Revue de presse Afrique

A la Une: tour de chauffe en Côte d’Ivoire
« RHDP, PDCI, qui pèse quoi ? », s’interrogeait samedi Fraternité Matin à Abidjan, à l’occasion des municipales et des régionales qui avaient lieu ce jour. Un double scrutin en forme de test politique pour les deux formations, désormais rivales. Une confrontation inédite, notait encore Frat’ Mat’, « entre le plus vieux parti du pays et la formation politique la plus jeune. Jusque-là, le PDCI affrontait les élections locales avec ses ‘frères’ de l’alliance. C’est la première fois depuis 2010 que le parti d’Henri Konan Bédié fait cavalier seul. Pour lui, donc, c’est un véritable test. Avec face à lui, des candidats indépendants mais surtout l’adversité de ses anciens alliés, aujourd’hui au RHDP unifié. »

Ce lundi, s’exclame L’Intelligent, toujours à Abidjan, « la pesée a eu lieu et on sait qui est qui. Voici le poids des uns et des autres. »

D’après des résultats encore partiels qui portent sur environ la moitié des communes et des régions, « le RHDP, affirme L’Intelligent, a remporté la bataille sur le PDCI dans plusieurs circonscriptions du pays. Dans le district d’Abidjan, à l’exception de Treichville, Anyama et Bingerville, il y a eu bataille entre le RHDP et le PDCI dans toutes les communes. Bataille remportée par le RHDP. Certes on ne connaît les résultats officiels que pour la seule commune de Cocody, tombée dans les mains du PDCI, mais selon les premières tendances, le RHDP est en première position à Abobo, Adjamé, Attécoubé, Koumassi, Yopougon. Les cas du Plateau, de Port-Bouët et de Marcory étant encore litigieux. (…) Dans l’ensemble, résume L’Intelligent, au niveau des municipales, le RHDP revendique 98 communes et une trentaine d’indépendants, qui pourraient revenir à la maison. Les indépendants seraient au total vainqueurs de 50 sièges. Le PDCI remporte 44 communes, contre près de 80 municipalités en 2013. S’agissant des régionales, le RHDP revendique 21 régions. »

Scrutins test

En tout cas, ces élections municipales et régionales ivoiriennes avaient valeur de test avant le rendez-vous majeur de 2020, à savoir la présidentielle…

C’était en quelque sorte « un tour de chauffe », expression largement utilisée par les journaux ce matin. « Cela, pointe Le Monde Afrique, les états-majors de feue la coalition au pouvoir qui a éclaté en août, notamment le RDR, le Rassemblement des républicains, du président Alassane Ouattara, et le PDCI, le Parti démocratique de Côte d’Ivoire, de l’ancien chef de l’Etat Henri Konan Bédié, l’ont bien compris. Qui pèse quoi, aujourd’hui, auprès des 6,5 millions d’électeurs attendus aux urnes ? Lequel des deux ex-alliés, après presque huit ans au pouvoir ensemble, arrivera à mobiliser ses électeurs et où ? ».

La réponse n’est pas encore complète donc. On attend les résultats définitifs, même si, pour l’instant, le RHDP arrive en tête, tous scrutins confondus, devant les indépendants et le PDCI.

Ça se bouscule pour 2020…

Toujours est-il « qu’on peut dire que la fin du mandat d’Alassane Ouattara ne sera pas une partie de plaisir, relève pour sa part Le Pays au Burkina, et la prochaine élection présidentielle risque d’être lourde de dangers pour son parti unifié et pour la Côte d’Ivoire tout entière. » En effet, pour le quotidien ouagalais, « une vaste coalition ‘tout sauf le RHDP unifié’, regroupant le PDCI, les déçus du RDR, le FPI tendance Pascal Affi Nguessan, les indépendants et d’autres partis situationnistes n’est pas à exclure, dans la perspective de la présidentielle de 2020. »

« 2020, année de tous les dangers », renchérit Aujourd’hui, toujours à Ouaga. Avec pléthore de candidats potentiels… « En 2020, croit savoir le journal, le PDCI aura son candidat, telle est la volonté du Pater familias de Daoukro ; le RHDP ou ce qui en tient lieu aussi le sien, Hamed Bakayoko ou Amadou Gon Coulibaly ? Reste l’équation Guillaume Soro : mais en est-ce vraiment une, car au regard de son soutien, pas du tout anodin, à des candidats indépendants, l’actuel président de l’Assemblée nationale, affiche de plus en plus ses positions, et ce ne serait pas une surprise s’il officialisait sa candidature pour la présidentielle de 2020. Le FPI quant à lui, à moins d’une libération de Gbagbo, pourrait rejoindre le PDCI, les vieilles amours ont la vie dure. C’est dire, conclut Aujourd’hui, que ce sont des alliés, voire des amis d’hier, qui pourraient s’affronter en 2020, avec le désir d’en découdre pour solder certains comptes. »

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