Henriette Niang, son frère et leur mère Fatou Niang grugent près 200 étudiants de 150 millions et risquent entre 5 et 4 ans, Henriette prenait l’argent des étudiants pour son propre business

5 ans de prison ferme, c’est la peine que risque Henriette Niang qui, en compagnie de sa mère, Fatou Niang et son frère El Hadji Ibrahima Noel Niang, avait créé la société fictive Afup Canada Sénégal dans le but de convoyer plus de 200 étudiants sénégalais au Canada pour des études supérieures. Ils comparaissaient devant la barre du tribunal correctionnel de Dakar pour association de malfaiteurs, escroquerie, complicité d’escroquerie, faux en informatique, complicité de ce chef, blanchiment de capitaux et complicité de ce chef, le tout portant sur 150 millions. La mère et le frère Niang et leurs acolytes Ibrahima Ndiaye et Gabriel Faye encourent 4 ans de prison ferme. Le délibéré sera rendu le 11 avril prochain.

Certains jeunes Sénégalais obnubilés par une inscription à l’étranger naviguent sur internet afin d’y retrouver des informations sur des universités. C’est le cas de ces plus de 200 étudiants qui ont été «abusés» par «l’instigatrice» Henriette Niang. C’est une véritable «entreprise familiale délictuelle», que cette dernière a mise en place en complicité avec sa mère Fatou Niang, son frère El Hadji Ibrahima Noel Niang et les nommés Ibrahima Ndiaye et Gabriel Faye, pour arnaquer beaucoup d’étudiants sénégalais désireux de continuer leurs études au Canada après l’obtention du baccalauréat. Ces victimes ont reçu un coup de massue lorsqu’ils ont su qu’ils ont été roulés dans la farine. En effet, c’est le «cerveau» de cette affaire, Henriette Niang, établie au Canada, qui, pour ferrer ses victimes, a créé en 2014 la plateforme Afup Canada Sénégal, visant, selon elle, à chercher des bourses aux étudiants désirant poursuivre leurs études au Canada. C’est ainsi qu’elle a pris sa mère, Fatou Niang, comme gestionnaire des fonds et cette dernière, après avoir reçu les sommes des victimes, les reversait à sa fille. Toujours pour la gestion de leur entreprise, il a nommé son frère El Hadji Ibrahima Noel Niang, directeur des solutions financières, Ibrahima Ndiaye comme agent de terrain, ensuite comme directeur de recrutement et animateur de séminaire qui formait les étudiants ; et Gabriel Faye comme agent de recrutement.
Pour se faire connaître, la plateforme Afup Canada a fait de la publicité dans les réseaux sociaux, ainsi que devant les locaux de Fatou Niang par une affiche. Ainsi, chaque étudiant qui désirait adhérer à cette plateforme devait remettre 500.000 F, avec la promesse de bénéficier d’une bourse d’études. Et si leurs demandes n’étaient pas agréées, Henriette leur avait assuré un remboursement intégral de la somme versée.

Henriette Niang prenait l’argent des étudiants pour son business propre

Hélas, c’était de l’escroquerie pure et simple. Henriette proposait le remboursement des 50% du montant cautionné. Ce qu’ils ont catégoriquement refusé. C’est dans ces circonstances qu’ils ont déposé plainte au niveau de la Division des investigations criminelles. Lors de l’enquête, la Division de la cybercriminalité constate que l’adresse de la plate-forme n’existe même pas. Pis, le siège d’Afup Canada mentionné n’existe pas parce qu’en réalité, il s’agit d’une station d’essence basée au Canada. Mieux encore, Afup Canada n’a ni compte bancaire, ni de registre de commerce et l’argent des victimes est reversé à la personne physique Henriette Niang. Très téméraire c’est avec cet argent amassé qu’elle a créé deux autres sociétés dont l’une vend des véhicules. Ainsi, elle avait acheté 8 véhicules dont les 4 ont été saisis ainsi que son compte bancaire de même que l’agence multiservice de sa mère. Pour sa part, après avoir quitté Henriette, suite à un différend, Ibrahima Ndiaye avait pour son compte créé une société dénommée «Études Canada», comme celle d’Henriette, avec en sa possession un véhicule. Pour ce dernier qui a aussi fait des victimes, il y a une plainte pendante à son encontre.
Par ailleurs, les réquisitions qui ont été menées auprès de la banque BHS ont montré qu’une somme colossale de 150 millions a été encaissée entre 2014 et 2018 (4 ans) par Fatou Niang, la mère d’Henriette. Arrêtés et inculpés pour association de malfaiteurs, escroquerie, complicité d’escroquerie, faux en informatique, complicité de ce chef, blanchiment de capitaux et complicité de ce chef, Henriette Niang, sa mère Fatou Niang, son grand-frère El Hadji Ibrahima Noel Niang, Ibrahima Ndiaye et Gabriel Faye ont été renvoyés, hier, devant le tribunal correctionnel de Dakar après sept mois de détention préventive.

