Zenit : Sardar Azmoun, le « Messi Iranien » dont l’Olympique Lyonnais doit se méfier

Adversaire de l’Olympique Lyonnais en Ligue des Champions, le Zenit ne pourra pas compter sur Malcom qui est blessé. Pour autant, le club russe est sûr de ses forces et peut s’appuyer sur un buteur de talent, Sardar Azmoun.
Ce mardi, l’Olympique Lyonnais affronte le Zenit pour débuter la phase de poules de la Ligue des Champions 2019-2020 (match à suivre à 18h55 sur notre live commenté). Une rencontre particulière pour les Gones qui s’étaient inclinés à deux reprises face aux Russes (3-1 puis 2-0) à ce stade de la compétition quatre ans plus tôt. Plutôt confiante au moment de se jeter dans les joutes européennes, l’équipe de Sylvinho devra toutefois se méfier de l’équipe bleu et blanc. Champion en titre, le Zenit s’est reconstruit depuis deux ans et dispose d’un effectif en progression constante. Un homme symbolise mieux que quiconque cette évolution : Sardar Azmoun.

Attaquant iranien de 24 ans, le natif de Gonbad ne manque pas d’expérience malgré son jeune âge. Parti à 18 ans pour la Russie et le Rubin Kazan, il ne met pas longtemps à impressionner. Lors de la saison 2013/2014, il fait alors ses premiers pas avec le club du Tatarstan et régale déjà. Avec 4 buts en 14 matches de championnat et des apparitions en Ligue Europa, il s’impose tout doucement comme la belle surprise du club russe. De belles promesses qu’il aura du mal à confirmer la saison suivante malgré un statut de titulaire. Il est alors prêté au FK Rostov où il fera une rencontre qui changera sa carrière.

L’apprentissage à Rostov
Nommé coach du club en décembre 2014, Kurban Berdyev décide alors de mettre en place un projet ambitieux. Avec quelques retouches et l’arrivée de Sardar Azmoun, il parvient à décrocher le maintien in extremis. Barragiste grâce à une différence favorable, le club efface le FK Tosno sans broncher (1-0 et 4-1) et conserve sa place dans l’élite. Pour l’exercice 2015-2016, plusieurs joueurs expérimentés débarquent et Rostov impressionne avec un 3-5-2 très huilé. Véritable forteresse défensive, le club peut compter sur ses talents offensifs pour s’illustrer et Sardar Azmoun ne se fait pas prier. L’attaquant régale avec ses qualités techniques ainsi que sa finition. Il inscrit la bagatelle de 9 buts en 24 rencontres et se voit affubler du surnom de « Messi Iranien » malgré son mètre 86. Son club termine deuxième à deux points du champion, le CSKA Moscou.

Pour Artur Petrosyan journaliste sportif russe et scout, le système était taillé pour lui : « c’était une configuration parfaite. Un excellent tacticien en tant qu’entraîneur, des joueurs parfaitement adaptés à sa vision du jeu et des patrons en défense. Azmoun était la star de l’équipe et tout a fonctionné de la meilleure façon possible pour lui. » Parfaitement lancée, sa carrière ne cesse de prendre forme à Rostov où il est définitivement transféré. Pour la saison 2016-2017, il dispute la Ligue des Champions où il explose aux yeux de l’Europe. Après avoir passé les différents tours de barrages en s’offrant le scalp d’Anderlecht et de l’Ajax Amsterdam, il se retrouve dans une poule avec le PSV Eindhoven, l’Atlético de Madrid et le Bayern Munich. Buteur contre les Espagnols, mais aussi face aux Allemands lors d’une victoire 3-2, il fascine.

Le choix de continuer avec Kurban Berdyev
De nombreuses formations viennent aux nouvelles. On y retrouve Arsenal, Liverpool, Dortmund, Everton et même l’Olympique de Marseille. La Lazio a même tenté sa chance lors du mercato estival 2017, mais il avait finalement décidé de rester en Russie et de rejoindre son mentor Kurban Berdyev au Rubin Kazan. Une décision surprenante à l’époque puisqu’il semblait prêt à faire le grand saut pour rejoindre un des cinq plus grands championnats européens. Journaliste pour Russian Football News, David Sansun nous a dit que l’entraîneur turkmène a eu beaucoup de poids dans cette décision : « c’est difficile à dire. Il a beaucoup mûri grâce à cette saison européenne, mais encore une fois, il s’est beaucoup inspiré des conseils de Berdyev, qui l’a informé qu’il était trop tôt pour partir. Azmoun a rejeté les offres des grandes équipes qui ne pouvaient lui garantir un temps de jeu régulier. Je pense que son cheminement de carrière actuel a été la bonne décision. »

Pour Dmitrii Zimin journaliste de Sport-Express, le moment était sûrement idéale pour partir à la découverte d’un championnat mais Sardar Azmoun a préféré le choix du cœur : « la saison 2016/17 était la plus stable pour Azmoun. Il a bien joué non seulement en Premier League, mais également en Coupe d’Europe. Je pense que c’était le meilleur moment pour passer dans un club européen (de l’ouest, ndlr). Mais Kuban Berdyev était contre ce départ. Pour Azmoun, l’avis de Berdyev est très important. Il est comme son deuxième père. Le manager lui-même voulait que Azmoun l’aide au Rubin Kazan. » Artur Petrosyan explique que Sardar Azmoun est un joueur qui a besoin d’être mis dans de bonnes conditions avant tout : « oui, il a toujours été surveillé par les clubs européens, y compris les plus grands. Je ne suis pas sûr qu’il était prêt à partir à ce moment-là, il ne l’est pas encore, même maintenant. Il a sûrement la capacité de briller dans un club décent – disons le milieu de tableau de la Premier League anglaise – mais c’est la mentalité qui compte aussi. »

