La procureure de la CPI fait appel de l’acquittement de Laurent Gbagbo

La procureure de la Cour pénale internationale (CPI) a fait appel lundi contre l’acquittement de crimes contre l’humanité prononcé en janvier à l’encontre de l’ancien président ivoirien Laurent Gbagbo et de l’un de ses proches, Charles Blé Goudé.

« L’appel démontrera que la chambre de première instance a commis des erreurs de droit et de procédure qui ont abouti à l’acquittement de M. Gbagbo et de M. Blé Goudé pour tous les chefs d’accusation », a déclaré dans un communiqué le bureau de la procureure, Fatou Bensouda.

Le président Alassane Ouattara, à droite, salue la princesse Astrid de Belgique, au centre, et le vice premier-ministre et chef de la diplomatie belge, Didier Reynders, à gauche, au Palais de la présidence de la république, à Abidjan, Côte d’Ivoire, 25 octobre 2017

Liberté conditionnelle en Belgique pour l’ex-président ivoirien Gbagbo
Laurent Gbagbo a été reconnu non coupable de crimes contre l’humanité commis en 2010 et 2011 au cours des violences post-électorales en Côte d’Ivoire, et libéré en février sous conditions.

Les juges ont acquitté les deux hommes « sans formuler correctement et sans appliquer de manière cohérente une norme de preuve clairement définie », a déclaré Mme Bensouda.

La Belgique avait accepté d’accueillir Laurent Gbagbo, 73 ans, libéré en février. Il est actuellement en liberté conditionnelle à Bruxelles en attendant un éventuel procès en appel. Blé Goudé vit aux Pays-Bas dans des conditions similaires.

Maintenu en détention pendant plus de sept ans, Laurent Gbagbo était jugé pour des crimes commis pendant la crise de 2010-2011, née de son refus de céder le pouvoir à son rival, l’actuel président ivoirien Alassane Ouattara. Les violences avaient fait plus de 3.000 morts en cinq mois.

Un partisan de la coalition d’opposition Ensemble pour la démocratie et la souveraineté (EDS), coalition des groupes de la société civile et du Parti populaire ivoirien, parti de l’ancien président Laurent Gbagbo, lors d’un rassemblement à Yopougon, Abidj

De la crise électorale à la libération sous conditions de Gbagbo
Il avait été arrêté en avril 2011 par les forces du président Ouattara, soutenues par l’ONU et la France. Il est le premier ancien chef d’Etat à avoir été remis directement à la CPI.

MM. Gbagbo et Blé Goudé étaient accusés de quatre chefs de crimes contre l’humanité: meurtres, viols, persécutions et autres actes inhumains, pour lesquels ils ont toujours plaidé non coupable.

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.