Tous les prévenus dégagent en touche

Devant la barre hier, ils ont tout botté en touche.Henriette Niang de soutenir: «c’est moi qui ai créé la plate-forme et en 4 ans d’existence nous avons eu 221 étudiants qui ont bénéficié des bourses», s’est-elle justifiée. Lorsque l’avocat de la partie civile, Alioune Badara Fall, lui a demandé de prouver l’existence de sa société Afup Canada, elle a soutenu qu’elle détenait les preuves de la création de la plate-forme qui, selon elle, sont dans son ordinateur. Pour sa part, le prévenu Ibrahima Ndiaye a confirmé qu’il était chargé d’animer un séminaire sur la procédure en amont et en aval. Toutefois, il a contesté avoir contacté au téléphone, la représentante des étudiants grugés, Thérèse Kane, présente à la barre. Pour le véhicule dont il disposait, il a dit qu’elle appartenait à Henriette Niang. Pourtant, le frère de Henriette, El Hadji Ibrahima Noël Niang, entendu à l’enquête, dit que c’est Ibrahima Ndiaye qui recevait les montants reversés par les victimes. A son tour, Gabriel Faye a déclaré que son rôle consistait à recruter des candidats au voyage, mais qu’il a été licencié pour insuffisance de rendement.
Quant à la mère de Henriette Niang, Fatou Niang, elle a indiqué que les 50.000 F en ce qui concerne les frais de dossier des étudiants sont perçus par le secrétaire Mme Diop, mais c’est elle qui recevait les reliquats de 450.000 de la part des étudiants. Elle a même enfoncé sa fille, car elle a avoué que les 4 véhicules qui ont été saisis par la police lui appartiennent. Tout de même, elle a jugé n’avoir pas en aucun cas touché l’argent de Afup Canada. Le grand-frère, El Hadji Ibrahima Noël Niang, a affirmé qu’il coordonnait les tâches des téléopérateurs qui contactaient les étudiants à travers leur plate-forme. En outre, il a expliqué au juge qu’il percevait un salaire mensuel de 150.000 F.

Thérèse Kane, victime, enfonce les prévenus

Malgré leurs contestations, la représentante des victimes, l’étudiante Thérèse Kane, a soutenu que c’est Ibrahima Ndiaye qui leur faisait le séminaire. Sur le formulaire qui leur a été fourni, dit-elle, il y avait une offre convaincante. «On nous avait demandé de donner 50.000 à la secrétaire Mme Diop pour le compte d’Afup Canada qu’abrite l’immeuble Ferdinand Coly. Aussi, on a donné 500.000 F à la directrice des comptes, Fatou Niang. La promesse, c’était des bourses d’études au Canada. Je n’ai pas obtenu de bourse et je ne connais personne qui en a bénéficié. On ne m’a pas remboursé mon argent depuis septembre 2016. Ils ne nous ont proposé des remboursement à hauteur de 50% des sommes versées», révèle la victime.

L’avocat des 188 victimes réclame 1.500.000 par étudiant floué

Constitué pour défendre les intérêts des victimes, Me Alioune Badara Fall, qui estime que c’est une affaire qui ne devait pas se passer dans un pays comme le Sénégal, a aussi relevé que c’est une affaire qui réunit une famille. Sur ce, précise-t-il, c’est par leurs manoeuvres qu’ils ont soutiré plus de 150 millions à ses braves étudiants. «C’était une famille qui était dans l’opulence. Les manœuvres frauduleuses sont constantes et ils en ont fait usage. Il n’y a de partenariat avec aucune université canadienne. C’est malhonnête ce qu’ils ont fait. Les victimes sont plus de 200, s’ils disent avoir fait voyager 221, c’est faux. La liste des victimes est de 188. Vous les condamnerez à payer chacun des victimes la somme de 1.500.000 F. Le juge instructeur avait pris des mesures conservatoires sur les véhicules et les comptes bancaires. Je sollicite leur saisie définitive pour que les victimes recouvrent leurs sommes», plaide Me Fall.
Me Arona Bass, qui a plaidé avec émotion, de marteler que pour les manœuvres, il y en a à foison. Me Babacar Mbaye, qui a plaidé pour Binta Guèye, a réclamé 2 millions de dommages pour sa cliente. Le procureur, qui estime que les faits sont constants, a requis 5 ans de prison ferme pour Henriette Niang et 4 ans ferme pour sa mère Fatou Niang, son grand-frère El Hadji Ibrahima Noel Niang, Ibrahima Ndiaye et Gabriel Faye. «C’est des faits très graves et ils sont des prévenus d’une dangerosité nuisible», peste le parquet.

Gabriel Faye pleure à chaudes larmes au tribunal et bénéficie d’une liberté provisoire

Pour la défense de Gabriel Faye, Me Sène a confié qu’il était frustré sur la présence de son client à la barre, puisque c’est le 8 août 2018 qu’il a été placé sous mandat de dépôt, contrairement aux autres qui ont été placé le 7. «Il me semble que même le procureur l’a oublié dans les débats. Il a toujours été constant jusqu’à aujourd’hui parce qu’il vous a dit qu’il avait un travail. Et il a été licencié pour insuffisance de rendement. Et il n’a jamais été dit qu’il a reçu un quelconque montant dans cette affaire. On ne peut pas lui reprocher d’avoir travaillé pour une société fictive. Il est le maillon le plus faible de la chaîne et il n’a pas été mêlé à cette affaire. Il a souffert dans sa chair pour avoir servi dans une société en un temps T», peste l’avocat devant son client qui a pleuré à chaudes larmes. Ce dernier a bénéficié d’une liberté provisoire. Ses confrères, Mes El Hadji Malick Bass, Bassirou Ngom, Ndiack Ba et Cie ont plaidé la relaxe des autres prévenus. Le délibéré est fixé au 11 avril 2019.

Fatou D. DIONE

jotaay.net

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