L’échec au Rubin Kazan
« Il a besoin d’un environnement amical et d’un entraîneur attentionné. C’est ce qu’il a eu à Rubin et à Rostov avec Kurban Berdyev qui est comme un deuxième père pour lui. Je ne suis pas sûr qu’il puisse tirer le maximum de ses qualités sans tous ces « petits » facteurs » a-t-il poursuivi. Toutefois à Kazan, rien ne se passe comme prévu. À l’image d’un collectif défaillant, l’Iranien n’y arrive pas et passe 18 matches sans marquer lors de sa première saison. « Au Rubin avec Berdyev, le système était semblable à celui de Rostov, mais les joueurs n’étaient pas au rendez-vous et donc Azmoun et l’équipe en général ont eu des difficultés. »

« Ce n’est que lorsque quelques joueurs de qualité comme Ivelin Popov et Christian Noboa ont rejoint l’équipe qu’il a retrouvé son plein potentiel pour Rubin » nous explique David Sansun. Pour Dmitrii Zimin aussi, le contexte compliqué du Rubin Kazan a provoqué cet échec : « Berdyev et Azmoun ont déménagé au Rubin avec un projet très ambitieux. Mais nous avons vite appris que le club avait de gros problèmes d’argent. Le Rubin avait des dettes envers les joueurs. Cela a eu un effet négatif sur l’atmosphère. Cependant, Azmoun était l’un des meilleurs joueurs de l’équipe. Oui, il a peu marqué mais c’était un leader. » Il restera un an et demi avec le club du Tatarstan avant de profiter de l’opportunité offerte par le Zenit.

Le choix payant du Zenit
L’hiver dernier, Leandro Paredes a rejoint le Paris Saint-Germain en provenance du Zenit. Un départ que le club russe a immédiatement comblé. Wilmar Barrios (Boca Juniors) l’a remplacé dans le positionnement tandis que Yaroslav Rakitskyi (Shakhtar Donetsk) et Sardar Azmoun (Rubin Kazan) sont également venir garnir les rangs de l’équipe de Sergey Semak. Le mariage est immédiat puisque ces trois éléments vont devenir incontournables. Aligné aux côtés d’Artem Dzyuba en attaque, Sardar Azmoun cartonne et montre une très belle complémentarité avec son coéquipier. D’une efficacité redoutable et doté d’une belle vision de jeu, l’attaquant iranien empile les buts et apporte du dynamisme à une attaque qui en manquait cruellement.

Un mariage parfait pour Dmitrii Zimin qui met toutefois en avant la rapidité de son adaptation : « le Zenit avait besoin d’un avant-centre, qui n’avait pas besoin de temps pour s’adapter. Azmoun était une option idéale dans cette situation. Le prix ​​de son transfert est de 10 millions d’euros, le Rubin avait besoin d’argent. Mais personne ne savait à quelle vitesse Azmoun pouvait devenir un attaquant majeur. Serdar a fait un excellent travail au camp d’entraînement en hiver et Sergey Semak a cru en lui. Je pense que la philosophie de Semak est proche de la philosophie de Berdyev. C’était peut-être un point important. »

Une réussite précoce qui était évidente pour David Sansun : « Azmoun et Dzyuba travaillent très bien ensemble. Azmoun effectue de longues courses et dispose d’un bon positionnement dans la surface. C’est un excellent complément aux côtés de Dzyuba, qui dispose lui d’une grande capacité physique et d’une capacité à tenir le jeu. Dans une équipe plus dominante comme le Zenit, il était évident qu’un attaquant de cette qualité marquerait plus de buts. » Même son de cloche pour Artur Petrosyan : « le Zenit était le choix évident pour lui. Il a grandi dans la ligue russe et le Zenit semble être le meilleur choix pour lui afin d’aller loin en Ligue des champions. »

Un début de saison en demi-teinte
Auréolé d’un titre de champion de Russie, Sardar Azmoun a débuté la saison 2019-2020 avec un peu plus de timidité. David Sansun n’est pas vraiment inquiet pour autant : « le duo s’arrange si bien que les buts sont partagés équitablement. L’année dernière, c’était plus pour Sardar, cette saison, Dzyuba a marqué plus, mais Azmoun a délivré quelques passes décisives. Je ne suis donc pas inquiet par son manque d’efficacité. » Artur Petrosyan en revanche est plus nuancé : « il vient de rater un penalty lors du dernier match contre Arsenal Tula, ce qui prouve une nouvelle fois qu’il n’est pas à son meilleur niveau physiquement et mentalement cette saison. Le Zenit n’a pas été formidable non plus avec peu de créativité au milieu du terrain et peu d’approvisionnements pour les attaquants. »

Dmitrii Zimin est également inquiet pour le buteur du Zenit : « oui, c’est un gros problème pour le Zenit. Sergey Semak l’admet. Je pense que c’est un problème psychologique pour Azmoun. Il ne se sent pas en confiance, il a arrêté de marquer. Semak est confus. Il ne sait pas comment résoudre ce problème, mais il continue à utiliser le joueur ». Même s’il n’a fait trembler les filets qu’à 4 reprises en 10 matches cette saison, l’attaquant iranien a les qualités et le profil pour poser des problèmes à la charnière lyonnaise. Jason Denayer et Joachim Andersen sont prévenus.

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