ils m’ont donné une carte de séjour d’un an valable jusqu’à la fin de mon contrat, c’est-à-dire jusqu’au 31 août 2020. Après, je vais faire un renouvellement, comme d’habitude. Car à la fin de chaque contrat il faut aller à la préfecture et faire des démarches afin d’obtenir un nouveau titre de séjour », a-t-il ajouté.

Les visites de Moustapha Gueye à la préfecture risquent de continuer, à moins que sa demande de naturalisation soit rapidement acceptée. Il l’avait déposée avant de recevoir le papier l’obligeant à quitter le territoire français. Selon la préfecture de l’Hérault cette requête a déjà été envoyée eu ministère de l’Intérieur avec un avis favorable. La réponse devrait arriver en principe d’ici 8 mois.

Un rassemblement a été organisé devant la préfecture de Montpellier, dont une délégation a été reçue par le préfet, comme l’a écrit que Twitter la députée Muriel Ressiguier.

Un cas loin d’être isolé

Selon le comité qui soutient Moustapha Gueye, sa situation est symptomatique des difficultés des enseignants étrangers contractuels, salariés de l’Éducation nationale, toujours en attente d’un renouvellement de leur titre de séjour. Le comité demande qu’une carte de résident de 10 ans leur soit délivrée ou bien qu’ils soient naturalisés.

Dans le cas de Moustapha Gueye, la préfecture de l’Hérault avait dans un premier temps motivé la décision d’expulsion par le fait que le métier de professeur de physique-chimie ne relevait pas de la liste, élaborée en 2006, des métiers accessibles aux ressortissants sénégalais.

Le rectorat de Montpellier de son côté évoquait le manque d’enseignants titulaires dans « des disciplines en tension », dont la physique-chimie fait partie.

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