REVUE DE PRESSE AFRIQUE A la Une: le pouvoir algérien toujours sous pression

« Les étudiants ne décolèrent pas », s’exclame El Watan. « Les étudiants ont investi hier mardi la rue pour protester, une nouvelle fois, contre le maintien de la candidature de Bouteflika (à un 5e mandat) et pour réclamer le départ du système politique en place, constate le quotidien algérien. Des manifestations ont eu lieu à Alger, Bejaia, Oran, Constantine, ou encore Annaba… »

Dans la capitale, les étudiants ont battu le pavé presque sept heures durant, relève le site d’information TSA.

TSA qui rapporte que « l’ENTV, la télévision nationale algérienne, a ignoré les manifestations d’hier dans son journal du soir, ce qui n’est pas le cas de la radio nationale qui a traité le sujet ».

Les quotidiens ne sont pas en reste, à l’instar de Liberté, qui a suivi la manifestation en immersion totale : « Alger. Mardi. Place Maurice Audin. Le contraste est saisissant, relate le journal. Des fourgons blindés et des camions chasse-neige vétustes bloquent l’accès au boulevard Mohamed V. En face, des centaines de jeunes étudiants et lycéens font flotter l’emblème national. Ils scandent des slogans pour « une Algérie nouvelle ». Les policiers, presque figés, assistent en spectateurs. L’ébahissement se lit sur leurs visages. Ils regardent sans trop comprendre. « D’où sortent-ils ceux-là ? J’ai l’impression de vivre une époque qui n’est pas la mienne », lance un officier à son collègue. (…) Ce ne sont plus par centaines, mais par milliers, maintenant, qu’ils scandent haut et fort, « système dégage », poursuit Liberté. Sur les balcons des immeubles de la place, de vieilles dames les encouragent par de stridents youyous à donner la chair de poule. »

Coups de fils et mails à l’hôpital de Genève…

Et puis la protestation contre la candidature à un cinquième mandat du président Abdelaziz Bouteflika peut prendre une forme inattendue…

En effet, rapporte Jeune Afrique, « des Algériens ont ainsi décidé d’accompagner les manifestations par une campagne d’appels téléphoniques et d’envoi de courriels – souvent humoristiques – à l’établissement hospitalier de Genève où leur président séjourne depuis le dimanche 24 février. »

Exemple de messages : un internaute algérien qui vit à Paris « appelle à un départ collectif en covoiturage de Paris à Genève, dimanche, pour organiser un rassemblement devant le centre hospitalier ». Ou encore cet autre qui suggère « d’euthanasier le président – une pratique légale en Suisse, qu’il compte appuyer « par une dérogation signée par 40 millions de personnes », plaisante-t-il. »

Que va faire l’armée ?

Le patron de l’armée algérienne et vice-ministre de la Défense, le général Ahmed Gaïd Salah, lui, ne plaisante pas…

Le plus haut gradé de l’Armée nationale populaire a en effet déclaré, hier, rapporte notamment le site Observalgerie, que le « peuple authentique qui a vécu des années difficiles ne renoncerait pas à sa sécurité » et que « l’armée veillerait à la préservation de la paix et de la sécurité ».

Commentaire de L’Observateur Paalga au Burkina Faso : « La menace, on le voit, n’est même pas voilée, et c’est à se demander qui, dans cette histoire, met en péril la sécurité et la stabilité du pays en s’engageant dans des sentiers peu sûrs. Ceux qui font un tir de barrage contre le cinquième mandat de l’actuel locataire du palais d’el-Mouradia et qui réclament une cure de jouvence de tout le système politico-économique ? Ou alors les marionnettistes qui tirent les ficelles en coulisses et qui ont quasiment pris en otage un vieil homme de 82 ans très diminué depuis son accident vasculaire cérébral en 2013 ? »

Sur les pas d’al-Sissi ?

D’ailleurs, pointe Aujourd’hui, toujours à Ouaga, « c’est un secret de polichinelle que le général-major Gaïd Salah, se verrait bien chausser les pataugas du maréchal égyptien Al-Sissi. Du reste, on se demande jusqu’où le soutien de l’armée algérienne ira-t-il ? Et pendant combien de temps ? L’armée osera-t-elle tirer sur des manifestants pacifiques ? (…) Plutôt que d’essayer d’épouvanter des Algériens qui n’ont vraiment plus rien à perdre, conclut Aujourd’hui, les efforts et les énergies pourraient être concentrés pour faire entendre raison à un président sortant, candidat à sa propre succession, qu’il y a une heure pour tout et que tout a une fin. On ne peut faire son temps et celui de ses fils et petits-fils. A 82 ans, malade, Abdelaziz Bouteflika a droit à aller se faire soigner loin des problèmes de la République. »

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