Les six cinéastes sénégalais en compétition au FESPACO 2019

Parmi les six cinéastes sénégalais en compétition officielle à la 26e édition du Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (FESPACO) qui s’ouvre samedi prochain, quatre participent pour la première fois à cette biennale du cinéma africain et deux sont des habitués.

Il s’agit, pour les “novices”, des réalisateurs Lobé Ndiaye avec son film “Femme lionne”, Khadidiatou Sow, avec “Une place dans l’avion”, Mor Talla Kandji, de “Ordur” et Katy Léna Ndiaye avec “On a le temps pour nous”. Leurs films seront en compétition officielle dans les différentes catégories en lice.

Réalisatrice à la Radio télévision sénégalaise (RTS), Lobé Ndiaye dit appréhender “sereinement” cette première participation pour “défendre les couleurs du Sénégal”. “Nous y allons pour avoir le maximum de contacts, faire connaitre nos films”, indique t-elle.

“Femme lionne”, le court métrage de Lobé Ndiaye dresse de portrait de l’inspectrice de l’éducation Andrée-Marie Diagne Bonané, qualifiée de “militante du maintien des filles à l’école”.

“C’est une femme multiple d’origine burkinabé et qui a vécu 40 ans au Sénégal. Elle travaille infatigablement pour le maintien des filles à l’école”, explique la réalisatrice dont le film est une coproduction entre le Conseil international des radios-télévisions d’expression française (CIRTEF) et la RTS.

A travers sa protagoniste, Lobé Ndiaye dit montrer à l’écran “la combativité de la femme et toutes celles qui militent pour la place de la femme dans la société”, dit-elle.

Sa collègue Katy Léna Ndiaye, réalisatrice du long métrage documentaire “On a le temps pour nous”, met à l’écran le militantisme d’une génération à travers le rappeur burkinabé Smokey, membre du “Balai citoyen” ayant participé activement à la fin du règne de l’ancien président Blaise Compaoré, en 2014.

Ainsi pour sa première participation, la réalisatrice sénégalaise qui vit en Belgique présente son film en avant-première au FESPACO. Katy Léna Ndiaye, documentaliste qui a à son actif deux films “Traces empreintes de femmes” et “En attendant les hommes” est journaliste de formation et présentatrice, de 2000 à 2018, des émissions “Reflets sud et Afrique plurielle” sur “Tv5 Monde” et la Radio Télévision Belge française.

Le Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou qui célèbre son cinquantenaire cette année sera “une grande porte” qui s’ouvre pour le jeune réalisateur Mor Talla Kandji qui y va pour la première fois, mais selon lui “pas dans un esprit de compétitivité”.

“Je suis très content que mon film soit sélectionné, c’est mon premier film et, vu le grand succès du festival, je ne peux qu’être fier d’y participer”, confie Mor Talla Kandji dont le film “Ordur” rend hommage à une catégorie de personnes dans la société sénégalaise.

“C’est un film sur la rencontre entre deux personnes, Kader, interprété par Ibrahima Mbaye qui a tout perdu et, Gnilane, avec Ndèye Fatou Cissé (tous deux comédiens à Sorano), une habitante de la décharge de Mbeubeuss”, raconte le réalisateur.

Qui dénonce ce regard souvent “négatif” posé sur ceux que Djibril Diop Mambety appelé “les petits gens”.

La dernière des novices, Khadidiatou Sow, réalisatrice du court métrage fiction “Une place dans l’avion” qui a remporté pas mal de prix dans le monde. Elle compte, dit-elle, profiter du FESPACO “pour voir le maximum de films africains”. Son film traite “avec humour” la question de l’émigration au Sénégal et sur le continent africain de manière générale.

Les deux autres cinéastes en compétition officielle dans les catégories court métrage fiction, Angèle Diabang, pour “Sur un air de kora” et Cheikh Diallo avec sa série “Garmi”, sont des “habitués” du FESPACO.

Angèle Diabang a déjà fait plusieurs biennales avec ses films comme “Sénégalaises et Islam”, en 2007 en hors compétition, le documentaire sur le docteur Denis Mukwébé dénommé “Congo, un médecin pour sauver les femmes en 2015”, etc.

Pour cette présente édition, Angèle Diabang qui a reçu lundi le drapeau national des mains du directeur de la cinématographie, Hugues Diaz au nom de tous les cinéastes en compétition, dit être “fière de représenter le Sénégal dans cette compétition du FESPACO”.

“Nous y allons dans la solidarité, la confiance, une force. On est honoré de suivre les pas d’Alain Gomis, de Djibril Diop Mambety, de Sembène Ousmane, tous ces grands cinéastes sénégalais”, souligne-t-elle.

Son film “Un air de kora”, réalisé en fin 2017 avec les comédiens principaux Roger Salah qui joue aujourd’hui dans la série “Pod et Marichou” et Amie Hélène Sambou, raconte une relation d’amour “impossible” entre une fille de confession musulmane et un homme de religion catholique réunis grâce à la kora.

Le film “Garmi” qui représente le Sénégal dans la catégorie séries télévisuelles permet au réalisateur Cheikh Diallo de revenir au FESPACO après une première participation en 2017 avec son film “Kennen, l’autre”, en hors compétition.

“C’est une fierté pour nous d’y participer avec cette série que nous avons mis trois ans à produire. Je suis très fier d’y aller une deuxième fois consécutive, cela veut dire qu’il faut continuer à travailler dur, car l’effort finit toujours par payer”, fait-il valoir.

La série “Garmi” de 26 épisodes de 26 minutes renvoie à une classe sociale “noble” qui vit au 21e siècle avec ses codes, ses habitudes et surtout ses interdits malgré les influences.

Cheikh Diallo y traite “la nature humaine qui échappe au rang social”. Lors de la compétition, trois épisodes seront projetées.

Le film a bénéficié du fonds de promotion de l’industrie cinématographique et audiovisuel (FOPICA) à hauteur de 25 millions de francs CFA. On y retrouve de grands comédiens notamment Souleymane Cissé, Ibrahima Mbaye, etc, du Théâtre national Daniel Sorano.

Lors du dernier FESPACO, en 2017, le Sénégal avait remporté l’Etalon d’or de Yennenga avec le film “Félicité” d’Alain Gomis, le premier prix documentaire avec le film “Kemtiyu Seex Anta” d’Ousmane William Mbaye et “Tundu Wundu” d’Abdoulahad Wone meilleure série TV.

Le Festival panafricain de cinéma et de la télévision de Ouagadougou prévu du 23 février au 2 mars prochain célèbre son cinquantenaire.

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