Pour la réalisation rapide des infrastructures : Macky presse le privé

Le chef de l’Etat a toujours été très volontariste dans la conduite de ses travaux, et il l’a encore indiqué hier. Invitant les opérateurs privés à venir investir dans les nombreux projets présentés par le Pse 2, Macky Sall a clairement fait comprendre que ne trouveraient grâce à ses yeux que les projets qui aboutiraient rapidement. Il n’a toutefois pas occulté les difficultés qui pourraient se présenter aux différents investisseurs.

Une fois l’argent public de ses projets assuré, Macky Sall veut se mettre très rapidement au travail. Et il veut des résultats le plus vite possible. Hier, lors du Forum des investisseurs privés qui s’est tenu à la suite du Groupe consultatif des bailleurs de fonds, le président de la République, en voulant encourager les opérateurs privés à venir investir au pays, a néanmoins déploré les lenteurs que prend l’exécution des certains projets d’infrastructures. Et il a indiqué que dorénavant, les travaux d’infrastructures devraient se faire «dans le mode de fast tract», à savoir à un rythme accéléré. Il a illustré son propos avec l’exemple de l’Université Ahmadou Makhtar Mbow de Diamniadio dont le chantier, confié à un entrepreneur africain, semble faire du surplace. Le chef de l’Etat a déclaré : «Il faudrait que nous nous accordions avec le secteur privé sur la nécessité d’engager les travaux dans le mode fast tract. L’Afrique n’a pas de temps à perdre. On est obligé de travailler. Et donc, les chantiers doivent être bouclés au maximum sur deux ans. Il faut que les gens s’adaptent dans cette phase, car nous devons pouvoir réceptionner tout cela et avec de la qualité». Il ajoutera, sous forme de mise en garde, qu’«il faudra que le privé se mette dans ce registre qui nous a permis de faire ce que l’on a fait jusque-là».
On se rappelle que la société civile, notamment le Forum civil, s’était longtemps insurgée contre ce qu’elle considérait comme la propension du pouvoir de Macky Sall à contourner le Code des marchés publics dans les grands travaux qu’il lançait. De son côté, le pouvoir n’a jamais caché que parfois ce code est trop tatillon et ne permet pas l’exécution rapide de certains projets. Toutefois, il est important de souligner que le retard pris par le chantier de l’Université Ahmadou Makhtar Mbow se justifie par d’autres raisons. Prenant exemple sur les autres chantiers de son régime, notamment le Train express régional qui va être couplé avec le Bus rapid transport (Brt), ainsi que le Dakar Arena, le Cicad et d’autres élévations qui embellissent le pôle de Diamniadio, le Président Sall a souligné que «la particularité de tous ces projets, c’est que nous les avons réalisés en mode fast track. Donc, ceux qui ne peuvent pas faire le fast track peuvent s’abstenir, le temps que nous puissions avancer».
Macky Sall s’adressait à près de 800 hommes d’affaires et investisseurs potentiels, sénégalais et étrangers, venus voir les opportunités de réaliser des affaires au Sénégal. S’il a vanté les avantages du pays, le chef de l’Etat n’a pas non plus occulté les problèmes. «Nous sommes en quête d’émergence et nous voulons avancer sans perte de temps… Pour cela, l’Adminis­tration aussi doit être réformée, parce que l’on perd trop de temps dans des formalités pour chercher à obtenir des autorisations de ceci ou de cela». Pour y faire face, il a pris sur lui «d’engager la dématérialisation des procédures pour ce qui concerne les permis de construire et autres. Beaucoup a été fait par l’Apix et le ministère des Investissements, mais beaucoup reste encore à faire, autrement personne n’aurait besoin de solliciter le Président pour obtenir telle ou telle autorisation».

Paiement de taxes
Montrant que le Sénégal devient de plus en plus un pays minéralier, où l’on trouve entre autres de l’or, de l’ilménite, du titane, du phosphate ou du ciment, Macky Sall indique que ces exploitations extractives devraient avoir un impact positif dans l’amélioration de la vie des populations. Ainsi, parlant de l’industrie du ciment, le chef de l’Etat a expliqué qu’il était temps que ce secteur accepte enfin de s’acquitter de ses devoirs fiscaux : «J’ai dit à nos amis cimentiers qu’ils mènent une activité industrielle. Au-delà du Code minier, il faut qu’ils acceptent de payer des taxes, car un Etat vit de taxes.» Conscient que dans une réunion avec le secteur privé le mot «taxe» est tabou, il a néanmoins ajouté : «Il faut que l’on se parle aussi franchement. On ne peut pas avoir un secteur commercial aussi important que le ciment qui ne paie pas des impôts sur son activité. Nous avons des engagements très forts pour l’emploi des jeunes, la sécurité ; nous sommes dans une zone sahélienne… Il faut donc que l’activité économique paie les impôts là où la richesse est créée.»
Dans ce face-à-face avec le secteur privé local et international, Macky Sall, en voulant «vendre» le pays, n’a pas caché les difficultés et les défis auxquels son régime était en butte. Parlant du tourisme, il a déploré le fait qu’à Dakar «on n’a pas d’hôtel 5 étoiles qui soit opérationnel. Donc en matière d’hôtellerie, nous avons de gros besoins». Une manière de dire que le pays était ouvert à tout investisseur sérieux qui serait vraiment décidé à mettre ses billes dans un pays stable politiquement, aux institutions solides, et qui rassemble petit à petit tous les moyens de son émergence, car il ne l’a pas caché, l’émergence ne viendra que lorsque le secteur privé national et international prendra le pas sur les pouvoirs publics en matière d’investissement.

Le privé national prêt à se lancer
Un appel, semble-t-il, déjà entendu par une bonne partie du secteur privé national qui était fortement représenté. Ainsi, le président du Conseil national du patronat, Baïdy Agne, a déclaré, en réponse au président de la République, que «ce Forum nous offre l’opportunité d’impulser une dynamique de partenariat d’affaires pour une gestion efficiente du ‘’Local content challenges in oil & gas industry’’ dans les secteurs de l’assurance, du transport-logistique et d’autres activités connexes. Il est bon de souligner que des conglomérats de privés sénégalais se sont d’ores et déjà constitués». Et il faudrait croire qu’ils ne manqueront pas de capitaux, si l’on se fie à M. Bocar Sy, président de l’Asso­ciation professionnelle des banques et établissements financiers, qui a souligné que les banquiers nationaux n’ont jamais hésité à accompagner le privé qui s’est engagé dans des projets de Diamniadio, un accompagnement qui a dépassé les 60 milliards de francs Cfa dans les deux dernières années.

lequotidien

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