REVUE DE PRESSE FRANÇAISE À “la Une”, le suspense hitchcockien du Brexit

Initialement prévue aujourd’hui, la sortie du Royaume Uni de l’Union européenne est, une fois encore, soumise au vote – introuvable – des parlementaires britanniques. C’est en effet cet après-midi à Londres que se déroulera le troisième vote à la Chambre des communes, vote sur une partie de l’accord de Theresa May. Et les cartes du Brexit sont plus embrouillées que jamais.

Comme le rappelle « en Une » le journal La Croix, le 29 mars 2019 – c’est aujourd’hui – « cette date est connue depuis deux ans comme étant celle de la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne ».

Mais ça, rappelons-le, c’était avant. Avant le dernier accord trouvé lors du dernier Sommet européen pour repousser ladite date au moins jusqu’au 12 avril.

En tout cas, ce matin, « rien n’est fixé, s’alarme La Croix. L’accord sur les conditions du Brexit, conclu en novembre 2018 par l’Union européenne et la première ministre Theresa May, n’a toujours pas été adopté par les députés britanniques. À quelques heures de l’échéance, l’inconnue est totale », constate ce quotidien catholique.

« Le suspense (est) à son comble », rehausse Les Echos.

Le Brexit ? Même pas peur !

Et pendant ce temps, la moitié des Français sont, eux, pour un « no deal ». Selon un sondage OpinionWay pour Les Echos et Radio Classique, 46 % des Français se disent « favorables à un Brexit rapide et sans accord entre l’UE et le Royaume-Uni », rapporte le quotidien économique. Et, selon cette enquête, trois Français sur quatre se montrent sereins face à une telle perspective, puisque 73 % des personnes interrogées estiment que le Brexit « n’aura pas effet. Seuls 15 % jugent que l’effet sera négatif pour eux. Environ 7 % estiment même que les conséquences seront positives », énonce encore Les Echos ! A se demander si, subrepticement, le flegme britannique n’a pas traversé La Manche !

Rien d’étonnant, dès lors, à constater ce matin que la presse française se garde bien de hisser le Brexit « en Une ». Seule ce qu’on appelle dans le jargon de la presse « l’oreille gauche » du journal Le Figaro (c’est-à-dire la colonne de gauche de »la Une » d’un journal) se borne à vaguement mentionner un « nouveau vote à haut risque » pour la Première ministre britannique. Et encore, dans une seule de ses éditions !

Alors, une fois n’est pas coutume dans cette revue, jetons donc un rapide coup d’œil sur les titres de la presse londonienne.

Ainsi, sur une photo de la tour de l’horloge qui domine le parlement britannique et au sommet de laquelle Big Ben, sa cloche, inexorablement égrène les heures du compte à rebours du Brexit, le journal Daily Mail enjoint-il les parlementaires britanniques à mettre leur pays en première ligne. « Soutenez la démocratie (…) Vous avez une dernière chance », leur lance-t-il.

S’inspirant lui aussi de cette métaphore des heures qui sonnent au clocher de l’abbaye de Westminster, Le Daily Express redoute rien moins que « l’heure la plus sombre pour la démocratie » !

Plus sobrement, The Daily Telegraph prédit un nouveau jour de « calcul » politicien en perspective à la Chambre des Communes, tandis The Times, « en Une », met l’accent sur « l’impasse britannique ».

De son côté, le très populaire tabloïd The Sun lance un appel à Arlene Foster, l’ancienne Premier ministre d’Irlande du Nord pour qu’elle aide à débloquer la situation aux Communes, en l’interpellant de cette très triviale exhorte : « Come on Arlene » !

On le voit, et comme le souligne en France Le Journal de La Haute Marne, « le flegme légendaire de nos amis britanniques a volé en éclats (et) la farce qui se joue actuellement à la Chambre des Communes ne fait plus rire. La question n’est plus de savoir comment le Royaume-Uni divorcera de l’Union européenne. Les députés britanniques et la Première ministre, Theresa May, ne savent plus eux-mêmes comment se sortir de ce bourbier ». Suspense hitchcockien à Londres cet après-midi.

Battisti, confession d’un tueur

En Italie, les confessions de Cesare Battisti. Celui qui fut, dans les années 70, militant des PAC, les Prolétaires armés pour le communisme, a reconnu les crimes qui lui étaient reprochés, et notamment sa responsabilité dans quatre assassinats :

Mediapart a consulté les procès-verbaux d’audition de Cesare Battisti. Devant les enquêteurs, cet ancien activiste de l’ultragauche durant les « années de plomb »e en Italie, a en effet reconnu que les faits qui le concernent, « reconstitués dans les sentences, et les noms des responsables correspondent à la vérité », a-t-il dit. « Pour ce qui concerne les quatre homicides qui m’ont été reprochés, j’admets mes responsabilités », a encore déclaré Battisti. Evoquant ainsi le premier homicide, celui du maréchal Santoro, chef de la garde pénitentiaire d’Udine, Cesare Battisti a également déclaré : « J’ai participé à l’action en tirant moi seul les coups de feu qui ont causé la mort de Santoro », rapporte Mediapart.

Le martyr du sacré

Profanations en cascade dans les églises catholiques de France, avec près de trois actes commis par jour. Et Le Figaro s’en alarme. « Cette situation qui s’installe a quelque chose de préoccupant. Fracturer un tabernacle pour en dérober ou en répandre le contenu, ce comportement va au-delà d’un délit sanctionné par un article du Code. Pour les catholiques, c’est le cœur de leur foi, le Christ réellement présent, qui est attaqué. Pour tous les hommes de bonne volonté, ces faits sont scandaleux, ils témoignent d’un processus inquiétant de perte du sacré. Notre société devrait s’interroger sur ce qu’elle transmet à ses enfants », énonce encore Le Figaro.

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